29 septembre 2007

Inventaire

Des artères, des tissus, des tendons. La main fait un froissement de soie quand elle court sur la peau Des muscles, des os, des veinules. Les bras s'entremêlent, s'aggrippent, ne se lâchent que pour se reprendre encore Des fluides, des creux, des empreintes. La bouche happe, mord, goûte, marque, dévore, assouvit Des flux, des reflux, des cellules. Les mains ancrées jointures soudées dans les plis des draps chaotisés Du sang, des battements, des organes. La chair en ivresse de chair, le désir de fusion, au... [Lire la suite]
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25 septembre 2007

Le silence et l'or

Je suis partiellement en érection. Raide mais pas tout à fait dur. Je vois la grosse veine qui serpente sous la peau fine. Le gland. L'ombre des bourses. Elle est dans mon dos, plaquée contre moi, je sens son souffle entre mes omoplates. Sa main s'avance. Je la guide, elle se referme sur mon sexe. Il se passe quelques instants avant que quelques gouttes perlent, puis un filet. Je me penche en avant, elle se courbe avec moi. Je pisse à présent d'un jet continu. Ses doigts sont refermés autour de ma chair tandis... [Lire la suite]
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19 septembre 2007

Menteur(s)

Je ne sais pas à quel moment j'ai compris la valeur du désir avant le désir. Peut-être le jour où j'ai entendu cette phrase qui dit que le silence qui suit du Mozart est encore du Mozart. C'est peut-être à ce moment-là que j'ai compris, a contrario, que l'avant le désir était aussi, et ô combien, du désir. Cette idée m'effleure alors que la conversation entre nous est légère, presque désinvolte. Un plumetis de mots. Oh, peut-être quelque chose dans l'air, une jambe en contact avec une autre, non rien, vraiment, trois fois... [Lire la suite]
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13 septembre 2007

Teigne

Elle a vraiment de très beau cils. De longs cils noirs et fournis qui habillent d'ombre ses yeux sombres. Je suis en train de me dire ça tandis qu'une larme glisse au bord de ses yeux et coule, dans la rumeur de ce restaurant bruyant et bigarré. Je prends son visage dans ma main et je lèche sa joue, doucement. Je sens le sel sur ma langue, le mouillé sur ma peau. Je loupe un battement de coeur. Mais je ne lâche rien. Je vais poser des questions, encore et encore. Je vais insister. Revenir. Je vais dire non. ... [Lire la suite]
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05 septembre 2007

Flers-en-Escre

Mon plus ancien souvenir d'un voyage de nuit en voiture évoque les lueurs rouges et vertes d'un tableau de bord, le ronronnement du moteur et, dans la radio Grandes Ondes, la mélopée déjantée de "Days of Pearly Spencer" de David Mc Williams. Mon plus récent souvenir de voyage de nuit en voiture date d'hier. L'autoroute était plus éclairée que dans mon enfance et les chauffeurs routiers avaient une vue imprenable sur les cuisses ouvertes de la jeune femme assise sur le siège passager. Ma main gauche guidait le volant,... [Lire la suite]
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26 juillet 2007

Silk Cut

Le manque d'elle m'arrive généralement comme une claque dans la gueule. C'est d'autant plus surprenant que j'ai toujours soigneusement cultivé la protection contre le manque. Enfant unique, la solitude m'a toujours été un état naturel. Homme vivant dans la séduction, sortir de la solitude m'a toujours été une facilité. De cette façon, j'ai toujours évité le manque. Soit en me suffisant à moi-même, soit allant trouver un autrui (de sexe variable) pour combler un besoin de présence, d'intelligence ou de... [Lire la suite]
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17 juillet 2007

Interiors

La journée avait avancé petit à petit. Le soleil, comme pour aggraver son retard, avait plombé l'atmosphère. Derrière les volets fermés, le temps s'était écoulé dans le bruit de la foule et les klaxons excédés. La pluie orageuse avait fait s'écraser des gouttes lourdes et vindicatives sur le bitume et la chaleur s'était finalement dissipée, comme hachée. J'avais entr'ouvert les volets pour laisser l'air frais pénétrer dans l'appartement. Sur la façade de l'immeuble d'en face, de l'autre coté de la rue bruyante, une... [Lire la suite]
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10 juillet 2007

Cagliostro

Ainsi il a fallu prendre la boue, les scories, les corps étrangers. Il a fallu prendre la triple humiliation, les incompréhensions, les doutes. Il a fallu prendre la matière informe, râpeuse, grumeleuse. Il a fallu la laisser se contracter jusqu'à ce qu'elle forme cette boule dure, dense, noire au centre du corps. Et la laisser fermenter. L'incuber au centre, la laisser peser et refroidir. Il a fallu mirer la matière, inlassablement, la faire tourner sur elle-même sans fin jusqu'à ce que ses contours se dessinent et se... [Lire la suite]
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09 juin 2007

Esprit d'escalier (comptine)

Il était un peu plus de deux heures du matin. La porte de l'entrée a claqué dans notre dos, la lumière de la minuterie nous a fait cligner des yeux. Nous avons entamé l'ascension de l'escalier grinçant. - La première volée de marche a été franchie d'un pas léger pour ne pas réveiller les habitants de l'immeuble. Au premier palier, j'ai glissé ma main sous sa robe. J'ai frôlé son mont de Vénus sous le coton du string, une seule caresse, à peine une invite. - Sur le deuxième palier elle s'est plaquée contre moi, son dos... [Lire la suite]
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02 juin 2007

La fine paroi des mots

Quand elle me demande si elle peut me bander les yeux, quand elle me deshabille avec soin, quand elle appose son corps nu contre chaque parcelle de mon dos, de mon ventre et de mes cuisses, quand elle s'appuie contre la fenêtre en laissant mes mains contourner l'emplacement de ses hanches, quand son sexe rougeoyant me guide en elle comme un phare, quand j'écarte les rives de sa chair comme si je n'avais rien désiré autant de toute ma vie, quand mon sexe se dilate en elle et vient se coller aux parois glissantes de mucus, quand nos... [Lire la suite]
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