Je ne sais pas à quel moment j'ai compris la valeur du désir avant le désir.

Peut-être le jour où j'ai entendu cette phrase qui dit que le silence qui suit du Mozart est encore du Mozart.

C'est peut-être à ce moment-là que j'ai compris, a contrario, que l'avant le désir était aussi, et ô combien, du désir.

Cette idée m'effleure alors que la conversation entre nous est légère, presque désinvolte. Un plumetis de mots.

Oh, peut-être quelque chose dans l'air, une jambe en contact avec une autre, non rien, vraiment, trois fois rien. Une idée presque abstraite de ce qui pourrait nous jeter l'un contre l'autre, peut-être, plus tard. L'idée d'une éventualité, quelque chose de fugace. Un arrière-plan.

Ne pas y penser. Trop.

En fait, y penser sans cesse, comme une trame à la chaîne de ses mots.

Et plus tard, se laisser prendre par sa peau.

Ma bouche sur sa peau.

Sur ses lèvres.

Sur son corps.

Ma main dans ses cheveux.

Et tout oublier, tout, l'avant, l'après, le possible et les impossibles.

Etre le présent incarné.

Plus.

Rien.

D'autre que.