Mon plus ancien souvenir d'un voyage de nuit en voiture évoque les lueurs rouges et vertes d'un tableau de bord, le ronronnement du moteur et, dans la radio Grandes Ondes, la mélopée déjantée de "Days of Pearly Spencer" de David Mc Williams.

Mon plus récent souvenir de voyage de nuit en voiture date d'hier. L'autoroute était plus éclairée que dans mon enfance et les chauffeurs routiers avaient une vue imprenable sur les cuisses ouvertes de la jeune femme assise sur le siège passager.

Ma main gauche guidait le volant, ma main droite était à l'orée de son ventre. Lorsqu'elle a ôté sa culotte d'un geste preste, mes doigts ont goûté à la souplesse de ses lèvres parfaitement lisses. Mon majeur a glissé doucement sur son clitoris rendu à la fluidité. Petit à petit (au moment de la troisième salve d'appels de phares d'un trente-huit tonnes), mes doigts sont entrés en elle. La chaleur intense de son con s'est diffusée lentement à mes doigts, à ma main, à mon corps, à la totalité de mes pensées.

J'ai réglé le régulateur de vitesse en-dessous de la vitesse autorisée. Petit à petit, elle a arc-bouté son corps, tendu ses reins, elle a calé son dos contre le siège baquet. Lentement, elle a gémi. Sourdement, elle s'est crispée sur mes doigts, les enserrant dans un étau de velours moite.

Son genou est venu appuyer sur la commande du GPS qui a affiché frénétiquement une série de noms de villes et c'est ainsi que j'ai découverts l'existence de Flers-en-Escre, dans le Nord-Pas-de-Calais.

Mon envie de plonger ma bouche au contact de son sexe humide et brûlant n'avait jamais été aussi forte.

Hélas les aires d'autoroutes ne sont plus comme lorsque j'avais cinq ans. Elles sont toutes bien éclairées, sécurisantes et sans la plus petite zone d'ombre. Il a donc fallu attendre et ronger mon frein. Attendre d'arriver chez elle, de soulever sa robe, de plaquer mon visage contre son ventre et de la faire basculer sur le dos.

Et de la déguster, par petites bouchées, par lentes dévorations voraces.