Elle a vraiment de très beau cils.

De longs cils noirs et fournis qui habillent d'ombre ses yeux sombres.

Je suis en train de me dire ça tandis qu'une larme glisse au bord de ses yeux et coule, dans la rumeur de ce restaurant bruyant et bigarré.

Je prends son visage dans ma main et je lèche sa joue, doucement.

Je sens le sel sur ma langue, le mouillé sur ma peau. Je loupe un battement de coeur.

Mais je ne lâche rien.

Je vais poser des questions, encore et encore.

Je vais insister. Revenir.

Je vais dire non.

Je vais dire ce n'est pas ça.

Je vais contredire, moi qui ne contredis pas.

Je vais me battre.

Je vais faire venir les larmes une autre fois.

Et une autre fois encore, au-dessus du rôti.

Je vais être un vrai chien.

Je vais y revenir, encore et encore.

Je vais mettre le doigt sur la faille, sur le raisonnement qui ne tient pas.

Je vais taper dessus jusqu'à ce qu'il cède.

Jusqu'à ce qu'elle cède.

Parce que c'est elle.

Parce qu'elle compte.

Et parce que je l'aime.