25 septembre 2007
Le silence et l'or
Je suis partiellement en érection. Raide mais pas tout à fait dur.
Je vois la grosse veine qui serpente sous la peau fine. Le gland. L'ombre des bourses.
Elle est dans mon dos, plaquée contre moi, je sens son souffle entre mes omoplates.
Sa main s'avance. Je la guide, elle se referme sur mon sexe.
Il se passe quelques instants avant que quelques gouttes perlent, puis un filet.
Je me penche en avant, elle se courbe avec moi.
Je pisse à présent d'un jet continu.
Ses doigts sont refermés autour de ma chair tandis que le liquide brillant force son chemin entre les corps caverneux gonflés de sang.
Je m'appuie en avant, bras tendu et main contre le mur. Elle me demande si je pisse toujours comme ça. Je lui réponds non, que c'est parce que je bande et qu'elle me maintient le sexe sur un angle trop ouvert.
Elle est toujours contre moi, dans le silence de cette pièce blanche où seul retentit le glouglou dans la cuvette.
Je me demande si elle ressent quelque chose, dans sa paume et dans ses doigts.
Je ressens ce geste, le plus intime qui soit.
Sa main sur ma queue pendant que je pisse.
Sa main comme la mienne.
La solitude physiologique de l'homme, partagée entre elle et moi.
Les mathématiciens ont bien raison...
Le jet d'un liquide est une parabole.
Commentaires
Définitif
Je me penche sur votre écriture... Je vous envie ? Non... Je salue votre travail.
Vraiment, par pure curiosité, c'est du vrai vécu? Parce que tous mes copains successifs m'ont toujours affirmé que c'était IMPOSSIBLE.
Nous étions anormalement penchés, nous courbant vers le mur et vers la cuvette, mon corps sur le sien épousant de près son dos, la main passive et maladroite autour de sa verge mi-molle en attente de ses instructions par sa main chômeuse soudain qui finit par se presser autour de la mienne – nous attendions, moi dans une passivité exceptionnelle, la tête reposant entre ses omoplates, souffle bruyant à force de se retenir, confiante et curieuse, amusée par cette position inhabituelle.
Il s'est passé quelques instants, de longues secondes, un ange aussi, avant qu'il ne me demande de desserrer un peu mon étreinte, m'expliquant dans une inspiration continue qu'il bandait trop pour pouvoir expulser un premier jet, il finit par m'informer qu'ensuite je pourrai serrer davantage. Quand je relevais les yeux vers le mur, je voyais sa main crispée autour de quelques feuilles de papier toilette, il la maintenait sur le mur pour contrecarrer la gravité de nos corps.
Puis vint le premier jet qui se poursuivit par à-coups irréguliers, poussifs, une première poussée dans ma paume, un gonflement à peine perceptible, et le bruit de la pisse qui tombait dans l'eau stable de la cuvette.
Je fermais les yeux quand me parvint au nez ce que j'attendais surtout dans cette pièce fermée et haute, l'odeur d'une intimité nouvelle, suave et humide, acidulée et envahissante, je la respirais avec la plus grande régularité, sans dégoût, et je ressentais une émotion grave et calme m'emplir les poumons et le sang, comme on referme un secret dans une boîte en silence, d'un air entendu, avec la fierté et l'excitation d'un être qui sait désormais ce que d'autres ne savent pas, la fierté et l'excitation d'un initié.
Quand il eût fini, je me tenais contre lui longuement, à l'écoute de son bras qui se frottait contre son flanc, à l'écoute de sa main qui nettoyait le gland à l'aide des quelques feuilles de papier qu'il avait préparées à l'avance, j'écoutais au hasard si je pouvais entendre ses sentiments s'exprimer dans le silence, sans que je ne vois ni l'expression de son visage, ni l'attitude de son corps que je maintenais courbé sous mon poids fusionnel.
Je savais que je devais pour ce cadeau offert offrir le mien, sans que jamais il n'ait eu à l'exiger, moi j'avais souvent réclamé ce moment de privilège, j'ai tardé, j'espérais qu'il me laisserait le temps, j'ai attendu la seconde de trop, et peut-être j'espérais qu'il exprime son désir également.
D'une voix à la tonalité grave et solennelle, il finit par se relever et me guider de ces quelques mots : « à vous maintenant ».
@ LOlabrOk : Vous savez, il aurait suffit que vous répondiez "si, c'est possible" à Melody... (sourire)
PS : un texte de vous chez moi, c'est le bonheur de constater à chaque syllabe à quelque point votre écriture me dépasse de cent coudées. Merci.
vos mots et mes mots rendent homme - unique deux êtres qui se complètent sans degré aucun d'écart (sourire)
@ l'Eronaute : Bonjour, et soyez le bienvenu par ici. Je découvre en retour votre "travail", puisque c'est le mot que vous employez, et j'aime ce classicisme libertin léger et amoureux des beaux mots autant que des beaux corps. Je repasserai chez vous.
Incontestable
@ Melody : J'allais te répondre que tout était dans l'idée d'érection partielle, j'allais t'assurer que pas un mot qui figure ici n'est inventé, j'allais même te dire qu'une femme pouvait en témoigner, et cette même femme vient ici de le faire... Est-il besoin d'en dire plus ?
Et je me rappelle... (sourires)
Bien compris le manège...
Comme tout Être totipotent je cède à la paranoïa, vois du complot partout. Notamment ici.
Vous inventez le "blog de con" : un bloggueur est amené à commenter (ou vient tout seul, c'est encore mieux) et hop ! on se fout allègrement de sa gueule entre gens raffinés. Je ne suis pas dupe. Qu'à cela ne tienne, si votre raffinement tient dans la condescendance de vos commentaires, Je me sens plutôt grandi.
Pisser en bandant, pourquoi pas. Et puis après ? Chier en serrant les fesses ?
@ Grok : N'était-ce pas toi qui disait dans ton premier commentaire ici que la stratégie qui consistait à se poser en victime après avoir été l'agresseur était grossière ?
Courte mémoire
J'ai dit "grossière" ? Je devais penser "à chier", certainement. Pas de pincettes pour le Grok.
Tes méninges sont efficaces, si ça peut te rassurer. J'ai effectivement dit cela ou quelque chose qui s'en approche. Je le pense encore et maintiens mes propos.
Seulement, depuis que je fus proclamé Être Suprême par tes soins, je me situe, par définition, au-dessus de toutes ces considérations. Et de ta parabole d'urine par le même biais.
très belle expérience rondement contée, chez vous comme chez Elle. J'aime beaucoup.
Excusez mon commentaire un peu plat mais je ne trouve pas les mots depuis que je vous ai (re)trouvé, je préfère savourer.
@ Sapheere : J'ignorais que vous m'aviez trouvé avant de me (re)trouver. Vous m'en voyez flatté, platement et rondement.
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