J'hésite un peu, puis je lui dis qu'il a un beau visage.

Il a les traits de Marlon Brando, avec ce nez très droit sur lequel il a d'ailleurs un grand sparadrap dont j'ai du mal à détourner les yeux.

La femme qui se trouve avec nous dans cette modeste chambre d'hôtel me dit quelque chose. Il est tôt le matin, je sors.

Je descends prudemment la petite volée d'escaliers en faisait attention de ne réveiller personne. J'allume puis éteint précipitamment la lumière en actionnant un viel interrupteur rond en métal chromé.

Dans la pièce d'en bas, un écran de télévision montre des gens qui jouent au frisbee sur une pelouse.

Ils rient, se bousculent et vont finalement se reposer à une table de café. Je m'installe avec eux.

Une femme blonde, qui était pourtant restée en retrait jusque-là, parle beaucoup et d'une façon saccadée. Elle finit par se lever dans une grande agitation et va s'assoir à une autre table en emmenant son jeune fils avec elle.

Ses amis tentent de la calmer, de comprendre la raison de son émoi. Elle nous dit que Mademoiselle Piccolofio a été trouvée plusieurs fois en train de se masturber sur son lieu de travail. Que des collants maculés ont été trouvés. Que ce n'est plus possible.

Fiona se lève de la table. Elle est très calme.

Elle sort dans la rue, d'un pas résolu et presque indifférent.

Elle marche dans la rue, la tête légèrement baissée, ses cheveux noirs battant sur ses joues. La lumière est belle, c'est une lumière du milieu de la matinée. Elle marche de cette allure régulière, avec cette façon de ne pas tout à fait être avec les gens. Sa silhouette dans le soleil hachuré.

Elle entre dans un petit immeuble qui porte une plaque de pompes funèbres. Les lieux sont dans une semi-pénombre, un peu en désordre.

Elle explique au croque-mort qu'il va falloir s'occuper d'un homme. Elle donne des détails d'une voix posée, elle énumère sans se répéter. Cette partie est écrite dans un style magnifique, il s'en dégage une grande beauté. La langue est précise, le personnage féminin est touchant, digne, fort. L'émotion me prend.

Les autres lignes du livre sont serrées, brouillées, je n'arrive pas à les lire. J'insiste, le texte se dérobe. Il est en caractère Times NewRoman.

Je n'arrive pas à lire la fin de l'histoire. Le texte suivant est de Ruth Rendell sur le plaisir de lire expliqué aux enfants.

Il y a des pieuvres au longues tentacules dessinées sur la page.