Avant l'Ange, je n'avais jamais fait l'amour à une femme mariée.

Je suppose que mon goût pour les jeunes femmes était pour quelque chose dans cette fâcheuse anomalie, mais peut-être aussi avais-je le souci de ne pas jouer les briseurs de ménage, ou bien ne voulais-je pas ajouter une autre situation extra-conjugale à la mienne, déjà passablement compliquée.

Ou peut-être était-ce juste la peur de me faire casser la gueule.

L'Ange me ressemblait par de nombreux points. Comme moi, elle ne portait pas sur son visage ce qu'elle était. Comme moi, on lui aurait donné le Bon Dieu sans confession. Comme moi auparavant, elle était une digue prête à rompre, une muraille de fidélité dont la fissure s'élargissait progressivement...

Elle avait fini par céder à sa propre pression interne et le flot qui bouillonnait en elle enflait sans cesse, maelström de désirs longtemps réprimés. Elle était une infidèle en éclosion et j'étais l'un de ses premiers amants.

Lorsque je l'avais rencontrée pour la première fois, il m'avait même fallu faire un effort pour passer au-delà de son image et imaginer les replis inavoués de son âme. Et pourtant...

La première fois que nous avions fait l'amour ensemble, la façon dont son corps avait réagi au mien, la façon dont elle avait englouti mon sexe dans sa bouche pour ne plus vouloir le relâcher, la façon dont elle avait ouvert pour moi chacun de ses orifices, tout cela m'avait laissé penser que notre prochaine rencontre ne devait, ne pouvait être ordinaire.

Quand je lui avais proposé d'aller dîner, j'avais donc assorti mon invitation d'une condition : qu'elle soit vêtue en jupe ou en robe, de préférence courte.

Elle m'avait assailli de questions, fébrile. Je l'avais rassurée, j'avais même fait mine de me rétracter pour que ce soit finalement elle qui insiste...

Elle avait longuement hésité sur le choix de sa tenue, m'envoyant des photos afin que je lui dise si tel ou tel choix était le bon. Elle préférait les versions les plus sages, je préférais les plus révélatrices. Evidemment.

A présent que j'étais avec elle devant cette porte discrète, ses craintes s'étaient envolées et je devinais des envies s'entrechoquer en elle. C'est collée à moi qu'elle franchit le seuil.

Nous étions les premiers et le patron nous accueillit avec affabilité. Il nous invita à découvrir les lieux. Au premier étage, le restaurant où nous allions dîner, tout en dorures Napoléon. Au deuxième, un bar avec une "pole" de strip-teaseuse et de la musique. Au troisième, un bar plus intime avec des lumières douces. Au quatrième, une chambre composée essentiellement de larges matelas. Au cinquième, une petite pièce sous les combles avec une douche...

Le cinquième étage nous vit nous embrasser à pleine bouche. Je la poussai contre le mur et m'emparai du haut de ses cuisses que dévoilaient joliment des bas sans jarretelle. Elle pris mon sexe à pleine main au travers de mon pantalon, puis le sortit de sa braguette. Elle leva une cuisse, je la pénétrai. Elle sauta à mon cou et s'enfila sur ma queue qui entra de tout son long en elle. Je la reposai, m'agenouillai entre ses cuisses, écartai son string en dentelle et lapai à coeur joie sa fente trempée. Puis je  m'interrompis et, avec malice, l'invitai à descendre les étages.

Arrivés au niveau du bar désert, il y avait un petit panneau marqué "no sex". J'eus à peine le temps de l'apercevoir qu'il y eut comme une déflagration silencieuse dans la pièce. Dans la mêlée de mains, de bouches et de peaux qui s'ensuivit, il ne fallut pas longtemps avant que mon sexe ne soit dans la bouche de mon Ange et tété avidement tandis que des ondes de plaisir me parcouraient en cercles concentriques. Par moments je regardai à la fenêtre voisine en pensant que des passants pouvaient nous voir, et je bandai encore plus... Puis elle releva sa robe sur ses hanches, écarta la dentelle qui barrait encore sa fente et s'empala sur ma queue à la verticale. Son corps était brûlant d'une chaleur qui se diffusa instantanément en moi. J'armai mes reins et coulissai de plus en plus vigoureusement à l'intérieur d'elle. Je vis ses lèvres s'entrouvrir, ses soupirs s'enfler, son corps s'arquer et vite, très vite, le cri de son plaisir jaillir d'elle en geyser.

Je pensai en souriant que nous n'en n'étions encore qu'à la visite des lieux...

Nous finîmes par descendre au restaurant. Nous étions les seuls convives et le patron sembla s'en excuser, nous expliquant que c'était plus vivant en fin de semaine. La jolie table était éclairée aux chandelles, et la cuisine... la cuisine passa au second plan.

Tout au long du repas, je fus plus occupé à dévorer la chair de l'Ange qu'à me préoccuper de la cuisson de ma viande. J'oubliai la saveur de la sauce tant son humidité intime coula délicieusement sur ma langue. Et au dessert, j'avais une furieuse envie d'être vache avec le vacherin, d'effeuiller le mille-feuille, de dépuceler la religieuse et de foncer dans le tunnel du Paris-Brest...

Les sucres rapides engloutis, je lui proposai sans tarder de m'accompagner afin de brûler quelques calories. Nous remontâmes au quatrième étage. Nous y étions toujours seuls, l'endroit était à nous.

Il ne fallut pas beaucoup de temps avant que nous nous retrouvions nus, moi intégralement et elle somptueusement revêtue de ses bas noirs. Nous profitions de la large surface des coussins qui occupaient la presque totalité de la pièce, jouant des possibilités offertes par les dénivelés, en liberté dans ce lieu public, autrement et pourtant comme chez nous.

Ce fut avec une pointe de déplaisir que je vis apparaître une silhouette d'homme dans l'embrasure de la porte. Nous étions tellement bien, alternativement l'un dans l'autre, l'une sur l'autre, l'un derrière l'autre, que finalement nous n'avions besoin de personne. Par dessus l'épaule de l'Ange, je le vis se masturber doucement à travers son pantalon. Je donnai des coups de reins plus forts pour que les cris de l'Ange viennent accélérer sa jouissance, et il finit par disparaître de l'embrasure de la porte.

Il revint, cette fois-ci accompagné d'une jeune femme. Ils se posèrent sur le bord des matelas, peut-être intimidés par les deux corps nus et transpirants qui avaient si égoïstement pris possession des lieux. Leur présence m'était peu agréable et je sentais mon sexe dégonfler périodiquement, puis reprendre de la vigueur sous la langue ou entre les chairs de l'Ange. L'Ange et moi nous consacrions exclusivement l'un à l'autre, singulièrement en rupture de ton avec cet endroit dédié aux amours plurielles.

La nouvelle venue était à présent allongée sur le dos pendant que son homme la léchait. Je voyais son visage tourné avec gourmandise vers nous tandis que j'enfonçais ma queue ragaillardie entre les fesses insatiables de l'Ange. Ils finirent par jouir et quitter les lieux, tandis que l'ange et moi étions loin d'être repus l'un de l'autre. Nous continuâmes à nous interpénétrer jusqu'à ce que mon corps déclare forfait, bien avant le sien...

Temporairement assagis, nous nous rhabillâmes et descendîmes vers la sortie. En passant devant le bar, j'aperçus le couple qui était en haut tout à l'heure et qui semblait attendre quelque chose... ou quelqu'un. Je croisai le regard insistant de la jeune femme, dont je vis seulement à ce moment-là qu'elle était jolie, et même très sexy, vêtue d'une mini-jupe écossaise et de bas opaques s'arrêtant à mi-genoux. Si je l'avais mieux regardée, j'aurais été moins contrarié de la présence de l'autre homme, et, peut-être que...

Mais l'Ange et moi n'avions envie que de nous, même dans la promiscuité des autres corps. Nous rentrions nous coucher, il était presque trois heures du matin.

Nous ne dormîmes pas beaucoup...