Il est rare que je m'adresse à toi aussi directement.

Aujourd'hui je vais le faire pour te parler de ce qui survient dans ma vie et des répercussions que cela va avoir sur les mots que je couche ici depuis des années.

Quelques-uns le savent, je vis depuis plus de trois ans avec ClaireObscure une histoire d'amour passionnée et passionnelle. L'homme dont il est question dans son blog est moi, tout comme elle est la femme dont il est question dans la quasi-totalité de mes textes depuis trois ans.

Au fil des années, notre couple (illégitime de mon coté) est passé par différentes phases, depuis l'évidence et la certitude jusqu'aux doutes et aux interrogations. Lors des deux premières années elle fut immensément patiente et confiante, puis de guerre lasse tenta de se construire une vie dans laquelle je garderais une place tout en lui permettant de ne plus m'attendre, une vie où s'épanouir en tant que femme. Ce fut à cette période que mon cerveau accepta mais que mon coeur se fendit, s'ouvrant dans la douleur à l'amour immense que j'avais pour elle et assumant enfin les décisions à prendre. Mais la façon dont cet amour s'exprima fut une lame dans sa chair et notre histoire connaît aujourd'hui, pour la première fois, la crainte et le chaos.

Nous naviguons à présent dans une terra incognita sans topographie ni boussole, avec Nous comme un phare et deux seules certitudes : je suis son Amour et elle est le mien.

Pourtant nos chemins se tracent au jour le jour sans savoir quand -ou même si- ils sauront se rejoindre. Les siens sont complexes, infiniment, et tout est à réinventer.

Alors aujourd'hui je me devais de faire un choix : je pouvais confier à ces pages mes états d'âme, mes souffrances et mes espérances avec le risque d'instrumentaliser cet espace public et de m'en servir pour passer des messages adressés à elle seule.

Je pouvais aussi décider d'éviter soigneusement ce sujet qui est pourtant au coeur de mes pensées, et ainsi trahir la vocation autobiographique de ce blog et l'appauvrir.

C'est pourquoi j'ai finalement choisi de mettre "Memorandhomme" en sommeil le temps que l'intimité fasse son oeuvre, d'elle à moi et de moi à elle.

Alors peut-être seulement, reviendra le temps de la parole publique.

D'ici là je te remercie de ta compréhension, je te remercie de m'avoir lu avec constance et, souvent, avec sensibilité et intelligence. J'espère que tu seras là le moment (re)venu.

Je te souhaite bonne route, je vais cheminer un temps dans le silence des mots et dans la vie.

MemHo.