16 février 2009
Big Bang
Ainsi me voilà dans la souffrance.
Dans cette souffrance aigüe qui me tord les tripes et me déchire le cœur.
Il serait long d’expliquer les derniers jours, très long.
Long d’expliquer comment ces longs mois de doutes muets, d’abandon, de respect mal compris et finalement mal vécu de part et d’autre ont fini, combinés à un usage malheureux de la chimie, par se concrétiser en une boule dure et glacée, étoile noire qui a tout attiré dans sa masse avant que d’exploser à l'intérieur de moi. Violemment.
Kamikaze portant sa propre ceinture d’explosif, je me suis déchiqueté le premier.
Le souffle a arraché la peau qui recouvrait mes yeux.
La lumière a brulé ma rétine décillée, a accentué encore la douleur.
Il a fallu accepter de voir, de regarder en face.
Il a fallu accepter de dire, et d’entendre.
Il a fallu voir le changement de l’autre.
Il a fallu accepter de se mettre à nu quand elle se tenait devant moi en armure.
J'ai gardé les yeux ouverts pendant que se répandait le souffle brûlant, et les garde désormais.
Je continue à détruire l’illusion que je me suis construite, consciencieusement.
Je me confronte méthodiquement à la souffrance, comme une brûlure d’acide à l’intérieur du corps.
Comme un deuil.
Comme la perte de l’innocence.
Comme une naissance, peut-être.
Commentaires
La souffrance ...
La mettre en mots pour peut-être la tenir à distance ... un peu
il faut toucher le fond de la piscine pour donner le coup de talon... et crever la surface comme une allégorie de la naissance...
Si vous saviez comme ils résonnent en moi ces mots...
Compatissements à ce que vous vivez, encouragements aussi...
De l'usage malheureux de la chimie, à l'illusion que je suis, vous me faites comprendre en quelques lignes ce qu'il vit mieux que lui.
Et toujours votre lucidité, fierté d'un individu fragmenté , en partage , plus loin que la douleur ...
des poussières de mois, pour une nouvelle cohérence , à naître.
j'ai toujours la permission de vous serrer dans mes bras , en fraternité humaine et fan inconditionnelle ;-)
??
Il a fallu ressentir l'insupportable, parce qu'inéluctable, manque à venir qu'on reconnaît mais qu'on ne se résout jamais à concevoir comme sien.
Il a fallu comprendre ce fameux "il va falloir"...
Il va falloir se remettre à genoux pour finalement, se retrouver debout. Et marcher peut-être.
Je vois, dans vos mots, un certain espoir... Le Big Bang n'est-il pas le commencement de tout? J'ose espérer que votre univers, à la suite de cette explosion, sera lui aussi en expansion...
Pensées,
Commet une naissance, peut-être...
Oui. J'aime à croire que le destin donne une deuxième chance...
B
avec toi.
Je vous envoie un baiser ou plusieurs, c'est selon votre humeur!
Bien à vous...
Une naissance, sûrement...
Il arrive un moment, je crois où le bonheur c'est juste quand ça arrête de faire mal. En tous cas, ça commence sûrement là.
(Plein de pensées sincères)
effet boomerang ?
ça donne envie, effectivement, de sortir du stade de lecteur silencieux ( fidèle, lui ;-)).
de si jolies mains ne peuvent rester sans la caresse qu'elles méritent trop longtemps, dont acte;
xxxxxxxc.
Si je puis me permettre une légère remarque: s'il s'agit effectivement d'une naissance, eh ben dites-moi, le travail est bien long...
Je vous embrasse
Vous lire fait mal. Empathie qui va bien au-delà de la simple compassion mais qui fait revivre dans la chair ce que soi-même on a déjà connu...
Un signe ? un dessin ? un clip ?
je m'insurge ! même si vous êtes en train de recréer votre puzzle , je voudrais bien une bribe de news s'il vous plaît
pour un premier accouchement, c'est vraiment très long... après on s'étonnera que tu n'aies pas tout de suite envie de mettre en route le deuxième...
(sourire)
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