Mes mots random...

Graphomanie, polygamie et tutti quanti...

29 avril 2008

Hard déco

Frédérique fut la femme de nombreuses premières fois.

Elle fut la première femme que je rencontrai dans une soirée et qui me glissa son numéro de téléphone dans la main en partant.

Elle fut la première femme aux cheveux très courts avec laquelle je couchai, et l'une des rares à avoir presque le même âge que moi...

Elle fut enfin celle qui avait les seins les plus sublimes que j'ai jamais tenu entre mes mains.

Elle était petite mais avait un corps parfait, sportif et parfaitement proportionné. Elle prenait un soin méticuleux de sa peau. Elle s'hydratait, se gommait et me donna un jour une érection rien qu'en m'expliquant comment sa mère lui avait appris à masser quotidiennement ses seins avec de l'huile pour éviter qu'ils ne tombent sous leur propre poids. Le conseil avait été judicieux, son impressionnante poitrine aurait pu être en silicone tellement elle défiait la gravité...

En compensation de cette plastique éblouissante, Frédérique avait deux défauts. Gros, eux aussi. Elle ne souriait que la bouche fermée pour dissimuler une dentition de fumeur et elle habitait un appartement meublé et décoré intégralement en Art déco.

Son immeuble était Art déco. La cage d'escalier était Art déco. Les murs vert de jade étaient Art déco, les radiateurs étaient Art déco, les fauteuils en cuir et bois mahogany  étaient Art déco. Il y avait des luminaires en cuivre Art déco, une table de salon Art déco, un énorme buffet Art déco. Son vestibule était Art déco, son salon était Art déco, sa chambre était Art déco. Seule la tenace odeur de lessive qui imprégnait son appartement était contemporaine... Ariel déco, en quelque sorte.

La première fois que je passai la nuit chez elle, je fus étrangement oppressé. Mais je la sautai.

La deuxième fois -et en dépit d'une somptueuse pipe-, j'eus le cafard à cause d'une applique aux formes particulièrement tourmentées.

La troisième fois, je lui pratiquai un interminable cunnilingus pour ne pas avoir à supporter la vision d'une grille de radiateur vert-de-grisée.

La quatrième fois, je lui annonçai que je rompais.

Frédérique fut la femme de nombreuses premières fois.

Elle fut aussi la première et unique femme que je quittai à cause de son appartement.

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25 avril 2008

From hell

Ca commence par un genre de bruit.


En fait, c’est plus une sensation qui ferait comme un bruit. Un crissement. Un peu comme un rideau métallique qui s’ouvrirait dans un entrepôt, à part que ça se passe derrière mes yeux. C’est le bruit de paupières sèches coulissant sur deux globes oculaires, les miens en l'occurrence. Du sable entre deux couches mobiles d’organique. A ce moment, je commence à avoir suffisamment de conscience pour percevoir une douleur dans l’épaule, dans le haut du biceps. Le bras est bizarrement placé, un peu comme tordu. Je bouge légèrement et une autre douleur apparaît dans le milieu du dos. Il faut bouger, il faut absolument bouger. Un effort, un basculement, et la pression s’évapore. Pour faire place à une série de petits craquements très rapprochés dans les cervicales. Mouvement réflexe de pousser la tête en arrière. Grande respiration, bras qui se tendent vers le mur, clac dans l’autre épaule, série de petits picots le long de l’échine qui se décrochent les uns après les autres. Le dos qui s’arque un peu, douleur grignotante mais presque agréable. Rotation lente du cou avec une odeur de poussière sèche dans le nez. Les oreilles qui palpitent douloureusement. Tympans voilés, petit bruit de feutrine quand j’avale. Silence. Elle veut me parler, chhhhhut… pas parler. Lentement, sentir que tout se remet en place. Cambrer un peu les reins pour bien répartir le poids du corps sur le dos. Respirer. Profondément. Laisser les souvenirs de la veille remonter à la surface comme un sucre s’imprègne d’eau de vie. Hier soir les discussions rigolardes autour du bar, le pogo sur Love Like Blood de Killing Joke, la tour Eiffel la nuit et puis se souvenir qu’hier soir j'avais bu un verre de vin et une bière.


Se dire qu’une gueule de bois pour ça et quelques heures de sommeil en moins, c’est un peu cher payé.


Conclure en refermant les yeux que ça fait vraiment chier que le corps vieillisse plus vite que l’esprit...


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18 avril 2008

A boue, deux souffles

Le bureau vibre, je sursaute.

Regard sur l’écran du téléphone mobile, cet Hermès des temps modernes.

« Suis dans mon bain. Tu viens me frotter le dos ? ».

Je ne sais pas comment, mais en vingt minutes je suis en bas de chez elle.

Le code de la porte arrive sur l'écran, et ces mots : « je me fais un masque ».

Grimace.

Il m’est arrivé de lui dire comment s’habiller du talon à la racine des cheveux, poupée Barbie de mes désirs de profanation, prélude à ce choc qui allait nous laisser rompus, le corps imprégné du sexe de l’autre dans chaque repli de nos peaux, sous chaque ongle, sur chaque pulpe de chaque doigt. Mais là, elle me laisse perplexe. J’hésite même à monter.

Je suis devant le pas de sa porte. Elle est entrouverte.

Je pousse.

Mes pieds sur le tapis épais.

Sa voix me guide.

« Par ici »

J’avance. Un rectangle de clarté blanche dans la pénombre dorée de l’appartement.

« Entre !! »

Je.

Elle est dans sa baignoire, dont les pattes de félin reposent bien à plat sur le carrelage.

Ses cheveux sont plaqués en arrière.

Ses mains et ses bras sont gantés d’une boue grise-verte.

Ses jambes elles aussi en sont enduites, des pieds jusqu’à la mi-cuisse.

Au-dessus, elle a n’a qu’un petit rectangle court vêtu.

Je vois le rose tendre de ses petits seins poudrés.

Gilda de chair et de glaise, elle me regarde avec un sourire.

Je m’assois sur le bord de faïence froide.

La porcelaine de sa peau tranche sur la matière minérale dont elle est couverte.

Elle est plus nue que je ne l’ai jamais vue.

Je lui demande de se lever.

Elle soulève un sourcil, elle s’exécute.

Je lui demande de se tourner.

Du doigt je trace une ligne qui part de la cheville, remonte tout droit au milieu du mollet, du creux du genoux et enfin de la cuisse.

Je fais de même sur l’autre jambe.

Je dessine deux bas couture dans l'argile.

Je me recule.

Je regarde, encore. 

J’approche mon visage du creux de ses reins…

Je mords.

Nous nous roulons dans la boue, nous enroulons debout.

Je la baise comme on saute dans les flaques.

Un plaisir d'enfant.

Sans remord ni honte.

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15 avril 2008

Faster asshole, kill kill

On l’appelle la « Voie Royale ».

 

Vous pourriez penser que c'est une autre appellation familière pour désigner la sodomie, au même titre "qu'embourber le 4x4". Mais il n'en n'est rien.


C'est le surnom donné au chemin de ceux qui savent traverser dans les clous avec brio, ceux qui courent plus vite que les autres pour parvenir au sommet du pouvoir politique et économique.

 

J’ai suivi cette voie.

 

Nous étions censés être les meilleurs, une élite de l’enseignement français. Mais même si nos performances de bêtes à concours nous avaient fait franchir tous les obstacles pour être finalement admis dans un de ces prestigieuses Grandes Ecoles, de profondes différences subsistaient entre les uns et les autres.

 

Je me souviens en particulier de ces fils et filles de bonnes familles : assurés de rentrer un jour dans le Comité de direction de la société de papa, ils attendaient leur heure en se défonçant la gueule, en pissant dans les fontaines et en faisant des concours de pet. La grande classe. L’arrogance du pouvoir avant le pouvoir.

 

Et puis il y avait ceux qui allaient en cours en costard, portaient des polos Lacoste le week-end et se prenaient déjà pour des cadres sup’. Des « battants » comme on disait. Souvent issus de la middle-class, ils étaient les Chinois des années 90, adhérant corps et âme au capitalisme international, soldats zélés d'une armée de futurs délocalisateurs avant d'être eux-même délocalisés...

 

Je me souviens avoir été un jour assis avec un de ces aspirants Bernard Tapie devant une salle de classe, en train d’attendre un prof qui n’arrivait pas. Je bouquinais en lui tournant le dos.


Soudain je l’entendis littéralement exploser et vociférer qu’il n’avait pas que ça à faire, que c’était un scandale, qu’il était un professionnel LUI et qu'il n’avait pas de temps à perdre !

 

Le type venait de remonter dans mon estime d’un coup. Je me retournai et me marrai avec lui, saluant cette marque d'ironie et d'auto-dérision. Excellent, son petit sketch !

 

Il s’arrêta net et me regarda : « Mais qu’est-ce que t’as à rigoler ? »

 

Il était sérieux.


Il avait 20 ans, ce con.


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10 avril 2008

Torticolis

Arrivé au restaurant à l'heure, donc en avance (j'attends une femme), je parcours les visages alentours.

A ma gauche, une jeune nana avec une très grosse poitrine sous un petit pull parcourt distraitement son menu. Un trentenaire gominé en costume à rayures la couve d'un vaste sourire tout en dents.

Je me souviens de la dernière fois que je suis venu ici. Il y avait une fille qui montrait son book à un photographe, elle était spécialisée dans le nu. Assis devant un thé avec Mlle Zeng, je regardais la nuque de cette fille inconnue et par un simple ajustement de profondeur de champ je voyais son cul, ses cuisses, son ventre, ses seins. Et Mlle Zeng tentait de me reconquérir.

Mon rendez-vous passe la porte d'entrée. Elle s'assoit.

En l'espace de vingt minutes, le restaurant s'est rempli à une vitesse considérable. Un couple qui doit avoir la cinquantaine s'est installé à la table d'à coté. La femme, que j'aperçois de dos, a une allure indéniable. Une peau à peine bronzée et parfaitement tendue sur l'élégante ossature de son visage. Des cheveux gris légèrement brushés en arrière. Une tenue sombre et impeccable. Une grosse bague. Rien de plus.

Je crois que c'est à l'énoncé du mot "baise" qu'elle tourne brutalement sa tête vers notre table.

Elle réfrène immédiatement son impulsion mais sa tête reste bizarrement orientée. Elle ne regarde plus en face son interlocuteur qui n'a rien entendu et continue de parler. Dans le vide, je le crains.

Un peu plus tard, elle réagira de la même façon au mot au mot "partouze", au mot "zoophilie" et aux mots "club échangiste".

Quant à "enculer", il la fait sursauter sur son siège comme si un objet en était brusquement sorti.

Lorsque ma convive et moi nous levons et nous dirigeons vers la sortie, je sens un regard qui pèse avec insistance sur mon dos.

Je ne me retourne pas, je me contente de sourire... C'était un agréable déjeuner.

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07 avril 2008

Love will tear us apart

Ce soir, la fille bourrée qui veut coucher avec tout le monde est un mec.

Il est perturbant de voir son corps nerveux pirouetter sur lui-même à s'en étourdir, s'enlacer aux corps des hommes qui passent avant de chuter à répétition sur la table encombrée de verres ou sur le canapé.

Juste après un shot de vodka à l'herbe de bison, je me dis qu'il m'a fallu attendre vingt-cinq ans pour connaître la fête dont je rêvais quand j'étais ado, avec la chaîne hi-fi qui crache Joy Division et The Clash et qui disjoncte en plein milieu des morceaux. Une prof d'anglais qui n'a vraiment plus l'âge de porter des Doc Martens et une jupe zippée sur le coté crie "The stereo has got the fucking Tourette !!" et je me bidonne. Quand la chaîne saute, tout le monde gueule les paroles des chansons jusqu'à ce qu'elle redémarre, et quand on est parvenus à garder le rythme on s'applaudit les uns les autres. Et on gueule. Ouais, les anglais savent bien faire ça.

L'alcool, la drogue et la fatigue se mêlent petit à petit dans mon sang.

Je la regarde, elle ne danse pas pour moi, elle danse tout simplement.

Je la regarde tellement que j'en oublie de danser.

Elle était sacrément baisable quand je l'ai connue, elle est devenue incroyablement séduisante.

Elle est belle. Sa nouvelle robe lui va bien, tout comme le collier que d'autres lui ont offert pour son anniversaire et dont le pompon noir caresse le berceau de dentelle de ses seins.

Je la regarde et je suis tellement fier d'elle. Fier de ce qu'elle est, fier de ce qu'elle devient presque sous mes yeux.

Je la regarde et je suis fier. Fier que cette femme-là que j'aime et qui m'aime.

Je la regarde et je réalise lentement que c'est une des images que je garderai d'elle pour le restant de ma vie, quoi qu'il advienne. Ce corps libre et beau.

Je la regarde et je n'ai même pas besoin de la désirer. Je la regarde comme ce qu'elle est, cette femme dont chaque heure me rappelle combien elle m'est proche, combien elle est loin.

Je la regarde et je suis honteux. Honteux de n'être que cet homme à temps partiel, honteux de n'être pas déjà le père de ses enfants, honteux de la vie en creux que je mène avec elle.

Je la regarde et je ne dis rien.

Je pense à ces plaques photographiques que l'on a dans la tête et qui s'impressionnent à la lumière du coeur.

J'ai tellement l'impression de ne pas avoir tout vécu avec elle.

Presque rien. Presque tout.

Je l'aime.

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05 avril 2008

Vase clos

Ce matin-là, elle m’avait envoyé un SMS : « Oups, la petite garce a oublié de mettre une culotte… »

Le message m’avait pris par surprise, au bureau. J’avais été saisi d’une bouffée d’images et de sensations contraires. Pendant quelques minutes, j’avais joué avec le téléphone, faisant disparaître puis réapparaître le message pour en contrôler le pouvoir érotique.

J’avais décidé de ne pas répondre.

Vers midi, le téléphone avait de nouveau vibré et j’avais pu lire « Mes bas contiennent difficilement mon désir, mes cuisses sont trempées ».

A midi trente je roulais vers elle, les images continuant à se heurter à l'intérieur de ma tête.

Elle m’attendait au bord du trottoir et par cette belle journée ensoleillée je vis qu’elle avait assorti sa tenue à son humeur : une jupe rouge, un cache-cœur rouge enserrant sa taille de plusieurs tours (« Pour empêcher de me déshabiller trop facilement, tu comprends ?... ») et une fausse queue de cheval rousse qui répondait au henné de ses cheveux et lui fouettait les reins.

Elle monta dans la voiture. La portière claqua et sans un mot, je mis le cap vers cet hôtel particulier qui accueillait si libéralement nos étreintes infidèle. Un quart d’heure plus tard la voiture descendait la rampe d’accès du parking souterrain voisin. Je coupai le contact.

Dans un silence de bêtes en chasse, nous nous attrapâmes violemment la bouche. Une morsure. Une envie de sang. Les mains agitées de spasmes. Corps. Peau. Sexe.

Elle était déjà à ma braguette, griffant le tissu comme un animal fouaille la terre. Bouton qui saute, mâchoires de métal sauvagement édentées.

Ma chair gonflée dans sa bouche. Entre ses lèvres. Sur sa langue. Tête renversée contre l’appuie-tête. Soupir comme un râle. Prendre son visage entre mes mains, guider ma queue vers sa gorge.

Entrouvrir les yeux. Chut ! Une femme qui approche. Collier de perles. Pull mohair. Sacs à provisions. Talons tap tap tap.

M’arracher à sa bouche. « Attend ! ». Remettre le contact, moteur qui gronde en écho entre les murs. Enclencher la marche arrière, première, coups de volant.  Elle, poussée contre la portière, les yeux un peu fous, la jupe en haut des cuisses. Les pneus qui crissent sur le béton peint. Regard en éveil.

Là.

Une camionnette, le mur, et entre les deux un emplacement sombre. Il y a un dieu pour les amants…

Je manœuvre la voiture pour la tapir dans l’encoignure.

Je fis l'objet d'une attaque d’une violence inouïe.

Le dossier grince sous la poussée dc ce corps de cinquante-cinq kilos lancé sur moi.

Ne plus avoir assez de mains. De bouches. De muscles. Etre partout. Haleter sous l’ivresse. Ma main qui agrippe son cou, ma bouche qui boit à la sienne. Qui mange à sa chair. Ses doigts verrouillés à ma queue palpitante comme au seul point fixe de ce bateau en déroute qu'était devenu la voiture.

Entreprendre de la délivrer de son bustier comme si ma vie en dépendait. Un tour, deux tours, trois pour enfin libérer ses seins blancs fardés de rose. Lécher, sucer, les englober d’une bouche vorace et très vite se repaître de la douceur de sa chair intime parfaitement lisse, laper à l’orée de ses cuisses, résister à l’envie animale de mordre la chair si tendre, maintenir de mes mains ses hanches qui s’élancent à en faire craquer mon cou.

Jeter un œil, voir que les vitres sont déjà aveugles de la vapeur de nos deux corps chauffés à blanc.

Se contorsionner pour qu’elle ôte mon pantalon, tourner la molette du dossier qui bascule en arrière, elle est sur moi et j’oublie tout, tout sauf ma chair gonflée au fond de sa chair dilatée, tout sauf ses gémissements dans l’air raréfié, tout sauf mes dents dans son bras, ses griffes sur ma poitrine lacérée.

Je suis machine dans la machine, piston humain dans un univers mécanique, elle va jouir très vite, je plaque ma main sur sa bouche et endure sa morsure.

Elle s’arrache de l'axe de mon sexe, elle s’extirpe de sa jupe, j’ôte fébrilement les boutons de ma chemise pour me rendre compte qu’elle a l’air d’avoir été portée sous la douche, bordel à quoi je vais ressembler en rentrant au bureau, je vois la sueur qui coule entre ses seins dans cet habitacle transformé en étuve, je sens mon front qui ruisselle, elle se retourne, place son torse nu entre les deux sièges baquets et m’intime de venir en elle.

Je transfuge du coté passager, je glisse mon membre dans sa fente, elle dit « Non, encule-moi ! », nous sommes tellement mouillés et de tant de façons différentes que j’entre entre ses fesses sans rencontrer la moindre résistance, je vais et viens en elle en m’appuyant sur les appuie-tête, la voiture oscille sur ses roues, je vais desceller ses hanches de sa colonne vertébrale, encore, encore, encore et au moment où je jouis, elle implose au contact simultané de ma queue dans ses entrailles et des coutures du cuir fauve qui mordent sa peau, d’un cri qui fait sonner le métal noir.

Dehors, dans le silence froid du parking, des familles passent avec les courses du repas du soir dans le caddie.

Je m’extrait doucement, très doucement d’elle. Il n’y a pas un muscle qui ne me fasse pas mal. Je l’aide à se redresser, à s’asseoir enfin, elle est tétanisée. Les sièges sont glissants de stupre, nos visages sont noyés de sueur et de nos fluides, nos poumons happent les dernières molécules d’air vicié.

Hagards, incrédules, nous nous regardons avec encore une trace de folie dans les yeux. Ma main clique, entrouvre les vitres. De l’air.

Il va s’écouler de longues, de très longues minutes avant que nous ne puissions même bouger.

Ce jour-là, elle avait mis du rouge.

Et c’était vrai, elle n’avait pas mis de petite culotte.

Posté par memorandhomme à 09:00 - Something for the week-end - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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