15 mars 2009

Play blessures

Alors comme ça Bashung t'es mort ?Ca alors... A 61 piges.Je crois que c'est encore ça qui m'a le plus surpris.Parce que tu vois, à force de t'avoir toujours connu, à force d'avoir toujours une de tes chansons à chaque époque de ma vie, j'avais fini par penser que tu n'avais pas d'âge, que t'étais éternel.C'est con de mourir à 61 ans.Tu vois, un de mes premiers souvenirs de musique à la télé c'est "Gaby", à l'époque où on te présentait encore comme un chanteur Alsacien. A l'époque où personne pigeait que dalle aux paroles de... [Lire la suite]
Posté par memorandhomme à 01:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]

18 mars 2008

Partir droit

Le sms disait : "C'est la fin, il faut que tu viennes". Quelques heures plus tard j'étais sur la route, retournant vers ma famille, mes terres, mon histoire. Dans la voiture, dans la faible lueur verte des compteurs et le murmure de la radio, j'avais cette impassibilité des gens habitués à vivre avec l'idée de la mort des gens qui leur sont proches. J'avais été préparé à l'idée de sa disparition. Elle était malade depuis plusieurs années, sa maladie progressait peu à cause du lent renouvellement des cellules. Je... [Lire la suite]
Posté par memorandhomme à 21:40 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
02 octobre 2007

Les gens que nous connaissons

La dernière fois que j'avais vu J., il avançait dans les allées de ce salon international avec l'air de porter un sac de gravats sur ses épaules. J'avais quitté la société où il était mon patron cinq ans auparavant et il me parlait à présent d'une voix lasse et sans inflexions filtrant d'un visage aux traits tombants. Je crois que J. avait eu un cancer, ou qu'il en avait un. Le J. que je vois à présent n'a rien de commun avec cette dernière image. Il se tient droit et sa coupe de cheveux en brosse sur des cheveux argentés lui va... [Lire la suite]
Posté par memorandhomme à 07:30 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
05 juillet 2007

Façades

La cour intérieure est jolie. Elle a été repeinte et les murs gris sale ont dorénavant une couleur claire et lumineuse qui s'épanouit sous le soleil de mai. La petite jungle domestique que la gardienne de l'immeuble entretient consciencieusement prolifère, quelques petits oiseaux vibrionnent d'une feuille à l'autre, d'une fleur à l'autre. Le soleil joue sur la verrière de l'atelier d'artiste, les pas rebondissent sur les murs. Il suffit pourtant de contourner la petite vasque en pierre et de passer... [Lire la suite]
Posté par memorandhomme à 10:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
18 mai 2007

A brief history of violence

Je suis entré dans la salle de bains et je bandais. J’étais nu comme je le suis habituellement chez moi le matin, et comme habituellement mon corps s’assurait que j’étais en état de perpétuer mon espèce, un mâle en bon état de fonctionnement. Elle a poussé un petit cri de surprise affecté, et comme souvent elle s’est baissée et a pris mon sexe dans sa bouche, avec cette attitude ambiguë qu’elle a toujours, cette façon de faire comme si tout en ne faisant pas. Pour une fois je ne me suis pas extirpé de mon corps... [Lire la suite]
Posté par memorandhomme à 15:23 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
15 mai 2007

Une pierre et de l'eau

La petite rainure à l'angle était sale. J'ai pris la brosse et j'ai frotté, en insistant. J'ai frotté avec application, avec la douleur qui montait dans mes biceps et mes avant-bras, avec un peu de sueur qui perlait à mon front. Je me suis déplacé, j'ai longé petit à petit la rainure pour la nettoyer sur toute sa longueur. Quand je me suis relevé, j'ai senti l'acide lactique se dissiper hors de mon corps comme un drap qui tombe à terre. J'ai pris l'arrosoir en plastique et j'ai largement versé l'eau sur toute la surface... [Lire la suite]
Posté par memorandhomme à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
09 janvier 2007

Diastole / Systole

C’est étrange cette sensation qui coule de la gorge vers l’estomac quand elle t’écrit qu’elle te quitte. Cette sensation que ton corps manque d’air alors que c’est autrement que tu étouffes. Tes poumons qui s’enflent comme des sacs de papier froissé. Ton cœur qui bat comme un animal essoufflé sur un tapis roulant. Il y a cette sensation de froid qui descend toujours, tu as remarqué ? Il y a ce phénomène qui n’est pas sans rappeler la fin accidentelle de la vie. Sauf que là, bien sûr, c’est une histoire... [Lire la suite]
Posté par memorandhomme à 22:48 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
13 septembre 2006

Phrase assassine

Ce jour-là, il fait beau. En marchant d’un pas lent, on aperçoit le soleil qui trace des raies horizontales au sommet des haies parfaitement taillées. Quelques oiseaux piaillent en se disputant un bout de laine ou un asticot. Au loin, la Micheline passe le long du contrefort, tractant ses voitures rouges et jaunes derrière un jet de fumée noire. En marchant d’un pas lent, on sent le soleil qui tape sur la joue. Les graviers qui crissent sous les pas. Ici, la bordure aurait besoin d’être refaite. Là, la pierre est... [Lire la suite]
Posté par memorandhomme à 00:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
25 août 2006

Cicatrice

Ce jour-là, il faisait beau. On s’était arrêtés sur une aire d’autoroute pour se dégourdir un peu les jambes et boire un café pour moi, un thé pour elle. On était ensuite remontés dans la voiture noire et brillante, on s’était laissés tomber dans les sièges baquets en cuir fauve. J’avais mis le contact, le V6 avait grondé comme savent le faire les moteurs italiens. Nous avions laissé l’aire de repos s'effilocher derrière nous, les rapports s’enchaînaient à la volée, l’aiguille du compte-tours gravissait le compteur... [Lire la suite]
Posté par memorandhomme à 00:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]