24 février 2009
Rouge baisée
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Ce matin, elle m’a envoyé un SMS : « Oups, la petite garce a oublié de mettre une culotte… »
Le message m’a pris par surprise. J’ai été saisi d’une bouffée d’images et de
sensations contraires. Pendant quelques minutes, j’ai joué avec le
téléphone, faisant disparaître puis réapparaître le message pour en distiller
le pouvoir érotique.
J’ai décidé de
ne pas répondre.
Vers midi, le
téléphone a de nouveau bipé et j'ai pu lire « Mes bas contiennent difficilement mon désir, mes
cuisses sont trempées »
A présent il est midi trente et je
roule vers elle.
Elle
m’attend à l'endroit que je lui ai fixé. Elle a assorti sa tenue à son humeur... une jupe écarlate, un cache-cœur de même couleur enserrant sa taille de plusieurs
tours (« c'est pour
m’empêcher de me déshabiller trop facilement, tu comprends ? ») et une fausse queue de cheval rousse qui répond au henné de ses
cheveux et lui fouette les reins.
Elle monte dans la
voiture, je mets le cap vers cet hôtel particulier qui accueille
si libéralement nos étreintes clandestines. Un quart d’heure plus tard la voiture
descend la rampe d’accès du parking souterrain voisin. Je coupe le contact.
Dans un silence de
bêtes en chasse, nous nous attrapons violemment la bouche. Une morsure. Une
envie de sang. Les mains agitées de spasmes. Corps. Peau. Sexe.
Elle est déjà à
ma braguette, griffant le tissu comme un animal fouaille la terre. Bouton qui
saute, mâchoires de métal soudain édentées.
Ma chair gonflée
répandue dans sa bouche. Entre ses lèvres. Sur sa langue. Tête renversée contre
l’appuie-tête. Soupir comme un râle. Prendre son visage entre mes mains, guider
ma queue vers sa gorge.
J'entr'ouvre les yeux. Talons tap tap tap. Une femme approche dans le parking. Collier de perles, pull cachemire, sacs à provisions. Je m'arrache à sa
bouche. « Attends ! ». Je remets le contact, moteur qui gronde en
écho entre les murs. J'enclenche la marche arrière, première, coups de
volant. Elle, poussée contre la portière, les yeux un peu fous, la jupe
en haut des cuisses. Les pneus crissent sur le béton peint.
Là.
Une camionnette, le
mur, et entre les deux un emplacement sombre.
Il y a un dieu pour les
amants.
Je manœuvre la
voiture pour la tapir dans l’encoignure.
Je subis une attaque d’une violence inouïe. Le dossier craque sous la poussée du corps de cinquante-cinq kilos lancé sur
moi en balistique.
Ne plus avoir assez de mains. De bouches. De muscles. Etre partout. Haleter
sous l’ivresse. Ma main qui agrippe son cou, ma bouche qui boit à la sienne.
Qui mange à sa chair. Ses doigts verrouillés à ma queue palpitante comme
au seul point fixe de ce bateau en déroute.
J’entreprends de délivrer son corps de son bustier comme si c’était la dernière chose que j'allais faire de ma vie. Un tour, deux tours, trois pour enfin libérer ses seins blancs
fardés de rose. Lécher, sucer, les englober d’une bouche vorace et très vite se
repaître de la douceur de sa chair intime parfaitement lisse, laper à l’orée de
ses cuisses, résister à l’envie animale de mordre violemment la chair si tendre, maintenir
de mes mains ses hanches qui s’élancent vers ma bouche à en faire craquer mon cou.
Jeter un œil, constater que les vitres sont déjà opaques de la vapeur de nos deux
corps chauffés à blanc. Remercier la physique.
Se contorsionner pour qu’elle finisse d'ôter mon pantalon, basculer le dossier en arrière, la sentir enfin sur moi et oublier tout, tout à part ma chair
gonflée au fond de sa chair dilatée, à part ses gémissements dans l’air
raréfié, à part mes dents dans son bras et ses griffes sur ma poitrine
lacérée.
Je suis une machine dans la machine, piston humain dans un univers mécanique, elle
va jouir très vite, je plaque ma main sur sa bouche et endure sa morsure.
Elle s’arrache de mon sexe, elle s’extirpe de sa jupe, j’ôte les
boutons de ma chemise pour me rendre compte qu’elle a l’air d’avoir été portée
sous la douche -à quoi je vais ressembler en rentrant au bureau ?- je
vois la sueur qui coule entre ses seins dans cet habitacle transformé en étuve,
je sens mes cheveux collés sur mon front, elle se retourne, coince son corps nu entre les
sièges baquets et m’intime de venir en elle.
Je transfuge du coté passager, je glisse mon membre dans sa fente, elle
dit « Non, encule-moi ! » Nous sommes tellement mouillés et de
tant de façons différentes que j’entre entre ses fesses sans hésiter, je vais
et viens en elle en m’appuyant sur les appuie-tête, la voiture oscille sur ses
roues, je vais desceller ses hanches de sa colonne vertébrale, encore, encore et
encore et au moment où je déverse mon sperme dans ses entrailles elle implose au contact simultané de ma queue et des coutures du cuir fauve qui mordent sa peau, d’un cri qui fait résonner le métal noir.
Dehors, dans le silence revenu, des familles passent avec les
courses du repas du soir dans le caddie.
Je m’extrais doucement, très doucement d’elle. Il n’y a pas un muscle qui ne me
fasse pas mal. Je l’aide à se redresser, à s’asseoir enfin, elle est tétanisée.
Les sièges sont glissants de stupre, nos visages sont noyés de sueur et de nos
fluides, nos poumons happent les dernières molécules d’air vicié. Des gouttes d'eau glissent le long des vitres et dessinent des barreaux sur la buée.
Hagards, incrédules, nous nous regardons avec encore une trace de folie dans
les yeux. Il va s’écouler de longues, de très longues minutes avant que nous ne puissions
même bouger.
Ce matin, elle avait mis du rouge.
Et c’est vrai, elle n’avait pas mis de culotte.
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28 décembre 2008
Ghost writer
J’aime
ce moment crépusculaire où je m'installe devant l'ordinateur et où la
lampe de bureau forme un dôme de lumière au milieu de la nuit.
Ce
moment où la pénombre apaise la fébrilité de mon âme, estompe les rides
de mes yeux fatigués et pose un voile rassurant sur ce que je suis.
J’aime ce moment et je le redoute.
Car maintenant je sais.
Je sais ce qui m’entoure quand je pense être seul à mon bureau.
Je
sais à présent que mots invoqués, ces idées lancées comme par jeux, ces balles
à faire rebondir pour amuser les enfants ne sont pas innocents.
Je sais qu'à ce clavier s’accrochent des traces de bonheurs révolus. Des peines. Des sourires.
Je sais à présent que de ces touches renaissent des visages disparus sur lesquels se gonfle la
chair douce et veloutée. Que du cliquetis montent des voix jadis
éteintes. Que ce sont des yeux vides qui reprennent regard, des mains qui
se tendent à la recherche d’une joue, des lèvres qui happent avec
gourmandise.
Je sais qu'autour
de ce clavier, des histoires se rejouent encore et encore. Des valses de
corps langoureux, des étreintes à la sortie des hôtels, des frôlements de
doigts, des ivresses, des abandons.
Autour de ce clavier des cris sont clamés, des voix sont brisées, des chuchotis esquissés.
Autour de ce clavier s’enroulent des vies, des vies enfouies, des vies enfuies.
Autour de ce clavier tournoient des fantômes.
Des fantômes qui ne veulent plus retourner à leur oubli.
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29 octobre 2008
Interlude
Sous les bureaux des cadres se cachent de puissantes et lancinantes envies. Des souffles qui gonflent et enflent comme les voiles des navires partis en haute mer, des chocs comme des dos de plantigrade au sortir de l'hiver, des appels comme les voix des sirènes au flanc de leur rocher. Sous les bureaux des cadres, des cordes se nouent, des isthmes se creusent, des courants fouaillent leur passage vers la furie des océans. Sous les bureaux des cadres, le désir craque et bruisse et enfle, appelant un coeur, une bouche, une morsure... Sous les bureaux des cadres, des jambes s’arc-boutent, des membrures geignent sous la toile tendue. Sous les bureaux des cadres, des rêves s’avouent à mots murmurés, des plaintes geignent à demi-voix, des mains se crispent à la toile des costumes bleus. Sous les bureaux des cadres, des cuirs italiens brunis crissent sur la moquette râpée. Des appétits grandissent et meurent et des envies d’ailleurs, sous les bureaux des cadres supérieurs.
16 octobre 2008
Appétances
Le corps désirant, je me suis souvent relevé dans l'appartement sombre.
La crème au chocolat brillante et les framboises fraîches au goût d’étable.
Les galettes de maïs soufflé et le chocolat noir.
Le corps affamé, j’ai souvent interrogé du regard les étagères et les clayettes.
Le fromage bleu et le pain aux noix.
La coppa poivrée sur un pain Poilâne grillé et frotté d’ail.
Le corps insatisfait, j'ai souvent cherché, curieux et avide.
Le citron beldi croqué dans sa saumure.
Les câpres au sel marinées dans le vinaigre.
Le corps exigeant, j'ai souvent recherché le vif, le fort et le puissant qui fait exploser les papilles.
Le gingembre confit posé sur la langue.
Le doigt trempé dans la poudre de piment d’Espelette.
Et un jour, elle a ouvert son corps à mon corps.
Ce jour-là, j’ai goûté chaque once de sa peau et bu chaque goutte de sa bouche.
Ce jour-là, j'ai tout oublié du piment, du poivre, du chocolat et des framboises.
Ce jour-là, mon corps a geint du manque et de la plénitude dans la même voix.
Ce jour-là, mon corps a retrouvé le chemin du vertige.
En faim...
05 septembre 2008
Le grand Léchant Mou
Le dimanche soir, j’ai toujours quelque réticences à me lover dans les bras de Morphée. Après tout, Morphée est un homme.
Je fais donc appel à la
chimie, sous la forme d’un hypnotique dont le nom commence par un thé,
continue par un met, et finis sur le tas. Ce soir-là, j'avale le cachet ovale et je vais me coucher. Je sais que j’en ai pour un gros
quart d’heure avant de m'endormir, alors juste avant la grande plongée je
remercie la demoiselle allongée à coté de moi sous le drap pour l'agréable journée avec déjeuner au soleil sur
une terrasse et la petite sieste sur l’herbe parmi les
piaillements des enfants bien élevés. Je remercie donc - je suis un garçon poli- et confirme par
un genre d’accolade, disons un blotissage et un bisou. La demoiselle sort
direct les dents qu’elle me plante dans la lèvre
inférieure, que j’ai heureusement dodue, puis dans le muscle de
l’épaule. Elle me tracte ainsi harponné de son coté du lit, telle une
bête qui rapporte en sa tanière une proie pas encore tout à faire
morte. La demoiselle n’est pas très difficile à comprendre dans ces
moments-là, et d’expérience je sais que quand ça démarre de cette façon
rien de sert de finasser. J’ai envie de toi, je te mords l’encolure, ça
t’excite, hein, salope, et crac ! Sauf que là, au lieu de crac suivi
d’autres onomatopées, on a plutôt un bruit de
porte rouillée... Mademoiselle a envie mais ça coince. Histoire de ne pas être venu pour rien je tente alors une
transformation d’essai viril avec la technique dite de la « tête de
chat », genre si la tête passe, le reste aussi… et rhaann. Nan. Passe pas.
Deuxième essai plus gentleman avec doigt mouillé inquisiteur et
tartinant. Rien. Reste donc à interpréter l’ouverture de la mer rouge
selon Memhoïse, et votre serviteur se glisse entre les cuisses de la Demoiselle. Caresse de ses lèvres du bas par les miennes du haut façon
pétale de rose, douceur, frôlements puis retour aux
ornementations, comme on dit dans la grande musique… Cela dure jusqu’à
ce que je sente que mademoiselle laisse échapper de vrais soupirs. Pas
ceux qui font plaisir au bavouilleur à l’oeuvre là en bas, non : ceux
qui partent sans le vouloir, en direct live, les vrais… Entre-temps j’ai décliné
tous les classiques, le sommet du clitoris que je fais tintinnabuler
comme une petite cloche à la volée de la pointe de la langue. La
base du clitoris, que j’enveloppe solennellement d’une langue-écharpe
chaude et douillette. Et puis les lèvres, que j’emprisonne et aspire
avec douceur et insistance, avant que de les relâcher doucement… et de
recommencer. Je fais mes gammes avec virtuosité et imagination, et
finis par me concentrer sur le roulé du clito, qui me vaut des mains
spasmodiques plantées dans les cheveux et des soupirs plus brefs et
plus aigus… Je poursuis, tenant de maintenir un rythme impeccable, dont
je suis bientôt récompensé en ayant la tête broyée entre deux cuisses
et balancée dans tous les sens, alors que ma langue tente vaillamment
de reprendre pied et de ne pas lâcher l’affaire… Elle y parvient, et en
guise de récompense je me reprends l’étau et le swing deux autres fois,
si bien qu’à la troisième fois, j’arrête, en douceur. La Demoiselle ne
bouge plus, moi non plus -j’ai mal à la mâchoire. Elle me dit entre
deux gémissements qu’elle a joui. Sans blague. Je la couvre avec la couette, lui
demande si ça va, elle me dit ohouioui, ohouiohoui… Alors je m'allonge sur le dos et un instant plus tard j’entends qu’elle dort du sommeil de la bûche. Et je me rappelle qu’initialement j’étais partis pour la baiser.
Et il parait que dans un couple, c'est la femme qui est frustrée...
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10 juillet 2008
Le sexe avec une ex, c'est exquis
(titre à lire à voix haute et à répéter cinq fois très vite)
Il
y a quelque chose de confortablement sensuel dans le fait de faire l’amour avec une femme qui fut jadis l'amante d’une
nuit. Ce point d’équilibre qui concilie le
meilleur des deux mondes, le souvenir suffisamment net des préférences
d’un corps que l’on a secoué d’intimes tremblements et cette distance dans le temps qui donne à ces caresses un appétissant parfum de
première fois.
Alors on répond à un appel dont on fait semblant de croire qu'il est équivoque. On entre dans ce grand appartement chic. On réalise qu’on se rappelle mieux
de l'appartement lui-même que du corps de sa propriétaire. On se souvient de son odeur,
de ses lumières, de la musique sur un i-pod. On est accueilli par la maîtresse de maison
comme un ami que l'on n'est pas. On constate qu’elle s’assoit au même endroit de ce grand canapé rouge,
dans la même attitude que lorsqu'elle avait proposé de montrer ses
seins, qu'elle savait remarquables.
Avec un sourire on lui demande de les montrer, comme un clin d'oeil lubrique. On prends son temps pour la caresser, la déshabiller, la lécher, on a cette
tranquille assurance d’un habitué et ce désir aiguisé de l'homme de la première fois. On se souvient qu’elle aime l’assurance et la virilité, alors on se la joue
Mitterrand période force tranquille. On utilise ses longs cheveux cuivrés comme des
draps et comme des rênes. On sent sa croupe se cambrer, on saisit l’invite
et on se glisse doucement entre ses fesses. On voit la sueur perler au creux
de ses reins, on s’étonne de la facilité avec laquelle il est possible
d’entrer dans son cul, on se retient de jouir. On se
complait dans cette caresse dépouillée de toute culpabilité judéo-chrétienne, et toute la nuit on la prend de cette façon-là.
Au matin, on se réveille le premier dans les senteurs musquées d’un lit
souillé de plaisir, la tête dans la ouate du
désir apaisé combiné à l'effet de la résine de cannabis. On se lève sans bruit, on pose le pied sur une latte de
plancher qui craque fort et sèchement. On grimace sous l’agression sonore. On retrouve la salle de bains, on pisse le plus discrètement possible (assis), on ouvre le robinet, l’eau jaillit dans un bruit de diesel marin qui
fait onduler les tuyaux du vieil immeuble et ruine instantanément nos efforts. On le referme et on serre les dents sous l’effet du couinement rouillé. La main
au front, on sort de la salle de bains, on ouvre la porte de l’office
qui grince avec un passage de l’aigu au
grave et un final sardonique... On grogne entre ses dents. On cherche dans les placards de quoi manger, au hasard. On s’assoit sur un tabouret.
Et on se retrouve avec dans l'assiette un Weetabix hirsute et brun.
30 mai 2008
Vertige de la page blanche
Je suis resté un
moment avant d'oser faire ce pas en avant.
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23 mai 2008
Rage
Tu me demanderas, pourquoi cette mauvaise colère ? Je te dirai que c’est peut-être pour de mauvaises raisons. Mais il y a ceci, qui m’a fait traverser la grande ville aux muscles d’acier rouillé comme un chien sombre grondant bas, donnant des coups de hanche comme des coups de pieds, le buste bien droit. Une lame. Tu me demanderas, qu’est-ce qui t’a rendu si tranchant pour que tu pourfendes ainsi les flots de métal brillant ? Je te répondrai qu’elle avait envie d'aimer un homme comme une rivière aime son rivage, doucement, en silence, sans rien demander. Elle m’avait dit juste se frôler, partager, se rassurer parfois, s'éloigner souvent, mais se savoir si proche. Je te dirai juste comment il a suffit de tourner un instant la tête pour s’apercevoir qu’elle n’était déjà plus là, que les flots s'étaient entrouverts pour l'entraîner loin, loin d'ici dans la grande ville de fer et de chaleur.
17 mai 2008
Travail au black
Ce soir-là, je l'ai invitée à venir dans les bureaux.
Elle a dit " Good to see you ".
Elle a parlé.
Elle a écouté.
Après un moment, elle est venue s’asseoir sur la moquette, devant moi, jambes croisées en tailleur. Elle a levé ses yeux aux cils interminables et a écouté sans rien dire.
Le temps a passé lentement, je la regardais tout en parlant, boule de caoutchouc dur posée sur le sol, petite balle de squash.
Elle a finit par dire « Gotta go. »
Elle s’est levée.
J’ai saisi ses hanches, je me suis agenouillé devant son ventre.
J’ai déboutonné son pantalon.
J’ai embrassé son nombril, son aine, sa peau.
J’ai glissé ma langue dans la fente de son sexe.
Elle s’est collé contre moi.
Elle a dit « I’m wet all over now ».
J’ai glissé mes doigts dans son sexe, par l’arrière de ses fesses.
Elle avait raison. Trempée.
J’ai fait aller et venir mes doigts en elle. Elle a fléchi sur ses jambes.
Elle a ôté son pantalon. Elle a ôté ma chemise.
Elle a tiré une chaise vers elle.
Elle s’est appuyée sur le bureau, a posé un genoux sur la chaise.
Ses cuisse tendaient vers moi le cul le plus parfait de la création… Musclé, nerveux, rebondi. Deux fruits prêts à fendre leur propre peau.
J’ai glissé mon sexe en elle lentement, pour qu’elle sente bien ses chairs s’écarter.
J’ai poussé mon sexe en elle.
Lentement.
Puis plus vite.
Puis très vite, et très loin en elle.
Mes mains ancrées à ses hanches.
Sa peau comme du satin noir sous mes doigts.
Elle a haleté un instant.
Elle a poussé un long et profond soupir.
Elle s’est retournée et s'est allongée sur le bureau.
Je me suis baissé à genoux, j’ai léché son clitoris gonflé.
Elle a ondulé son ventre d’avant en arrière.
Elle a saisi ma tête par les cheveux, m'a redressé avec détermination.
Elle attiré mon bassin entre ses cuisses.
Je me suis enfilé en elle, de nouveau doucement, de nouveau profondément.
Puis très vite, et très loin en elle, en tenant ses chevilles haut sur mes épaules.
Elle a crié cette fois-ci.
De la sueur perlant sur son ventre pantelant.
Je me suis posé sur la chaise en la tenant serrée dans mes bras.
Elle a pris un mouchoir dans son sac, elle a essuyé mon menton
« You’ve got my fluids all over your face »
Elle a levé son bassin. Elle l’a abaissé sur mon sexe. Haut. Bas. Haut. Bas.
Encore.
Elle m’a fait jouir.
Elle a coulé un regard vers la chaise maintenant trempée.
Elle a murmuré « If your visitors knew...»
09 mai 2008
Oreilles qui traînent
Il fait beau.
Dans ce petit bout de parc, les stagiaires de l’agence de pub d’à coté se retrouvent pour mastiquer ensemble leur sandwich à cinq euros et leur Coca Zéro tout en échangeant des considérations profondes sur la vie, la mort et la finale de la Nouvelle Star.
Il y a là un type à dreadlocks rouges portant treillis, Nike vintage et vieux clopo roulé à coté d'une jeune nana blonde à Converse, foulard et jeans’ griffé.
Lui : « Dis, heuu, Chloé, l’autocollant jaune que t’as sur le garde-boue de ton scoot’, là, c’est bien marqué AJV - Association des Jeunes Veneurs, hein ? »
Elle, soudain toute guillerette : « Ouiii, c’est ça !! »
Lui : « Et, heuuu, ça veut dire quoi, veneur ? »
Elle : « Et bien c’est celui qui pratique la vènerie. Tu sais, c’est la chasse à courre avec les chiens, les chevaux, la nature, tout ça, non, pas avec un fusil, c’est les chiens qui mangent l’animal, non, on dit pas un cor, on dit une trompe, enfin tu vois, c’est une tradition ancestrale tout ça tout ça… »
Elle s’arrête en pleine lancée. Le jeune type la regarde avec des yeux écarquillés.
Lui : « Ben… j’croyais trop qu’on avait une anarchiste à l’agence, j’étais super content, mais en fait non… »
Elle : « Ah bon ? Mais heu… pourquoi tu pensais ça ? »
Lui : « Bin au début j’avais lu Association des Jeunes Vénères. Et putain, j’trouvais ça trop pur comme idée... »