26 mai 2007

L'odeur de la foudre

Le ciel est devenu jaune safran, puis jaune soufre. Puis noir. L’air a crépité, l’ozone a dégagé son odeur piquante. Le bruit a déferlé dans la seconde, d’une force incroyable, tonnerre libérateur d’une nature rageuse. Les nuages ont crevé comme un jet de sperme qui éclate hors du méat urinaire. Les éclairs ont zébré le ciel comme une ceinture qui cingle les seins gonflés de la femme qu'on aime. Le bruit a roulé comme un cul que l’on fend. L’orage a éclaté et a inondé la ville. Le bitume s’est mis à charrier des masses d’eau grise que... [Lire la suite]
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18 mai 2007

Hopper

De l'autre coté de la rue, une station-service déserte laisse claquer ses étendards dans le vent. Les nuages orangés poussés par le vent défilent rapidement au-dessus du pare-brise. L'homme et la femme sont étrangement conscients de la promiscuité qui s'offre à eux après les fumées, l'alcool et la musique de la fête. Les lèvres de la femme sont douces et ouvertes tandis qu'elle respire l'air où luisent les instruments de bord. Les mains qui courent sous les tissus sont silencieuses. L'homme dénoue un à un les... [Lire la suite]
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11 mai 2007

La femme à la peau de serpent

Cette-nuit là, nous avons fait l’amour, un peu. Mais l’enjeu de cette nuit n’était de pas faire l’amour. Nous avons dormi dans la peau de l'autre, dans le souffle de l'autre, dans la chaleur de nous deux. A présent c'est le matin et après avoir grignoté du parmesan, des grains de raisin rouge et bu du thé au jasmin, je fais couler de l’eau sur ses épaules nues. Je fais couler l’eau très chaude car je sais qu’elle en aime la brûlure sur sa peau. Je place dans ma paume une noix... [Lire la suite]
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30 mars 2007

Rage (2)

J'ouvris ma braguette d'un seul geste, extrayant ce sexe resté inerte pendant tout le trajet jusqu'à chez elle et qui bandait maintenant, et de quelle façon ! Surprise un court instant, elle ouvrit la bouche et referma ses lèvres autour du gland. Elle me pris ainsi une minute, peut-être deux. Mais rapidement je la repoussai sur le lit, ses cheveux comme une aile de corbeau fouettant la couette blanche monogrammée. D'une main je maintint son cou immobile, de l'autre je fouaillai les plis de sa robe pour dégager son cul, pour le... [Lire la suite]
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20 mars 2007

Seminaire

Il faudrait oublier son corps, le grain de sa peau.  Il faudrait oublier son odeur, la respiration qui fait s’élever sa poitrine. Il faudrait oublier l’élan qui nous rapproche violemment l’un de l’autre et nous fait rouler par terre ou cogner contre le mur, habituellement. Il faudrait de la distance entre nous. Pas celle du temps ou de la géographie, non, pas celle-là. Juste un espace, une épaisseur d’air entre son corps et le mien. Il faudrait attendre et petit à petit, la toucher. Du bout des doigts. Il... [Lire la suite]
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14 mars 2007

Süsskind

L’homme est pensif, il a le menton posé dans la paume de sa main.  Il marque un temps d’arrêt.  Là, sous les ongles de chaque doigt, une odeur.  Il flaire.  (Retour)  La femme dit à l’homme « forcément, vous êtes venu ce jour-là ».  Une minute avant, elle était assise sur sa queue, nue et jambes écartées.  Lui aussi était nu, fesses posées à demi sur le tabouret blanc.  Elle montait et descendait sur lui, mollets durcis et reins souples.  Une minute après... [Lire la suite]
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19 février 2007

Echos

Je me souviens, elle m’avait dit « pose ta main là ». Je m’étais interrompu, j’avais posé la question : « Là ? » « Oui, pose ta main là. » J’avais posé ma main sur son ventre. Elle m’avait dit « tu le sens ? » J’avais hésité un instant, palpé sa peau doucement du bout des doigts. « Tu le sens ? » J’avais répondu « oui, je crois »… Alors elle m’avait dit « vas-y, maintenant ». Et sous mes doigts, j’avais senti un mouvement. « Tu le sens bouger ? » Oui, je le sentais. Au fur et à mesure... [Lire la suite]
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27 janvier 2007

Brasil

La nuit est noire, enfin elle l’est autant que possible dans ce monde où les réverbères ont effacé les étoiles. Les arbres se découpent en silhouettes sur le ciel gris orangé. On pourrait facilement imaginer le silence, au bout de ce chemin parcouru dans les cahots. De fait, les bruits sont rares. Des respirations. Des bruits légers contre le plastique. Quelques cliquetis. Un fermoir de sac. Une boucle de ceinture. Des froissements de tissus. Le temps passe, lentement, au fur et à mesure que la buée se forme sur le pare-brise.... [Lire la suite]
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05 décembre 2006

Mutiques...

Il y a cette présence derrière la porte qu’on entend à pas feutrés, dans un froissement de tissus ou un craquement de parquet. Il y a ces sonneries de téléphone et cette voix qui répond calme et posée. Il y a la porte et le mur, et elle et moi de l'autre coté. Il y a cette robe noire ajustée sous laquelle il n’y a rien d'autre que sa peau. Il y a son sourire et ses longs cils assortis. Il y a le rapprochement animal de nos corps, par touches, par flairements, par coups de langue. Il y a mes paumes qu'elle lèche comme... [Lire la suite]
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28 novembre 2006

Ceinte Trinité

-Quand je l’ai vue pour la première fois, j’ai pensé qu’elle avait un corps fait pour aimer. Alors j’ai embrassé son poignet et je l’ai aimée tellement fort que je lui ai fait un enfant, là dans ses entrailles, sur le sol en bois. Quand je l’ai vue pour la deuxième fois, j’ai pensé qu’elle avait un corps fait pour aimer et une bouche faite pour embrasser. Alors elle a englouti mon souffle dans le sien et elle a branlé mon sexe entre ses seins en l'enveloppant de sa salive et j’ai tellement dévoré sa fente que ses draps et... [Lire la suite]
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