07 janvier 2009
Une couleur
Pourpre.
Le velours de théâtre des
fauteuils aux boiseries dorées flambait dans la lumière de
l’après-midi. Elle a pris mon poignet et ma main a été comme un pendule dans la sienne. L'heure a tourné de plus en plus vite et des années se
sont écoulées, les ombres se sont allongées sur la table basse et les passants, les serveurs n’ont plus été que des formes grises. J’ai vu
défiler les secondes, les minutes, les heures, je me suis demandé combien de
temps il fallait observer avant d’agir. J’ai saisi le bout de ses doigts et les ai tenus comme des élytres
de scarabée jusqu’à ce qu’elle les abandonne entre les miens. J’ai touché la couleur
de sang séché sur ses ongles et son corps s’est
débattu. Je lui ai dit que ça n’avait pas
d’importance. J’ai parlé doucement car son visage pouvait s’effacer en
un souffle. J’ai effleuré ses doigts, j'ai tracé le contour de chaque phalange, j'ai caressé la pulpe tendre de son index, de son majeur, de son annulaire. J’ai senti
la chaleur qui avait fui sa main revenir dans ses veines. Elle a attrapé mes
doigts à son tour, elle les a caressés avec une douceur attentive, bouche entrouverte,
souffle retenu. Elle m’a demandé ce que nous faisions. Je n’ai rien répondu.
Nos doigts se sont enlacés sous nos regards croisés, elle a regardé mes yeux
sans ciller, je me suis penché vers son cou, j’ai respiré
l’odeur de sa peau. A l’abri de ses
cheveux j’ai frôlé sa joue. Elle a sursauté doucement, j’ai
éloigné mon visage en effleurant la commissure de ses lèvres. Nos bouches se sont rapprochées avec lenteur,
nos lèvres se sont touchées avec une patiente curiosité, troublées de leur
familiarité.
Naturellement le monde a cessé d’exister.
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19 décembre 2008
Crues
Les méandres du désir sont mystérieux.
Un ruisseau souterrain qui serpente sous la
peau et enfle sans prévenir.
Un « je t’embrasse » envoyé et presque
rien en retour. Un sourire, une ivresse.
Les méandres du désir sont mystérieux.
Ils te prennent à la lisière du sommeil, main en écrin autour de ton bas-ventre, dans ce moment interlope où concupiscence
et inconscience deviennent noeud de vipères qui convulsent et tétanisent.
Ils te prennent quand les images floues s'incarnent derrière
les paupières closes, quand les appels inavouables s’infiltrent entre tes lèvres disjointes, quand les ondes de chaleur palpitent dans le cerveau
limbique en lascives circonvolutions.
C’est le carrousel noir des couleurs chaudes, des
soupirs muets, des abandons désincarnés.
C'est le désir
qui ne connaît pas son nom, qui ignore encore qu’il est désir. C’est un ressac lourd,
un corps tourmenté.
C’est la chair qui se réveille
enfin, induration brulante sous un corps moite, éveil dans sa gangue d’envie.
C’est la torture douce de l’appétit, la
convulsion lente, la combustion qui s’entretient maintenant d’elle-même.
C’est le souvenir qui fait la pute avec l’imaginaire,
qui enfante dans d’impudiques caresses une étreinte moite, languide et
savoureuse, une peau qui forme grain sous la paume, une nuque humide qui ploie sous la poigne, des cuisses qui
s’entrouvrent sous l’envie.
C’est sa propre main qui retourne vers son
sexe bandé, ce sont les
doigts qui s’enroulent autour du gland palpitant, qui glissent et caressent en cherchant les replis et les creux, qui remontent aux narines poissés de l’odeur de désir, de
chair.
C’est le cercle vicieux, l’appel
au sexe nourri par le sexe, l’appel au sexe de l’autre par le sexe de soi, l’envie qui
se boucle et se projette, l’idée du corps de l’autre avivée par l'inavouable parfum, c’est l'homme en bête affolée de son propre sang, c’est le musc
impudique dont on maculerait le corps de l’autre, once par once de sa peau
convoitée.
C’est le plaisir qui vient comme une
délivrance et une souffrance, les reins qui se creusent et se cassent, l’esprit
qui jouit en un maëlstrom pervers, le corps d'elle qui se déverse dans chaque pore comme du plomb fondu dans les plaies.
C’est le silence comme un drap froid, le cœur
qui ralentit, le souffle qui s’extirpe de la bouche, l’entrejambe moite, le
repos enfin, l’apaisement… le sommeil.
Les méandres du désir sont mystérieux.
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09 décembre 2008
Vous...
Au
départ, c'est une envie d'enveloppement. L'envie de prendre votre
bouche avec voracité, avec gourmandise, avec excès. De prendre vos
lèvres entre les miennes, d'aspirer doucement votre langue, petit
cannibalisme érotique, de vous faire entrer un petit peu en moi...
C'est aussi une envie d'être derrière vous et de sentir tout votre
corps contre le mien, de vous ressentir avec chaque parcelle de ma
peau. L'envie de sentir vos reins se cambrer contre mon ventre, une
envie de caler mon sexe entre vos fesses, de sentir cette chair
rebondie encore plus brûlante contre la mienne... C'est l'envie de vous
appréhender dans toute votre réalité charnelle, de m'assurer que vous
êtes totalement là. Une fois cette réalité ressentie, mesurée,
contentée, c'est l'envie de me laisser aller au plaisir de votre
chaleur. Envie de fureter, de vous humer, d'ajouter d'autres sensations
douces et fragiles et perverses à celle de votre peau. Le moment où la
peau devient la chair. Où la gourmandise de vous prend le dessus. Où
j'ai envie de vous lécher, où les odeurs secrètes de votre corps sont
les plus délicieuses... L'instant où le ruissellement de votre désir
m'enivre, me fascine, où j'aimerais vous boire autant que vous
dévorer... Le moment où j'aimerais pouvoir plonger en vous, avoir dix
mains, cent bouches, où le désir de vous pénétrer me fait l'envie que
vous ayez d'autres orifices encore, où le désir s'impose totalement,
envahit mon esprit et mon corps, où la fusion des corps crée celle des
âmes, où il n'y a plus rien que mon sexe nu en vous, la délicieuse
brûlure de votre intime, les coups de reins comme des décharges, ne
plus savoir ce qui est mieux du mouvement ou de l'empalement, la
modulation de votre plaisir, votre abandon, et enfin le doux poids de
ton corps, ta respiration dans mon cou, ce moment où plus rien n'existe
que toi et moi, que toi en moi...
04 décembre 2008
Song 2
Hop Hop Hop
Monter les marches deux à deux
pour se réchauffer mais ne pas être essoufflé en arrivant
Taper à la porte parce ce qu’on
sait que la sonnette ne marche pas
Être invité à entrer, observer
qu’elle ne porte pas grand-chose sous une petite robe courte,
pieds nus, jambes nues et en haut des jambes on ne sait pas…
L’embrasser légèrement, échanger des taquineries, se voir offrir une pistache au chocolat
Mieux encore que dans la chambre
je t'aime dans la cuisine
S’approcher d’elle au milieu
d’une phrase, effleurer gentiment sa bouche, la butiner doucement, passer mes
mains autour de ses hanches, l’attirer, prendre possession de ses lèvres,
attiser le baiser
Est-ce pour ta tarte ou ta pomme
que je me lèche les babines ?
Faire glisser les mains sur ses
fesses par-dessus le tissu, recevoir l’invite à la langue, fureter une
main sous la robe, rencontrer une lingerie dont la présence est presque incongrue
Allez roule-moi, roule-moi la pâte, ça me plaît, ça m'émeut
Glisser la main entre ses
cuisses, effleurer d’un doigt le clitoris, dégager mon sexe de sa braguette à
boutons, guider sa main vers la chair gonflée, la sentir me branler pendant que
mon doigt roule sur son bouton, dévorer à présent sa bouche
Oh! c'est pas de la tarte, la pâtisserie! Non, c'est pas du tout cuit
Se retrouver corps emboîtés contre le plan de travail puis dessus, entendre comme au loin le fracas du pot à ustensiles qui se renverse, sa main qui me guide en elle, les miennes qui relèvent ses jambes, son dos qui s'appuie contre les plaques électriques
Rien n’est plus beau que les
seins d’une femme quand on la pine
Se demander dans un flash si un thermostat n’a pas été enclenché, ne pas les voir dans le désordre de ses cheveux et puis merde, reins qui
pistonnent mon sexe en elle, chocs contre le mur mitoyen et les voisins Chinois qui doivent se demander ce qui se passe
Rien n’est plus beau que l’émoi d’une femme quand on la lime
Oh le plaisir de voir ma queue
glisser en elle, luisante et régulière, droite et besogneuse, ses petits cris,
ses cuisses relevées haut, les ondes de chaleur dans tout le corps, le pantalon
tombé sur les jambes, les cris doux encore, mes halètements, mes hahanements,
la poêle qui tombe avec un grand bruit dans l’évier et puis le plaisir
qui vient en elle, et puis ses soupirs, et
puis les mouvements de reins plus lents, plus longs, plus doux…
A te voir ainsi je retrouve mon
âme enfantine
Et puis le silence, et puis la douceur, et puis l'apaisement...
Rien n'est plus beau que les yeux d'une femme dans la cuisine.
17 novembre 2008
Mécanique des corps caverneux
On est sans y penser dans cette posture au creux du lit chaud.
Allongé sur le ventre, bras ramenés sous l'oreiller, une jambe tendue et l'autre repliée en compas.
Il faut sentir l'air circulant doucement sous la couette dans un souffle tiède.
Il faut ressentir le poids du corps qui écrase légèrement le pénis.
Il faut comprendre la géométrie du corps construit comme autour d'une rotule, la capacité de basculer d'avant en arrière, de pivoter autour des articulations.
Il faut imaginer le pénis pris entre la cuisse et le matelas, petit cylindre creux roulant dans sa housse distendue.
Il faut se représenter le tango des hanches, en fait le bercement d'avant le sommeil.
La cuisse qui roule le pénis contre elle comme une Cubaine le ferait d'un cigare.
Le gonflement sous le mouvement et la chaleur, chair excitée de sa propre chair.
Il faut imaginer les ondes de plaisir qui remontent vers le ventre.
Le roulement du bassin qui s'accentue et devient plus lourd alors que le pénis est devenu plus gros, plus long, plus épais.
Les reins qui se creusent dans un balancement arrière et avant.
Le corps en pilotage automatique, loop sensuelle, balancement hypnosé.
Et l'esprit pris de vitesse par le corps qui se figure une peau.
Une nuance chaude et un grain.
L'odeur de la peau, peut-être.
Mais le grain, oui. Et la chaleur.
La douceur et le grain qui se fusionnent à la chaleur de la cuisse.
La sensation du pénis gonflé, malaxé tendrement, qui se fond à la peau désirée.
La centrale du corps en fonctionnement, pôle (+) et pôle (-) en tension érotique.
Le balancement va cesser.
L'envie de la peau va rester.
Le grain.
La nuance.
La chaleur.
13 novembre 2008
Last waltz (enfin une note de cul)
-
Je la regarde et j’ai le souffle coupé.
C'est pourtant un temps de respiration profonde, un temps pour dénouer les muscles, désaccorder les souffles. Laisser s'évaporer la sueur sur la peau. Manger.
Elle est Africaine, son corps est sculpture.
C’est une déesse qui est allongée nue sur le ventre, devant moi.
La lumière de vingt-cinq bougies coule sur sa peau.
« Je suis belle, ô mortels, et les hommes baissent les yeux devant mon corps de lumière noire. »
C’est un temps de respiration et j’effleure son dos de ma bouche.
J’enveloppe ses épaules déliées de mes mains. Je longe sa taille, ses hanches étroites. Je saisis ses cuisses puissantes. Je laisse glisser un souffle chaud sur ses fesses dures et charnues.
Ma bouche au creux de ses reins, à l’orée de ses fesses.
C’est un temps de respiration et je m’accroupis derrière elle.
Ma langue balaye d’un seul élan son sexe et son anus. Une fois. Puis deux fois. Et trois fois. Maintenant ses reins se tendent. Encore. Je continue, gourmand de ses fluides, de ses chairs intimes et délicates.
Elle glisse sa main sous sa vulve, caresse son clitoris. Ma langue continue à la lécher largement. Je suce ses doigts au passage, j’insiste entre ses fesses.
Elle gémit. Elle se cambre. Elle écarte ses grandes lèvres de ses doigts. Ma langue la fouille, ressort, replonge en elle.
Lancé dans un mouvement perpétuel éperdu je la lèche à haleine perdue, elle geint en flot continu, en crescendo à chaque coup de langue.
Ma queue glisse maintenant entre ses fesses luisantes. Elle pousse vers moi. Je m’enfonce en elle. Tout droit. Sa voix à la fois dans les graves et les aigus. Je ressors, je replonge de ma langue entre ses fesses. Une fois. Deux fois. Trois fois. Je le pénètre de nouveau. Puis m'extirpe. Sa tête ballotte dans tous les sens, ses épaules roulent sous la lumière vacillante.
Je la lèche encore. Et encore j’entre profondément dans ses entrailles, pour de bon. Mes reins brûlent, mes cuisses cuisent, elle feule, elle scande mon prénom my love my love my love oh my love my love my love fuck me fuck me fuck me fuck fuck fuck fuck fuck !! elle crie elle hoquète oh my God OH my GOD !!!! …
Les larmes jaillissent à ce moment-là, comme une digue qui crève.
Elle retombe sur le lit.
“Oh my God...”
Elle cache sa tête dans mon épaule.
Je la serre contre moi. Je caresse sa joue de petite fille.
Elle regarde au ciel, sa poitrine se soulève par spasmes, son ventre palpite encore.
Elle pleure. Deux grosses larmes sous ses longs cils.
Tant de choses libérées en un instant.
La joie. Et la peur de tout perdre. Mêlées elles aussi.
Je la serre contre moi, j’embrasse ses paupières mouillées, tout doucement.
Je ne peux rien faire d’autre.
Rien d’autre que de lui donner de la tendresse.
C’est tout.
Bientôt elle sera repartie. C'était la dernière fois.
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08 novembre 2008
What's on a man's mind
L’athlète black m'avait demandé de l’accompagner au cinéma.
Elle avait choisi le film et il ne me plaisait pas, mais j'avais envie de savoir son corps à coté du mien.
Dans cette salle obscure aux sièges à deux places, elle avait posé sa main sur ma main, elle avait pris mes doigts entre les siens.
Elle m'avait dit « Tom Cruise ne fait pas son âge, il a la peau ferme et tendue, comme toi.
Je m'étais retenu de lui faire remarquer que quelques semaines avant elle me disait que j'avais un beau corps, "pour un homme agé".
La garce (bis repetita).
Elle m’avait expliqué qu’en entretien de recrutement, ses vingt-deux ans et son air doux lui faisaient du tort.
Elle m'avait dit que cela faisait longtemps qu’elle n’a pas fait l’amour avec plusieurs hommes à la fois, depuis le sport études.
Elle s'était aussi demandée à voix haute si elle aurait envie de faire l'amour avec une femme.
Elle m'avait dit qu’elle voulait que ce soit moi qui l’emmène en club échangiste.
J'avais eu l'impression qu'elle avait de plus gros seins encore que d'habitude, ils distendaient son t-shirt blanc.
Elle avait peut-être ses règles.
Nos discutions, elle avait posé sa main sur ma cuisse.
Le soleil dessinait ses épaules, ses biceps ronds et doux.
Elle parlait et je repensais à ces photos que j’avais fait d’elle, à ses reins cambrés, à ses fesses rondes et dures dans lesquelles ma verge allait et venait sous le flash.
Je repensais à son échine renflée de muscles puissants.
Je regardais ses longs cils, son blanc sourire d’africaine.
Je la regardais en face mais mes pensées étaient dans son dos...
Je repensais au plaisir trempé qu’elle prenait quand je la pénétrais de tout mon long.
Je la regardais et son corps dur et souple m'occupait peu à peu jusqu’à m’envahir.
J’avais envie de m’allonger sous elle et de laisser ses seins pendre sur mon visage.
J’avais approché ma main de sa joue.
Elle m'avait dit « Je ne veux pas te perdre, tu sais ? ».
Quelques mois plus tard, elle devait repartir pour les Etats-Unis.
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04 novembre 2008
Le rose et le noir
L’Athlète Black avait bon goût -et moi aussi semblait-il puisqu'elle avait voulu me revoir...
Elle m'avait dit qu'elle devinait que mon corps
était beau, "pour un homme âgé" avait-elle quand même précisé.
La garce.
Cette fois-ci, le rendez-vous que je lui avais fixé était dans ce genre d’hôtel particulier... très particulier où les chambres se louent pour deux ou cinq heures.
Elle me connaissait à peine mais elle avait accepté le rendez-vous. Pourtant nous avions seulement
Elle m’avait raconté le milieu du sport de haut niveau, le niveau de testostérone élevé, les corps qui devaient exulter après l'effort musculaire, la tension qui se relâchait.
J’avais réservé pour nous cette chambre que je connaissais bien, celle avec le lit rond et le miroir au plafond. J’avais apporté des bougies, des cordes, de l’encens, de l'huile... le kit du parfait libertin.
Elle était arrivée avec son
grand sourire, sa dégaine décontractée et sa mine à lui donner le bon dieu sans
confession. Je lui avais fait la bise, nous étions entrés dans l’hôtel, étions
montés dans la chambre à laquelle il fallait accéder par un petit escalier
raide.
Nous avions papoté l’air de
rien pendant que j’allumais la douzaine de bougies qui, dans la chambre
mansardée, allaient rapidement faire monter la température. Elle m’avait dit qu’elle
avait parlé de moi à ses bonnes copines, qu’elle leur avait raconté qu’elle allait
faire l'amour avec un homme presque inconnu dans une chambre d’hôtel. Elles lui avaient dit qu’elle était complètement folle, elle avait répondu qu’elle
était peut-être folle, oui, mais qu'elle était comme ça. Et qu'on ne vivait qu'une fois.
J’avais baissé les lumières et embrassé sa bouche délicieusement charnue, caressé son corps de velours noir, respiré l’odeur de sa peau enduite de monoï, effleuré son ventre plat et dur comme ce caoutchouc dont on fait les balles de squash.
J’avais écarté son string fushia pendant qu’elle fermait les yeux. J’avais longuement découvert son sexe, ses points sensibles, le rose tendre dans l’écrin d’ébène. J’avais doucement gouté son odeur, longé les renflements de sa chair de la pointe de ma langue, lappé les premières sécrétions d’excitation qui sourdaient à l’orée de son con.
J’avais plongé entre ses
cuisses, je m'étais régalé de son jeune vagin, de la saveur nouvelle, de ses soupirs de plus en plus profonds. Je l'avais dégustée comme un dessert, d'abord curieux puis gourmand, puis morfale...
Elle avait poussé un cri, puis deux, puis une série de halètements pendant que, relevant un instant les yeux, je voyais ses seins se soulever et bondir à chaque inspiration... Elle avait fini par jouir dans ma bouche avec un grand soupir.
Une minute plus tard elle s'était relevée en s'appuyant sur les coudes, elle m'observait tandis que j'avais encore la tête posée entre ses cuisses. Il y avait dans son regard une expression indéfinissable, quelque chose entre l'étonnement et l'incrédulité. Et puis autre chose que je ne savais pas définir.
Elle avait tendu sa main vers moi, passé sa main dans mes cheveux et m'avait dit... "Tu veux prendre mon cul ?"
26 octobre 2008
Back to black
Je suis un puits à souvenirs érotiques.
Parfois j’effleure juste la
surface de ma mémoire, un souffle qui ride à peine l’eau, parfois je recueille les minuscules vagues concentriques qui partent du centre alors même qu'elles n'ont pas atteint le bord.
On pourrait penser que l’eau a
tellement été brassée qu’elle n’a plus rien à rendre, qu’elle est débarrassée
de son oxygène, eau pétillante devenue eau lourde... il n'en n'est rien.
Tout à l’heure, je
marchais dans la silhouette de la grande église. Il y a dû avoir l’odeur
des arbres, un peu de gazon quelque part, la rumeur de la circulation étouffée
au loin.
Je l’avais aperçue dans ce joli parc moderne près du cour Saint Emilion, à coté de Bercy. Elle était assise à coté d’un
bassin où il y avait des carpes du Japon à qui elle donnait du pain. Nous avions discuté pendant un moment, d’abord debout, puis assis, puis allongés côte à côte sur le gazon.
Elle m’avait raconté sa vie déjà
bien chargée pour une fille de vingt-deux ans, sa mère biologique qui l’avait
« donnée » à une tante en France, sa pratique du sport de haut niveau,
sa vie aux USA et son retour en France pour quelques mois. Elle avait ajouté qu’elle ne racontait pas tout ça
d’habitude, et il y avait dans cette phrase une intention que j'avais bien perçue...
Je lui avait proposé de dîner
avec moi quelques jours plus tard.
Le soir dit, elle était habillée tout en noir. Sa silhouette était parfaitement dessinée sous des vêtements pourtant confortables, elle avait des baskets à la dernière mode données par son équipementier et une poitrine très disproportionnée par rapport à son gabarit...
Elle savait ce qu’elle voulait.
Elle ne voulait pas que je
m’asseye en face d’elle mais à coté.
Elle voulait des nachos.
Elle voulait savoir pourquoi j’aimais les filles beaucoup plus jeunes que moi.
Elle ne voulait pas d’alcool.
Elle voulait savoir si j’étais
déjà sorti avec une Africaine.
Elle voulait un Coca Light avec beaucoup de glaçons.
Elle voulait aller marcher
dehors à la fin du repas.
J’avais réglé l'addition sans qu'elle fasse semblant de vouloir la partager. Elle était sortie en
passant la première.
Je l'avais suivie, nous avions marché sur le
trottoir puis dans l’herbe.
Au bout d’un moment elle s’est rapprochée de moi et a glissé ses doigts entre les boutons de ma braguette comme si c'était la chose la plus naturelle à faire. J’ai senti ses ongles sur mon prépuce, dans les poils de mon pubis. Elle m'a déboutonné et immédiatement j’ai ressenti la chaleur de sa bouche, la douceur de ses lèvres charnues dans l’air encore incertain du mois de juin.
A quelques dizaines de mètres les voitures passaient, au loin une silhouette marchait avec l'air de ne pas savoir où elle voulait aller.
Elle m’a sucé avec autant de
tranquillité et de détermination qu’elle avait mené cette soirée, je voyais son profil se découper sur ce gris orangé qu’a le ciel
nocturne de Paris. J’ai tenté de glisser ma main dans son jeans taille basse qui
laissait entrevoir un bout de string rose, mais elle ne
voulait pas spécialement que je la caresse, elle voulait juste me sucer.
J’ai gonflé dans sa bouche,
gonflé et palpité, j’ai soupiré à voix basse, j’ai contracté mon ventre et mes fesses et puis j’ai joui, d’un long trait sur sa langue.
Elle a avalé sans gloutonnerie surjouée ni précipitation, elle a avalé et puis elle m’a regardé, menton posé sur ma poitrine, yeux attentifs et sereins sous de longs cils recourbés.
Elle venait de faire tomber un petit diamant noir sur l'eau sombre de ma mémoire, une goutte d'éros à regarder avec nostalgie plus tard, beaucoup plus tard, quand la
chair serait triste et que je n’aurais plus envie de lire tous les livres...
Elle était la fille qui
m’avait pris et fait jouir dans sa bouche au sortir du restaurant, sur un carré de gazon, au premier rendez-vous.
Elle était l’Athlète black, à la peau de satin.
01 octobre 2008
SOS Cunni
Ce jour-là, j'ouvris ma boîte mail. Le message tenait en deux lignes :
"Cher ami, j'ai très envie d'un cunnilingus entre midi et deux, cela serait-il dans tes cordes ?"
Ca l'était. Je lui répondis que je la retrouverais deux heures plus tard dans cet hôtel dont j'étais familier et qui était tenu par une vieille dame charmante qui avait dû régenter un boxon dans les années cinquante.
La femme que j'allais lécher derechef ne ressemblait
pas à celles qui m'attiraient généralement. Je les aimais jeunes, elle
avait presque mon âge et était mère de deux enfants. Je les aimais un
peu artistes, marginales et névrosées, elle était cadre dans une
multinationale. Je les aimais vaginales, elle était clitoridienne.
Quand
je la rejoignis, elle m'expliqua qu'elle avait un entretien avec un
chasseur de têtes en fin de journée. Je supposai qu'elle attendait de
moi la poussée d'hormones sexuelles qui avive le teint, stimule les
neurones et met un sourire sur les lèvres. J'étais son marchepied vers
de plus hautes sphères manageriales, une sorte de promotion canapé à
l'envers où c'était l'anonyme qui faisait monter la boss en grade...
Le jeune homme qui nous fit entrer dans la chambre me dit avec un petit sourire de ne pas m'inquiéter, qu'il n'allait pas rester. L'espace d'un instant je me demandai si je n'allais pas lui proposer de se joindre à nous. Mais un cinq à sept, même entre midi et deux, laisse peu de temps pour les fioritures...
Elle se dévêtit efficacement, une jupe de tailleur glissant beaucoup plus vite sur les hanches qu'un jean... Elle portait des bas sans porte-jarretelles ainsi qu'une lingerie avec des transparences judicieusement placées, dont une qui me faisait largement voir la fente de son cul.
Je lui expliquai que je voulais qu'elle soit putassière avec moi.
"Putassière", c'était le mot que j'employai. J'aimais comme il butait sur mes lèvres à la sortie, comme il sifflait entre mes dents.
"Putassière".
Je vis que le mot faisait comme une petite zébrure dans sa tête, comme une lanière de martinet sur son dos.
Elle enchérit. Elle m'expliqua en se tournant lentement devant le miroir Rococo qu'elle s'était conduite comme une salope en début de semaine. Qu'elle était allée dans un de ces lieux impurs où elle s'était faite baiser par plusieurs hommes, à la chaîne où en même temps.
Elle avait été une sacrée salope et elle me demandait de la confirmer dans cette conviction. Elle avait été une sacrée petite salope et elle ondulait son cul devant mon visage pour que j'en sois bien persuadé.
Je lui donnai l'ordre de s'agenouiller entre mes jambes, de prendre ma queue dans sa bouche et de me sucer comme celle qu'elle me disait être et avoir été.
Elle me suça. Je lui parlais pendant ce temps, je lui disais que j'aimais durcir dans sa bouche. Je bandais tandis qu'elle me léchait doucement, tout en me racontant -la bouche pleine- qu'un de ses partenaires du début de la semaine lui avait dit qu'elle n'était pas très bonne à cet exercice. Je lui assurai que rien ne valait la pratique...
Elle était à présent montée sur le lit et je lui intimai d'écarter largement les cuisses. Elle hésita un instant, si bien que je dus répéter mon instruction. Je descendis entre ses jambes pour la lécher. Elle m'avait un jour expliqué qu'on voyait la différence entre un jeune amant et un homme plus expérimenté à la qualité du cunnilingus, et j'avais bien l'intention de ne pas me classer parmi les novices.
Elle n'était pas sentimentale, elle était pragmatique. Elle m'indiqua qu'elle voulait que je vienne sur elle, en 69. Je frottais ma queue sur son visage, essuyant le sperme qui perlait à mon gland sur ses joues, quand je sentis ses mains appuyer sur mes fesses pour les inciter à descendre plus bas. Elle voulait que je lui baise la bouche.
Je la pilonnai par des coups de reins vifs et secs, cherchant la gorge, guettant la suffocation. Elle ne suffoqua pas. Bien au contraire elle jouit joliment tandis que je la léchai d'abondance, presque en même temps que moi.
Il était temps de se rhabiller. Je remis mon costume, elle remit son tailleur. Nous sortîmes de l'hôtel, le sourire aux lèvres.
A la fin de la journée elle irait se vendre face à un chasseur de têtes qui, peut-être, rêvasserait à ses jambes en l'interviewant. Un type entre deux âges qui banderait mollement en imaginant sans vraiment y croire qu'elle porte des bas et une lingerie transparente et qui ne saurait jamais que, dans l'entrejambe de sa candidate, subsistait la salive d'un homme qui n'était pas, mais alors pas du tout son mari...