Mes mots random...

Graphomanie, polygamie et tutti quanti...

01 octobre 2008

SOS Cunni

Ce jour-là, j'ouvris ma boîte mail. Le message tenait en deux lignes :

"Cher ami,  j'ai très envie d'un cunnilingus entre midi et deux, cela serait-il dans tes cordes ?"

Ca l'était. Je lui répondis que je la retrouverais deux heures plus tard dans cet hôtel dont j'étais  familier et qui était tenu par une vieille dame charmante qui avait dû régenter un boxon dans les années cinquante.

La femme que j'allais lécher derechef ne ressemblait pas à celles qui m'attiraient généralement. Je les aimais jeunes, elle avait presque mon âge et était mère de deux enfants. Je les aimais un peu artistes, marginales et névrosées, elle était cadre dans une multinationale. Je les aimais vaginales, elle était clitoridienne.

Quand je la rejoignis, elle m'expliqua qu'elle avait un entretien avec un chasseur de têtes en fin de journée. Je supposai qu'elle attendait de moi la poussée d'hormones sexuelles qui  avive le teint, stimule les neurones et met un sourire sur les lèvres. J'étais son marchepied vers de plus hautes sphères manageriales, une sorte de promotion canapé à l'envers où c'était l'anonyme qui faisait monter la boss en grade...

Le jeune homme qui nous fit entrer dans la chambre me dit avec un petit sourire de ne pas m'inquiéter, qu'il n'allait pas rester. L'espace d'un instant je me demandai si je n'allais pas lui proposer de se joindre à nous. Mais un cinq à sept, même entre midi et deux, laisse peu de temps pour les fioritures...

Elle se dévêtit efficacement, une jupe de tailleur glissant beaucoup plus vite sur les hanches qu'un jean... Elle portait des bas sans porte-jarretelles ainsi qu'une lingerie avec des transparences judicieusement placées, dont une qui me faisait largement voir la fente de son cul.

Je lui expliquai que je voulais qu'elle soit putassière avec moi.

"Putassière", c'était le mot que j'employai. J'aimais comme il butait sur mes lèvres à la sortie, comme il sifflait entre mes dents.

"Putassière".

Je vis que le mot faisait comme une petite zébrure dans sa tête, comme une lanière de martinet sur son dos.

Elle enchérit. Elle m'expliqua en se tournant lentement devant le miroir Rococo qu'elle s'était conduite comme une salope en début de semaine. Qu'elle était allée dans un de ces lieux impurs où elle s'était faite baiser par plusieurs hommes, à la chaîne où en même temps.

Elle avait été une sacrée salope et elle me demandait de la confirmer dans cette conviction. Elle avait été une sacrée petite salope et elle ondulait son cul devant mon visage pour que j'en sois bien persuadé.

Je lui donnai l'ordre de s'agenouiller entre mes jambes, de prendre ma queue dans sa bouche et de me sucer comme celle qu'elle me disait être et avoir été.

Elle me suça. Je lui parlais pendant ce temps, je lui disais que j'aimais durcir dans sa bouche. Je bandais tandis qu'elle me léchait doucement, tout en me racontant -la bouche pleine- qu'un de ses partenaires du début de la semaine lui avait dit qu'elle n'était pas très bonne à cet exercice. Je lui assurai que rien ne valait la pratique...

Elle était à présent montée sur le lit et je lui intimai d'écarter largement les cuisses. Elle hésita un instant, si bien que je dus répéter mon instruction. Je descendis entre ses jambes pour la lécher. Elle m'avait un jour expliqué qu'on voyait la différence entre un jeune amant et un homme plus expérimenté à la qualité du cunnilingus et j'avais bien l'intention de ne pas me classer parmi les novices.

Elle n'était pas sentimentale, elle était pragmatique. Elle m'indiqua qu'elle voulait que je vienne sur elle, en 69. Je frottais ma queue sur son visage, essuyant le sperme qui perlait à mon gland sur ses joues, quand je sentis ses mains appuyer sur mes fesses pour les inciter à descendre plus bas. Elle voulait que je lui baise la bouche.

Je la pilonnai par des coups de reins vifs et secs, cherchant la gorge, guettant la suffocation. Elle ne suffoqua pas. Bien au contraire elle jouit joliment tandis que je la léchai d'abondance, presque en même temps que moi.

Il était temps de se rhabiller. Je remis mon costume, elle remit son tailleur. Nous sortîmes de l'hôtel, le sourire aux lèvres.

A la fin de la journée elle irait se vendre face à un chasseur de têtes qui, peut-être, rêvasserait à ses jambes en l'interviewant. Un type entre deux âges qui banderait mollement en imaginant sans vraiment y croire qu'elle porte des bas et une lingerie transparente et qui ne saurait jamais que, dans l'entrejambe de sa candidate, subsistait la salive d'un homme qui n'était pas, mais alors pas du tout son mari...

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26 septembre 2008

Architecture et luxure

Laëtitia avait une silhouette de mannequin de chez Aubade.


Elle était hôtesse de l'air et elle passait son temps de récupération à faire de l'aqua-gym. Elle m'avait elle-même raconté cette blague de compagnie aérienne qui disait qu'une hôtesse de l'air était comme une station à essence : super des pieds jusqu'au cou, ordinaire du cou jusqu'aux sourcils et... sans-plomb au-dessus.


Force me fut d'admettre qu'il y avait du vrai là-dedans.


Je l'avais rencontrée en Guadeloupe et très vite nous avions polissonné sous le soleil, sous les palmiers, sous l’eau et finalement dans mon lit, un soir où s'y trouvait pourtant déjà une monitrice du club de plongée…


Nous étions restés en contact après nos retours respectifs en Métropole, elle habitait Montpellier et montait régulièrement à Paris pour embarquer. Un jour je l'avais emmenée au Musée du Jeu de Paume pour une exposition consacrée à l’architecte Brésilien Oscar Niemeyer.


Dans ce grand bâtiment trompeur dont l’extérieur est d’un XVIIIe siècle tout à fait classique mais l’intérieur d’un rigorisme tout « Lecorbusien », nous avions trouvé des gradins où nous asseoir pour visionner un petit film, tout en haut des marches.


Le Portugais tel qu’on le chante au Brésil est extrêmement érotique... Après une interview de Carlos Jobim, j’avais glissé ma main dans son dos tout en feignant de m’intéresser à ce qui se passait sur l’écran où des buildings se dressaient avec énergie. Puis sans prévenir j’avais fait sauter l’agrafe de son soutien-gorge. Elle avait lâché un petit cri immédiatement réprimé. Ses seins, eux, n’étaient plus réprimés du tout et flottaient librement dans son pull en mohair, que je voyais maintenant nettement plus distendu…


Ravi, je la laissai comme cela tandis qu'elle m'incendiait d'un regard au napalm. Puis je m'assis derrière elle sur le gradin supérieur, lui laissant penser que j’allais l'aider à se rajuster.


Je caressai son visage, son cou, son dos et alors qu’elle se laissait un peu aller en arrière je saisis ses seins à pleines mains. Elle sursauta, mais elle était coincée entre mes jambes. Je léchai doucement son cou en caressant doucement ses mamelons sous la laine. Elle se débattait un peu mais je sentais son corps s’abandonner un peu plus à chaque expiration. Je continuai, sentis son dos se redresser, ses reins se tendre, sa bouche basculer en arrière vers ma bouche. Je faisais durer le plaisir, alternant caresses, coups de langue et instants de répits...


Entre-temps, le film s'était achevé. Le dernier spectateur venait de partir et les gradins étaient vides. Je fis mine de me lever moi aussi et elle en fit autant. Arrivé en bas des degrés, je la poussai sans prévenir contre un poteau. Elle s'y appuya pour reprendre son équilibre et je me collai contre ses fesses, appuyant une main sur son dos et remontant sa jupe de l'autre. Cette fois-ci elle se débattait vraiment, chuchotait des « non ! » véhéments. Trop tard. Ma main droite s’était glissée sous la bande de son string. Deux de mes doigts étaient en elle -trempée, la petite hypocrite !-. Des gens pouvaient venir à chaque seconde, j’écartai ses petites lèvres avec mes doigts, juste pour lui agacer le clitoris. J’avais une envie de jouir invraisemblable mais je rabaissai sa jupe et léchai mes doigts glissants tout en soutenant son regard.


La visite pouvait reprendre...

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30 juin 2008

Petit guide de la vie heureuse - chapitre 5 et fin : Pleurer en regardant la mer

Mes yeux sont usés. Vingt ans à porter des lentilles ont transformé ma cornée en une joue de jeune pucelle s'effarouchant au moindre contact.

C'était donc avec une vague crainte que je l'avais accompagnée pour cette dernière journée venteuse au bord de la mer. Nous avions dépassé la zone des grandes maisons balnéaires, nous exposant au souffle vivace charriant des milliers de grains de sable aux contours aigus.

Nous avions flâné, elle les pieds dans l'eau et moi sur le sec jusqu'à cette petite anse de sable entre deux dunes. J'avais gardé les yeux vers le sol, relevant de temps en temps la tête pour me réjouir de son sourire.

Nous avions posé nos manteaux de citadins et nous étions allongés dessus, elle le visage tourné vers la mer, moi dos au vent, paupières crispées tandis que de petites aiguilles s'y infiltraient par en-dessous. Le vent soufflait par intermittence, les dunes ne nous protégeaient de rien. Elle regardait la mer, le vent faisait battre ses cheveux. Et de mes yeux coulaient déjà deux petits filets d'eau salée qui, s'ils continuaient, allaient rejoindre leur mer patrie.

J'étais tapi derrière son corps en chien de fusil qui me faisait un rempart. Le vent poussait du sable dans mes cheveux, dans mes oreilles, entre mes dents. Je relevai la tête et regardai vers l'horizon dont je ne vis soudain plus rien que la courbe de ses hanches, ses cuisses nues et sa jupe relevée pour m'offrir la bande sombre de son string.

Je pressai mon pouce contre le tissu. Elle ne dit mot et, donc, consentit. Je pressai encore puis imprimai à mon pouce un mouvement d'aller et retour. Je sentis l'imperceptible façon dont ses fesses s'appuyaient contre mon doigt. Non loin de nous, des gens passaient. Des couples de tous âges, dames avec des cheveux blonds emmêlés, messieurs avec une casquette et des lunettes de soleil. J'avais écarté le string sur le coté et mon pouce avait plongé en elle, toujours animé du même mouvement, aller et retour, rotation, aller et retour...

Je la branlai avec un, puis deux doigts. Mes yeux déversaient leurs larmes tandis que son sexe perlait. Il y eu de nombreux passages de badaux, jeunes et vieux jusqu'à ce que je cesse, poignet endolori, n'ayant finalement pu lui inspirer que de profonds soupirs.

Elle rajusta son string, je me redressai. Elle vint s'accroupir derrière moi, appuyée contre mon dos, menton posé sur mon épaule. Ma main caressa presque par automatisme ses cuisses tandis qu'elle me parlait. Puis mes doigts furent à nouveau en elle, pressant son clitoris, allant et venant dans un pianotage nerveux. Elle n'était pas femme à renoncer à un orgasme et cette fois-ci elle jouit, sa voix étouffée dans mon pull bleu ciel, face à la mer et aux quelques passants.

Elle me dit plus tard que la vague de son plaisir était venue en pensant que j'aurais pu l'emmener dans les dunes et la prendre dans le sable et l'odeur de l'eau, dans le vent et le bruit de la mer et la possibilité d'une arrivée impromptue.

Presque aveugle à présent, regard noyé dans les larmes et le pus suintant de ma cornée à vif, je la suppliai de retourner à la voiture. Elle guida son Ray Charles érotomane, lunettes noires et mains encore parfumées entre les baigneurs. Je plaisantai sur nos vieux jours à venir, moi grabataire avec elle beaucoup plus jeune et cette idée m'aurait tiré des larmes si elles n'avaient pas déjà été dans mes yeux...

Nous fûmes enfin dans la voiture où une ampoule de collyre m'attendait comme une fiole d'eau de Lourdes un paralytique. Tête levée vers le ciel, les première gouttes tombèrent enfin sur ma rétine. Ce fut le début de la délivrance. Le liquide chassa les principales scories, s'insinua sous mes paupières en ondes bienfaisantes, nettoya la plupart des grains, en laissa tout de même assez pour que le souvenir m'en reste plusieurs jours...

Il reste toujours des grains de sable une fois que l'on rentre du bord de mer.

Dans chaque poche, entre chaque page de livre, autour de chaque bouton-pression ou dans un vagin qu'on embrasse tendrement au petit matin d'un baiser au goût de sel et qu'on gobe tel une huître pendant un mois en "R".

Les grains de sable s'infiltrent partout.

Dans chaque pli de notre peau, dans chaque recoin de notre mémoire.

Ils s'infiltrent. Et parfois ils restent pour toujours.

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25 juin 2008

Petit guide de la vie heureuse - chap 4 : Balnéothérapie

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Ma ceinture en cuir sentait la chatte.

En fait, ma peau tout entière sentait la chatte, la sienne devait sentir la queue, nos corps devaient poisser quelque peu et j'avais fait couler un bain. J'étais rentré le premier dans la baignoire, je m'étais laissé aller à la sensation de l'apesanteur, des vertèbres qui se remettent dans l'alignement du corps, des poils qui se hérissent. Puis je l'avais regardée entrer nue dans la pièce, j'avais admiré son corps comme je n'ai jamais cessé de le faire depuis que nous nous aimons. J'avais manoeuvré pour lui faire de la place et elle était entrée dans l'eau. Nous avions cafouillé nos jambes et nos mollets, noué et dénoué nos abattis et finalement trouvé nos positions, face à face et presque imbriqués l'un dans l'autre.

Je ne sais pas pourquoi le bain a toujours été quelque chose d'érotique pour moi. Pourquoi je n'ai jamais pu me glisser dans l'eau chaude sans m'y engloutir jusqu'au cou et sans manoeuvrer le robinet mitigeur du bout de l'orteil pour rajouter de l'eau brûlante jusqu'à ce que la chaleur soit à la limite du supportable. Et pourquoi je n'ai jamais pu m'empêcher de me branler dans le bain. Oh pas nécessairement jusqu'à la jouissance (le sperme qui flotte a la désagréable habitude de s'engluer dans chaque poil du corps) mais juste pour faire communier la chaleur de l'eau et celle du corps.

Nous parlions à présent et tout en l'écoutant je caressais doucement mon sexe, je le faisais renfler et gonfler puis je le laissais revenir au repos. Sa vulve lisse était à portée immédiate de ma main et c'est tout naturellement que j'ai fait rouler son clitoris sous mon pouce. Je suppose que la chaleur dans son ventre a cru elle aussi puisque mon sexe s'est poussé vers le sien et qu'il s'est frayé un chemin à l'intérieur d'elle, tronc d'arbre en torticolis, racine torse comme la mandragore qui pousse au pied des pendus et qu'il a commencé à aller et à venir en elle, trempant alternativement dans l'eau du bain et dans le liquide qui baignait l'orée de son ventre.

L'eau a commencé à clapoter dans un ressac nerveux et régulier, les vaguelettes nées de nos corps tétaniques ont claqué contre les parois de fausse faïence.

Et puis l'eau a tapé fort contre les parois de la baignoire, a résonné dans la pièce blanche, a tapé tellement que les propriétaires allaient arriver, inquiets d'un probable dégât des eaux, tellement qu'elle allait passer par-dessus bord et recouvrir le carrelage, qu'elle allait inonder le sol comme je voulais que sa mouille inonde ma queue et qu'elle poisse les poils de mon pubis et qu'elle m'englue de la tête aux pieds, moi en sacrificié ultime de mon désir d'elle, moi en proie prédigérée dans le mucus de sa chatte adorée.

Très vite elle a joui sur mon empalement imparfait, sur ma queue en luxation.

Puis le silence est revenu.

L'eau oscillait sous nos respirations rapides et profondes.

 

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16 juin 2008

Petit guide de la vie heureuse - Chapitre 3 : cinq fruits et légumes par jour

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Nous avions fait halte dans une superette, ayant prévu un dîner frugal après le copieux petit-déjeuner et le tajine. Nous avions acheté des pêches, des abricots et des bananes. Dans la voiture stationnée nous nous étions embrassé à pleine bouche, envie de nos peaux, de nos muqueuses affolées, de notre salive et de nos fluides en général. Nous avions gravi rapidement les marches, moi reluquant tel un loup lubrique ses jambes sous la robe légère. Essoufflés, nous nous étions jeté sur le lit, elle s'était mise à plat ventre et avait relevé les fesses vers moi. J'avais mordu dedans, j'avais léché la fente et plongé ma langue dans son jus, mammifère fructivore lâché au milieu d'un affolant verger. J'avais saisi une des bananes dans son papier kraft, avais hésité un instant sur l'idée de la peler ou non. J'avais coupé la queue d'une dent déterminée, entendu le craquement de la peau sous la courbure que je lui imposais, puis la fibre avait éclaté en une fente et le fruit s'était enfin révélé. J'avais partiellement laissé la banane dans sa pelure et je l'avais enfoncée doucement dans son sexe baveux d'impatience. J'avais craint que le fruit, un peu trop mûr, ne se casse mais elle avait arqué ses reins de telle façon qu'il pénètre tout droit en elle sans aucun obstacle pour freiner sa course. A quelques centimètres de sa croupe, j'avais observé l'ogive d'ivoire entrer dans son vagin, provoquant une légère mousse que je léchai aussitôt. Je poussai encore et le fruit finit par buter sur la pelure. Je le retirai doucement, prenant soin de ne pas le casser. Je le dégageai alors totalement de son enveloppe et l'enfonçai presque totalement en elle. Je voyais ses hanches onduler en vagues d'amplitudes croissantes tandis que je faisais aller et venir la banane et que ses petits cris montaient dans un registre aigu qu'elle ne prenait pas souvent. Il fallait trouver le compromis entre le rythme qui lui donnerait du plaisir et les implacables lois de la physique : j'imaginais qu'elle pourrait soudain resserrer le vagin comme elle le faisait parfois et sectionner le fruit tel un coupe-cigare. Je crois qu'elle jouit, sans doute plus à l'idée de ce que je lui faisais que réellement par le plaisir que la chose lui donnait. Je ressortis précautionneusement la banane, craignant de la casser et d'avoir à expliquer à un urgentiste qu'il fallait nous aider à récupérer quelque chose... La banane était sortie, gluante, et j'en mangeai aussitôt la moitié avec délectation. Je lui donnai l'autre moitié qu'elle avala tandis que je lui fourrais aussi mes doigts dans la bouche. Je pensai que dans un instant nous allions cesser d'être végétariens et qu'elle allait devoir se mettre à un régime carné plus substantiel...

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13 juin 2008

Petit guide de la vie heureuse - Chap. 2 : l'aromathérapie

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Nous étions partis vers midi passer la journée au bord de la mer.

Pendant le trajet j’avais observé que je sentais une odeur de plastique sur mes doigts. Elle m'avait expliqué que c’était l’odeur du volant de la voiture de location, qui était neuve. Je m’étais agacé de ne pas y avoir pensé moi-même.

Nous avions déjeuné d’un tajine dans un petit restaurant désert et j’avais fait remarquer que la jeune serveuse Maghrébine avait de gros seins sous son t-shirt marqué « Trop cool »... Nous avions discuté de ce qu’étaient des gros seins et des seins « normaux ». Elle m’avait soutenu qu’elle-même n’avait pas de gros seins et j’avais pensé qu'après tout, peu importait la définition...

Nous étions sortis du restaurant au moment où le soleil perçait enfin, avions marché longtemps sur le sable humide, moi avec le bas du pantalon relevé, elle avec ses jambes nues et le vent qui tourbillonnait sous sa robe. Elle m’avait montré l’endroit où elle avait passé des vacances en famille, l’établissement de thalasso... Nous avions acheté les extraordinaires chocolats en nous disant "vous" devant l'oeil amusé des vendeuses puis, la fatigue du bord de mer venant, nous avions décidé de rentrer.

Je ne sais plus à quel moment du trajet j’ai posé ma main haut sur sa cuisse, presque à la jonction avec l’aine. Mais je me souviens avoir senti la chaleur de sa peau au travers de sa robe. Je l’ai caressée doucement. J’ai finalement glissé ma main vers son genou et, lentement, j’ai relevé sa robe. Tout en conduisant j’ai effleuré son string noir. Elle a écarté plus largement les jambes puis a repoussé elle-même sur le coté la fine barrière de tissu qui faisait obstacle. Mes doigts ont effleuré sa chair tendre, ont pénétré délicatement dans sa moiteur. Nous roulions toujours et elle avait la tête en arrière et les yeux mi-clos. Elle gémissait par moments, et par moments elle resserrait les jambes quand nous croisions une autre voiture. Je lui assurai que personne ne pouvait la voir ainsi, et c’était malheureusement vrai…

Plus que jamais je maudissais cette manie de construire des ronds-points partout. Il me fallait à chaque fois rétrograder, manipuler le volant et ensuite revenir à ma caresse interrompue. Elle me fit remarquer que le prochain locataire de la voiture allait avoir une drôle d’odeur sur les mains, lui... Je pensai que s’il avait fait nuit, je lui aurais suggéré de se donner du plaisir avec le pommeau du levier de vitesse. Pour le coup le prochain conducteur en aurait eu pour son argent.

Je léchai mes doigts qui étaient, juste auparavant, à l'orée de son sexe et les passai sur ma bouche. Ce goût sur mes lèvres, c’était elle, sa trace la plus intime. Cette fragrance, c'était celle que j’aimais garder sous mes ongles ou sur tout le corps après que nous ayons fait l’amour. C’était la signature de son désir pour moi. A nulle autre pareille.

Mon parfum préféré.

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10 juin 2008

Petit guide de la vie heureuse - Chapitre 1 : se retrouver

 

Nous avions roulé pendant trois heures, bavardant du boulot, des gens que nous connaissions, de l'itinéraire à prendre. Elle m’avait fait sourire en désignant les éoliennes blanches comme "mes petites protégées". Nous étions arrivés à destination, nous avions posé nos bagages et pris possession du salon, de la grande salle de bains, des placards et de la terrasse. Je m’étais assis sur le canapé en cuir, elle s’y était allongée en posant sa tête sur mes genoux. J’avais caressé doucement ses cheveux, son visage, son cou. Nous nous étions dit notre plaisir d’être là, si proches de la mer qu'elle aime tant et si loin de tout le reste. Le désir d’elle est venu vite, peut-être enfanté par l’endroit, peut-être par cette situation de couple ordinaire qui nous était si extraordinaire. Il y avait une douce harmonie entre nous, le calme de la grande suite meublée avec goût, la lumière du jour encore vivace par les baies vitrées, la maison de l’autre coté de la route dans la pinède et les transats sur la terrasse. Je sentais mon envie dessiner un renflement de plus en plus affirmé sous le coton noir délavé. De rares oiseaux gazouillaient encore, les ombres s’allongeaient déjà. Le moment était parfait, il n’aurait fallu rien changer. Juste continuer à caresser ses longs cheveux, à laisser courir mes doigts sur ses pommettes. Il n’aurait fallu rien changer. Et puis j’ai pensé qu’elle était ce qu’elle était, alors j’ai su que je pouvais tirer sur ma ceinture qui s’est desserrée dans un cliquetis. J’ai glissé mon pouce dans la braguette à boutons et je les ai fait sauter un à un dans un bruit doux. J’ai dégagé mon sexe et en quelques caresses je l’ai dressé jusqu’à ce que le gland touche mon nombril. Et comme elle est ce qu’elle est, elle s’est retournée sur le canapé et m'a accueilli dans sa bouche, comme si elle ne faisait rien d'autre que poursuivre notre conversation. J’ai repoussé des mèches de ses cheveux sur son oreille pour voir sa bouche aller et venir. Dans la grande chambre il n’y avait plus que le bruit de sa bouche qui salivait et ma respiration alternativement rauque. Elle me suçait en poussant ses lèvres jusqu’à mes bourses. Elle accélérait déjà le rythme de sa caresse pour me faire jouir mais je savais que je ne me laisserais pas faire, que tout à l’heure je l'interromprais pour la prendre sur le canapé et que cette première pénétration serait comme une révélation, que la chaleur de son ventre me serait aussi bouleversante qu’un baiser sur sa bouche qui m’émeut plus qu’aucune autre, qu’elle pousserait un petit cri aspiré quand j’entrerais lentement dans son corps et qu’ensuite nous serions un comme nous seuls pouvons l’être, une chair, un sang. Un amour.

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21 mai 2008

Petit meurtre entre amants

Elle a raison : si elle veut me faire bander, elle n'a rien d'autre à faire que m'embrasser.

C'est ainsi. Ses lèvres contre les miennes m'excitent plus que sa bouche autour de mon gland, que sa salive qui coule le long de ma hampe.

Je l'embrasse. 

Je joue à effleurer sa bouche mais très vite je mords dans la pulpe tendre.

Je sens la chair renflée s'écraser doucement entre mes incisives, rouler un instant sous ma tenaille carnivore.

Je relâche lentement ma prise, juste assez pour la laisser s'échapper sans la blesser.

Puis la main sur sa nuque, les doigts en griffes taquines sur la base de son crâne, je l'attire de nouveau.

Animal affolé par la promesse du festin, je dois me retenir pour ne pas planter mes crocs et déchiqueter son baiser en gouttelettes sanguinolentes.

Au lieu de cela je joue de mes lèvres et de la pointe des dents. Et je relâche encore, comme pris en faute, comme coupable de mon propre désir.

Comme à chaque fois, c'est l'ivresse d'une autre chair qui me vient, d'une plus tendre, d'une plus douce, d'une encore plus moite.

Je me goinfre de sa bouche comme je me régalerais de sa chatte, avec une intense complaisance, avec une gourmandise sans vergogne.

Je l'embrasse comme je la lèche, cannibale enivré de ses sucs et de ses muqueuses, anthropophage amoureux de ses tripes, affamé de son corps.

Jamais repu.

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16 février 2008

Profondeur

Elle a employé un mot bizarre comme elle le fait parfois et que je me rappelle que le français n'est pas tout à fait sa langue maternelle.

En fait elle a dit que notre amour était intrusif.

Intrusif.

Cela me plaît que les mots pour dire notre amour ne soient pas banals, même si c'est juste elle qui les dit et si c'est juste moi qui suis là pour les croire.

Intrusif.

J'aime ce mot formé comme une chimère, ce mot qui naît dans l'esprit de cette femme capable de rêver inlassablement à la corde qui mordra ses chairs les plus tendres.

Et j'aime cet amour qui coule dans nos interstices comme du liquide entre les pierres.

Intrusif.

J'aime cet amour qui ne laisse aucune terre vierge dans nos corps, qui fouille de ses doigts tendres les tripes de nos têtes et de nos coeurs, qui lèche de sa langue avide les saletés sacrées de nos corps.

J'aime cet amour intrusif, ce lent viol.

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10 janvier 2008

Folle audace

La séparation prolongée de nos corps avait fait des dégats.

Elle ne me désirait plus. Sa libido était au plus bas. Elle demandait de la nouveauté.

Nous nous sommes embrassé, étreints.

Elle a eu ce geste étonnant, indécent, presque choquant...

Elle a éteint la lumière.

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