28 novembre 2008
Exhibition
J'ai connu les boîtes échangistes.
J'ai connu les hôtels où l'on loue les chambres à l'heure.
J'ai connu les sex-shops, les peep-shows, les cinémas pornos.
J'ai connu les allées du bois de Boulogne.
J'ai connu presque tous les lieux obscurs, les temples érigés au plaisir masculin.
J'ai connu tous ces lieux. Tous, sauf peut-être les bordels.
J'ai connu tout cela, mais rien, rien vraiment n'égalera le pouvoir érotique de ce lieu si particulier...
Le musée.
Rien n'égalera ni même n'approchera ces grandes salles aux murs blancs où les profils se détachent si parfaitement. Ce silence d'église, à peine troublé de quelques chuchotements.
Les femmes dans les musées sont belles, avec un regard perdu en contemplation. Leurs tenues sont étudiées et
leurs couleurs s'assortissent avec grâce et parfois hardiesse. Elles sont souvent minces,
graciles, leurs pas sont légers. Quand elles ne sont pas jeunes, elles
ont gardé quelque chose de profondément élégant, un regard clair, une
allure. Une intelligence.
Les femmes dans les musées ont l'air vulnérable. Absorbées par la contemplation des oeuvres, elles oublient d'être sur leurs gardes. Les femmes dans les musées ne prennent pas de pose, leur visage est légèrement penché, légèrement levé. Leurs yeux sont ailleurs. Leur corps est en équilibre instable et parfois elles vacillent légèrement. Les femmes dans les musées oublient un instant qu'elles sont des femmes pour être de simples esprits.
Les femmes dans les musées se laissent observer. Elles se perdent dans les installations, elles passent devant vous qui regardez un Pollock. Vous les regardez et elle se laissent faire. Dans un musée, tout le monde regarde. Les femmes dans les musées semblent presque atteignables.
Les femmes dans les musées vous frôlent quand elles passent près de vous, laissant un discret sillage de parfum ou juste une caresse d'air. Parfois elles sont perdues en elles-mêmes et l'on dirait qu'elles viennent de faire l'amour. Vous croisez leur regard et il reste vaporeux un instant. Les femmes sont rêveuses dans les musées.
Parfois vous les retrouvez à la boutique et vous échangez un sourire avec elles au-dessus des catalogues de l'exposition. Parfois elles vous regardent partir et vous saisissez leur regard par-dessus votre épaule.
Et puis vous passez la porte.
Et vous les oubliez, en tant qu'individus. Ne reste plus alors que cette vague impression, cette troublante et délicate séduction des femmes dans les musées.
20 novembre 2008
Tu parles, Charles
Je ne sais pas pourquoi je me souviens de Prague, à la sortie de son hiver rouge.
Je me rappelle qu'on entrait dans la ville en passant devant une centrale électrique dont on entendait bourdonner les isolateurs à plusieurs centaines de mètres de distance. Il fallait franchir un horizon bleu sale de barres HLM pour trouver le Musée Mucha, les pavés irréguliers, les escaliers romanesques et les bâtisses baroques.
C'étaient les premiers jours du printemps et les ruelles se bordaient de cafés tout juste inventés d'où s'échappaient indistinctement Modern Talking et Motorhead poussés à un volume déraisonnable. Nous avions pris un verre dans un pub nommé Beton sans parvenir à échanger plus de deux phrases audibles.
Les premiers t-shirts souvenirs pendaient aux fenêtres, des punks Allemands étaient assis par terre avec des des chiens-loups et des bouteilles de mauvais vin rouge qu'ils vomissaient parfois.
La nuit, les ombres s'allongeaient jusqu'à toucher l'âme de Murnau, les
murs renvoyaient la lumière jaune des lampes Art Déco et les pas
résonnaient des échos pas encore si lointains de la Statni Bezpecnost.
Jitka m'avait emmené dans cette disco installée sous le pont Charles où les Américains faisaient leur Spring Break dans la vieille Europe en ayant l'impression d'entrer dans l'histoire, alors qu'ils n'entraient que dans des putes payées en dollars. Les mecs sentaient la Pilsener Urquell et les filles sentaient la Pilsener Urquell et
Un autre soir, nous étions allés dans ces Bains Municipaux transformés en une gigantesque boîte de nuit où l'on dansait sur de la techno avec de l'eau jusqu'à la taille. Même les seins humides des filles sous les faux t-shirts Versace n'avaient pas réussi à me distraire. L. me manquait, toujours.
Jitka m'avait expliqué que si l'on traversait le pont Charles sans se retourner et qu'on faisait un voeu, il s'exauçait. Giorgio de Beverly Hills. J'étais sorti prendre l'air. J'avais regardé l'eau noire de la Vtlava tourbillonner en contrebas contre les piles du pont, je m'étais demandé combien d'Américains ivres allaient y tomber cette nuit et ne jamais reparaître.
J'avais traversé en regardant fixement devant moi.
C'était sans doute pas le jour pour être superstitieux.C-
17 novembre 2008
Mécanique des corps caverneux
On est sans y penser dans cette posture au creux du lit chaud.
Allongé sur le ventre, bras ramenés sous l'oreiller, une jambe tendue et l'autre repliée en compas.
Il faut sentir l'air circulant doucement sous la couette dans un souffle tiède.
Il faut ressentir le poids du corps qui écrase légèrement le pénis.
Il faut comprendre la géométrie du corps construit comme autour d'une rotule, la capacité de basculer d'avant en arrière, de pivoter autour des articulations.
Il faut imaginer le pénis pris entre la cuisse et le matelas, petit cylindre creux roulant dans sa housse distendue.
Il faut se représenter le tango des hanches, en fait le bercement d'avant le sommeil.
La cuisse qui roule le pénis contre elle comme une Cubaine le ferait d'un cigare.
Le gonflement sous le mouvement et la chaleur, chair excitée de sa propre chair.
Il faut imaginer les ondes de plaisir qui remontent vers le ventre.
Le roulement du bassin qui s'accentue et devient plus lourd alors que le pénis est devenu plus gros, plus long, plus épais.
Les reins qui se creusent dans un balancement arrière et avant.
Le corps en pilotage automatique, loop sensuelle, balancement hypnosé.
Et l'esprit pris de vitesse par le corps qui se figure une peau.
Une nuance chaude et un grain.
L'odeur de la peau, peut-être.
Mais le grain, oui. Et la chaleur.
La douceur et le grain qui se fusionnent à la chaleur de la cuisse.
La sensation du pénis gonflé, malaxé tendrement, qui se fond à la peau désirée.
La centrale du corps en fonctionnement, pôle (+) et pôle (-) en tension érotique.
Le balancement va cesser.
L'envie de la peau va rester.
Le grain.
La nuance.
La chaleur.
13 novembre 2008
Last waltz (enfin une note de cul)
-
Je la regarde et j’ai le souffle coupé.
C'est pourtant un temps de respiration profonde, un temps pour dénouer les muscles, désaccorder les souffles. Laisser s'évaporer la sueur sur la peau. Manger.
Elle est Africaine, son corps est sculpture.
C’est une déesse qui est allongée nue sur le ventre, devant moi.
La lumière de vingt-cinq bougies coule sur sa peau.
« Je suis belle, ô mortels, et les hommes baissent les yeux devant mon corps de lumière noire. »
C’est un temps de respiration et j’effleure son dos de ma bouche.
J’enveloppe ses épaules déliées de mes mains. Je longe sa taille, ses hanches étroites. Je saisis ses cuisses puissantes. Je laisse glisser un souffle chaud sur ses fesses dures et charnues.
Ma bouche au creux de ses reins, à l’orée de ses fesses.
C’est un temps de respiration et je m’accroupis derrière elle.
Ma langue balaye d’un seul élan son sexe et son anus. Une fois. Puis deux fois. Et trois fois. Maintenant ses reins se tendent. Encore. Je continue, gourmand de ses fluides, de ses chairs intimes et délicates.
Elle glisse sa main sous sa vulve, caresse son clitoris. Ma langue continue à la lécher largement. Je suce ses doigts au passage, j’insiste entre ses fesses.
Elle gémit. Elle se cambre. Elle écarte ses grandes lèvres de ses doigts. Ma langue la fouille, ressort, replonge en elle.
Lancé dans un mouvement perpétuel éperdu je la lèche à haleine perdue, elle geint en flot continu, en crescendo à chaque coup de langue.
Ma queue glisse maintenant entre ses fesses luisantes. Elle pousse vers moi. Je m’enfonce en elle. Tout droit. Sa voix à la fois dans les graves et les aigus. Je ressors, je replonge de ma langue entre ses fesses. Une fois. Deux fois. Trois fois. Je le pénètre de nouveau. Puis m'extirpe. Sa tête ballotte dans tous les sens, ses épaules roulent sous la lumière vacillante.
Je la lèche encore. Et encore j’entre profondément dans ses entrailles, pour de bon. Mes reins brûlent, mes cuisses cuisent, elle feule, elle scande mon prénom my love my love my love oh my love my love my love fuck me fuck me fuck me fuck fuck fuck fuck fuck !! elle crie elle hoquète oh my God OH my GOD !!!! …
Les larmes jaillissent à ce moment-là, comme une digue qui crève.
Elle retombe sur le lit.
“Oh my God...”
Elle cache sa tête dans mon épaule.
Je la serre contre moi. Je caresse sa joue de petite fille.
Elle regarde au ciel, sa poitrine se soulève par spasmes, son ventre palpite encore.
Elle pleure. Deux grosses larmes sous ses longs cils.
Tant de choses libérées en un instant.
La joie. Et la peur de tout perdre. Mêlées elles aussi.
Je la serre contre moi, j’embrasse ses paupières mouillées, tout doucement.
Je ne peux rien faire d’autre.
Rien d’autre que de lui donner de la tendresse.
C’est tout.
Bientôt elle sera repartie. C'était la dernière fois.
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08 novembre 2008
What's on a man's mind
L’athlète black m'avait demandé de l’accompagner au cinéma.
Elle avait choisi le film et il ne me plaisait pas, mais j'avais envie de savoir son corps à coté du mien.
Dans cette salle obscure aux sièges à deux places, elle avait posé sa main sur ma main, elle avait pris mes doigts entre les siens.
Elle m'avait dit « Tom Cruise ne fait pas son âge, il a la peau ferme et tendue, comme toi.
Je m'étais retenu de lui faire remarquer que quelques semaines avant elle me disait que j'avais un beau corps, "pour un homme agé".
La garce (bis repetita).
Elle m’avait expliqué qu’en entretien de recrutement, ses vingt-deux ans et son air doux lui faisaient du tort.
Elle m'avait dit que cela faisait longtemps qu’elle n’a pas fait l’amour avec plusieurs hommes à la fois, depuis le sport études.
Elle s'était aussi demandée à voix haute si elle aurait envie de faire l'amour avec une femme.
Elle m'avait dit qu’elle voulait que ce soit moi qui l’emmène en club échangiste.
J'avais eu l'impression qu'elle avait de plus gros seins encore que d'habitude, ils distendaient son t-shirt blanc.
Elle avait peut-être ses règles.
Nos discutions, elle avait posé sa main sur ma cuisse.
Le soleil dessinait ses épaules, ses biceps ronds et doux.
Elle parlait et je repensais à ces photos que j’avais fait d’elle, à ses reins cambrés, à ses fesses rondes et dures dans lesquelles ma verge allait et venait sous le flash.
Je repensais à son échine renflée de muscles puissants.
Je regardais ses longs cils, son blanc sourire d’africaine.
Je la regardais en face mais mes pensées étaient dans son dos...
Je repensais au plaisir trempé qu’elle prenait quand je la pénétrais de tout mon long.
Je la regardais et son corps dur et souple m'occupait peu à peu jusqu’à m’envahir.
J’avais envie de m’allonger sous elle et de laisser ses seins pendre sur mon visage.
J’avais approché ma main de sa joue.
Elle m'avait dit « Je ne veux pas te perdre, tu sais ? ».
Quelques mois plus tard, elle devait repartir pour les Etats-Unis.
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04 novembre 2008
Le rose et le noir
L’Athlète Black avait bon goût -et moi aussi semblait-il puisqu'elle avait voulu me revoir...
Elle m'avait dit qu'elle devinait que mon corps
était beau, "pour un homme âgé" avait-elle quand même précisé.
La garce.
Cette fois-ci, le rendez-vous que je lui avais fixé était dans ce genre d’hôtel particulier... très particulier où les chambres se louent pour deux ou cinq heures.
Elle me connaissait à peine mais elle avait accepté le rendez-vous. Pourtant nous avions seulement
Elle m’avait raconté le milieu du sport de haut niveau, le niveau de testostérone élevé, les corps qui devaient exulter après l'effort musculaire, la tension qui se relâchait.
J’avais réservé pour nous cette chambre que je connaissais bien, celle avec le lit rond et le miroir au plafond. J’avais apporté des bougies, des cordes, de l’encens, de l'huile... le kit du parfait libertin.
Elle était arrivée avec son
grand sourire, sa dégaine décontractée et sa mine à lui donner le bon dieu sans
confession. Je lui avais fait la bise, nous étions entrés dans l’hôtel, étions
montés dans la chambre à laquelle il fallait accéder par un petit escalier
raide.
Nous avions papoté l’air de
rien pendant que j’allumais la douzaine de bougies qui, dans la chambre
mansardée, allaient rapidement faire monter la température. Elle m’avait dit qu’elle
avait parlé de moi à ses bonnes copines, qu’elle leur avait raconté qu’elle allait
faire l'amour avec un homme presque inconnu dans une chambre d’hôtel. Elles lui avaient dit qu’elle était complètement folle, elle avait répondu qu’elle
était peut-être folle, oui, mais qu'elle était comme ça. Et qu'on ne vivait qu'une fois.
J’avais baissé les lumières et embrassé sa bouche délicieusement charnue, caressé son corps de velours noir, respiré l’odeur de sa peau enduite de monoï, effleuré son ventre plat et dur comme ce caoutchouc dont on fait les balles de squash.
J’avais écarté son string fushia pendant qu’elle fermait les yeux. J’avais longuement découvert son sexe, ses points sensibles, le rose tendre dans l’écrin d’ébène. J’avais doucement gouté son odeur, longé les renflements de sa chair de la pointe de ma langue, lappé les premières sécrétions d’excitation qui sourdaient à l’orée de son con.
J’avais plongé entre ses
cuisses, je m'étais régalé de son jeune vagin, de la saveur nouvelle, de ses soupirs de plus en plus profonds. Je l'avais dégustée comme un dessert, d'abord curieux puis gourmand, puis morfale...
Elle avait poussé un cri, puis deux, puis une série de halètements pendant que, relevant un instant les yeux, je voyais ses seins se soulever et bondir à chaque inspiration... Elle avait fini par jouir dans ma bouche avec un grand soupir.
Une minute plus tard elle s'était relevée en s'appuyant sur les coudes, elle m'observait tandis que j'avais encore la tête posée entre ses cuisses. Il y avait dans son regard une expression indéfinissable, quelque chose entre l'étonnement et l'incrédulité. Et puis autre chose que je ne savais pas définir.
Elle avait tendu sa main vers moi, passé sa main dans mes cheveux et m'avait dit... "Tu veux prendre mon cul ?"