On est sans y penser dans cette posture au creux du lit chaud.
Allongé sur le ventre, bras ramenés sous l'oreiller, une jambe tendue et l'autre repliée en compas.
Il faut sentir l'air circulant doucement sous la couette dans un souffle tiède.
Il faut ressentir le poids du corps qui écrase légèrement le pénis.
Il faut comprendre la géométrie du corps construit comme autour d'une rotule, la capacité de basculer d'avant en arrière, de pivoter autour des articulations.
Il faut imaginer le pénis pris entre la cuisse et le matelas, petit cylindre creux roulant dans sa housse distendue.
Il faut se représenter le tango des hanches, en fait le bercement d'avant le sommeil.
La cuisse qui roule le pénis contre elle comme une Cubaine le ferait d'un cigare.
Le gonflement sous le mouvement et la chaleur, chair excitée de sa propre chair.
Il faut imaginer les ondes de plaisir qui remontent vers le ventre.
Le roulement du bassin qui s'accentue et devient plus lourd alors que le pénis est devenu plus gros, plus long, plus épais.
Les reins qui se creusent dans un balancement arrière et avant.
Le corps en pilotage automatique, loop sensuelle, balancement hypnosé.
Et l'esprit pris de vitesse par le corps qui se figure une peau.
Une nuance chaude et un grain.
L'odeur de la peau, peut-être.
Mais le grain, oui. Et la chaleur.
La douceur et le grain qui se fusionnent à la chaleur de la cuisse.
La sensation du pénis gonflé, malaxé tendrement, qui se fond à la peau désirée.
La centrale du corps en fonctionnement, pôle (+) et pôle (-) en tension érotique.
Le balancement va cesser.
L'envie de la peau va rester.
Le grain.
La nuance.

La chaleur.