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Je la regarde et j’ai le souffle coupé.

C'est pourtant un temps de respiration profonde, un temps pour dénouer les muscles, désaccorder les souffles. Laisser s'évaporer la sueur sur la peau. Manger.

Elle est Africaine, son corps est sculpture.

C’est une déesse qui est allongée nue sur le ventre, devant moi.
 
La lumière de vingt-cinq bougies coule sur sa peau.

« Je suis belle, ô mortels, et les hommes baissent les yeux devant mon corps de lumière noire. »

C’est un temps de respiration et j’effleure son dos de ma bouche.

J’enveloppe ses épaules déliées de mes mains. Je longe sa taille, ses hanches étroites. Je saisis ses cuisses puissantes. Je laisse glisser un souffle chaud sur ses fesses dures et charnues. 

Ma bouche au creux de ses reins, à l’orée de ses fesses.

C’est un temps de respiration et je m’accroupis derrière elle.

Ma langue balaye d’un seul élan son sexe et son anus. Une fois. Puis deux fois. Et trois fois. Maintenant ses reins se tendent. Encore. Je continue, gourmand de ses fluides, de ses chairs intimes et délicates.

Elle glisse sa main sous sa vulve, caresse son clitoris. Ma langue continue à la lécher largement. Je suce ses doigts au passage, j’insiste entre ses fesses.

Elle gémit. Elle se cambre. Elle écarte ses grandes lèvres de ses doigts. Ma langue la fouille, ressort, replonge en elle.

Lancé dans un mouvement perpétuel éperdu je la lèche à haleine perdue, elle geint en flot continu, en crescendo à chaque coup de langue.

Ma queue glisse maintenant entre ses fesses luisantes. Elle pousse vers moi. Je m’enfonce en elle. Tout droit. Sa voix à la fois dans les graves et les aigus. Je ressors, je replonge de ma langue entre ses fesses. Une fois. Deux fois. Trois fois. Je le pénètre de nouveau. Puis m'extirpe. Sa tête ballotte dans tous les sens, ses épaules roulent sous la lumière vacillante.

Je la lèche encore. Et encore j’entre profondément dans ses entrailles, pour de bon. Mes reins brûlent, mes cuisses cuisent, elle feule, elle scande mon prénom my love my love my love oh my love my love my love fuck me fuck me fuck me fuck fuck fuck fuck fuck !! elle crie elle hoquète oh my God OH my GOD !!!! …

Les larmes jaillissent à ce moment-là, comme une digue qui crève.

Elle retombe sur le lit.

“Oh my God...”

Elle cache sa tête dans mon épaule.

Je la serre contre moi. Je caresse sa joue de petite fille.

Elle regarde au ciel, sa poitrine se soulève par spasmes, son ventre palpite encore.

Elle pleure. Deux grosses larmes sous ses longs cils.

Tant de choses libérées en un instant.

La joie. Et la peur de tout perdre. Mêlées elles aussi.

Je la serre contre moi, j’embrasse ses paupières mouillées, tout doucement.

Je ne peux rien faire d’autre.

Rien d’autre que de lui donner de la tendresse.

C’est tout.

Bientôt elle sera repartie. C'était la dernière fois.

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