Le corps désirant, je me suis souvent relevé dans l'appartement sombre.

La crème au chocolat brillante et les framboises fraîches au goût d’étable.

Les galettes de maïs soufflé et le chocolat noir.

Le corps affamé, j’ai souvent interrogé du regard les étagères et les clayettes.

Le fromage bleu et le pain aux noix.

La coppa poivrée sur un pain Poilâne grillé et frotté d’ail.

Le corps insatisfait, j'ai souvent cherché, curieux et avide.

Le citron beldi croqué dans sa saumure.

Les câpres au sel marinées dans le vinaigre.

Le corps exigeant, j'ai souvent recherché le vif, le fort et le puissant qui fait exploser les papilles.

Le gingembre confit posé sur la langue.

Le doigt trempé dans la poudre de piment d’Espelette.

Et un jour, elle a ouvert son corps à mon corps.

Ce jour-là, j’ai goûté chaque once de sa peau et bu chaque goutte de sa bouche.

Ce jour-là, j'ai tout oublié du piment, du poivre, du chocolat et des framboises.

Ce jour-là, mon corps a geint du manque et de la plénitude dans la même voix.

Ce jour-là, mon corps a retrouvé le chemin du vertige.

En faim...