Ce jour-là, j'ouvris ma boîte mail. Le message tenait en deux lignes :

"Cher ami,  j'ai très envie d'un cunnilingus entre midi et deux, cela serait-il dans tes cordes ?"

Ca l'était. Je lui répondis que je la retrouverais deux heures plus tard dans cet hôtel dont j'étais  familier et qui était tenu par une vieille dame charmante qui avait dû régenter un boxon dans les années cinquante.

La femme que j'allais lécher derechef ne ressemblait pas à celles qui m'attiraient généralement. Je les aimais jeunes, elle avait presque mon âge et était mère de deux enfants. Je les aimais un peu artistes, marginales et névrosées, elle était cadre dans une multinationale. Je les aimais vaginales, elle était clitoridienne.

Quand je la rejoignis, elle m'expliqua qu'elle avait un entretien avec un chasseur de têtes en fin de journée. Je supposai qu'elle attendait de moi la poussée d'hormones sexuelles qui  avive le teint, stimule les neurones et met un sourire sur les lèvres. J'étais son marchepied vers de plus hautes sphères manageriales, une sorte de promotion canapé à l'envers où c'était l'anonyme qui faisait monter la boss en grade...

Le jeune homme qui nous fit entrer dans la chambre me dit avec un petit sourire de ne pas m'inquiéter, qu'il n'allait pas rester. L'espace d'un instant je me demandai si je n'allais pas lui proposer de se joindre à nous. Mais un cinq à sept, même entre midi et deux, laisse peu de temps pour les fioritures...

Elle se dévêtit efficacement, une jupe de tailleur glissant beaucoup plus vite sur les hanches qu'un jean... Elle portait des bas sans porte-jarretelles ainsi qu'une lingerie avec des transparences judicieusement placées, dont une qui me faisait largement voir la fente de son cul.

Je lui expliquai que je voulais qu'elle soit putassière avec moi.

"Putassière", c'était le mot que j'employai. J'aimais comme il butait sur mes lèvres à la sortie, comme il sifflait entre mes dents.

"Putassière".

Je vis que le mot faisait comme une petite zébrure dans sa tête, comme une lanière de martinet sur son dos.

Elle enchérit. Elle m'expliqua en se tournant lentement devant le miroir Rococo qu'elle s'était conduite comme une salope en début de semaine. Qu'elle était allée dans un de ces lieux impurs où elle s'était faite baiser par plusieurs hommes, à la chaîne où en même temps.

Elle avait été une sacrée salope et elle me demandait de la confirmer dans cette conviction. Elle avait été une sacrée petite salope et elle ondulait son cul devant mon visage pour que j'en sois bien persuadé.

Je lui donnai l'ordre de s'agenouiller entre mes jambes, de prendre ma queue dans sa bouche et de me sucer comme celle qu'elle me disait être et avoir été.

Elle me suça. Je lui parlais pendant ce temps, je lui disais que j'aimais durcir dans sa bouche. Je bandais tandis qu'elle me léchait doucement, tout en me racontant -la bouche pleine- qu'un de ses partenaires du début de la semaine lui avait dit qu'elle n'était pas très bonne à cet exercice. Je lui assurai que rien ne valait la pratique...

Elle était à présent montée sur le lit et je lui intimai d'écarter largement les cuisses. Elle hésita un instant, si bien que je dus répéter mon instruction. Je descendis entre ses jambes pour la lécher. Elle m'avait un jour expliqué qu'on voyait la différence entre un jeune amant et un homme plus expérimenté à la qualité du cunnilingus, et j'avais bien l'intention de ne pas me classer parmi les novices.

Elle n'était pas sentimentale, elle était pragmatique. Elle m'indiqua qu'elle voulait que je vienne sur elle, en 69. Je frottais ma queue sur son visage, essuyant le sperme qui perlait à mon gland sur ses joues, quand je sentis ses mains appuyer sur mes fesses pour les inciter à descendre plus bas. Elle voulait que je lui baise la bouche.

Je la pilonnai par des coups de reins vifs et secs, cherchant la gorge, guettant la suffocation. Elle ne suffoqua pas. Bien au contraire elle jouit joliment tandis que je la léchai d'abondance, presque en même temps que moi.

Il était temps de se rhabiller. Je remis mon costume, elle remit son tailleur. Nous sortîmes de l'hôtel, le sourire aux lèvres.

A la fin de la journée elle irait se vendre face à un chasseur de têtes qui, peut-être, rêvasserait à ses jambes en l'interviewant. Un type entre deux âges qui banderait mollement en imaginant sans vraiment y croire qu'elle porte des bas et une lingerie transparente et qui ne saurait jamais que, dans l'entrejambe de sa candidate, subsistait la salive d'un homme qui n'était pas, mais alors pas du tout son mari...