26 septembre 2008
Architecture et luxure
Laëtitia avait une silhouette de mannequin de chez Aubade.
Elle était hôtesse de l'air et elle passait son temps de récupération à faire de l'aqua-gym. Elle m'avait elle-même raconté cette blague de compagnie aérienne qui disait qu'une hôtesse de l'air était comme une station à essence : super des pieds jusqu'au cou, ordinaire du cou jusqu'aux sourcils et... sans-plomb au-dessus.
Force me fut d'admettre qu'il y avait du vrai là-dedans.
Je l'avais rencontrée en Guadeloupe et très vite nous avions polissonné sous le
soleil, sous les palmiers, sous l’eau et finalement dans mon lit, un soir où s'y trouvait pourtant déjà une monitrice
du club de plongée…
Nous étions restés en contact après nos retours respectifs en Métropole, elle habitait Montpellier et montait régulièrement à Paris pour embarquer. Un jour je l'avais emmenée au Musée du Jeu de Paume pour une exposition consacrée à l’architecte Brésilien Oscar Niemeyer.
Dans
ce grand bâtiment trompeur dont l’extérieur est d’un XVIIIe siècle tout
à fait classique mais l’intérieur d’un rigorisme tout
« Lecorbusien », nous avions trouvé des gradins où nous asseoir pour
visionner un petit film, tout en haut des marches.
Le Portugais tel qu’on le chante au Brésil est extrêmement érotique... Après une interview de Carlos Jobim, j’avais glissé ma main dans son dos tout en feignant de m’intéresser à ce qui se passait sur l’écran où des buildings se dressaient avec énergie. Puis sans prévenir j’avais fait sauter l’agrafe de son soutien-gorge. Elle avait lâché un petit cri immédiatement réprimé. Ses seins, eux, n’étaient plus réprimés du tout et flottaient librement dans son pull en mohair, que je voyais maintenant nettement plus distendu…
Ravi,
je la laissai comme cela tandis qu'elle m'incendiait d'un regard au napalm. Puis je m'assis derrière elle sur le gradin
supérieur, lui laissant penser que j’allais l'aider à se rajuster.
Je caressai son
visage, son cou, son dos et alors qu’elle se laissait un
peu aller en arrière je saisis ses seins à pleines mains. Elle sursauta,
mais elle était coincée entre mes jambes. Je léchai doucement son cou
en caressant doucement ses mamelons sous la laine. Elle se
débattait un peu mais je sentais son corps s’abandonner un peu plus à
chaque expiration. Je continuai, sentis son dos se redresser, ses
reins se tendre, sa bouche basculer en arrière vers ma bouche. Je
faisais durer le plaisir, alternant caresses, coups de langue et
instants de répits...
Entre-temps, le film s'était achevé. Le dernier spectateur venait de partir et les gradins étaient vides. Je fis mine de me lever moi aussi et elle en fit autant. Arrivé en bas des degrés, je la poussai sans prévenir contre un poteau. Elle s'y appuya pour reprendre son équilibre et je me collai contre ses fesses, appuyant une main sur son dos et remontant sa jupe de l'autre. Cette fois-ci elle se débattait vraiment, chuchotait des « non ! » véhéments. Trop tard. Ma main droite s’était glissée sous la bande de son string. Deux de mes doigts étaient en elle -trempée, la petite hypocrite !-. Des gens pouvaient venir à chaque seconde, j’écartai ses petites lèvres avec mes doigts, juste pour lui agacer le clitoris. J’avais une envie de jouir invraisemblable mais je rabaissai sa jupe et léchai mes doigts glissants tout en soutenant son regard.
La visite pouvait reprendre...
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21 septembre 2008
Spider kiss
Je referme la porte derrière moi et elle m’embrasse. Elle
m’embrasse et le baiser se prolonge un tout petit peu plus que d'habitude. Pas un baiser langoureux, non, un baiser
sur les lèvres juste un peu plus long... Elle cesse. Puis elle
recommence. Je perçois quelque chose d’inhabituel dans sa façon de
faire. Puis l’évidence me saute au visage : elle me flaire.
Elle me renifle comme un cochon truffier me passerait au scanner de
ses deux cent millions de cellules réceptrices. Je me recule un peu
et lui demande ce qu’elle fait. Elle me répond
qu’elle sent un parfum inhabituel autour de ma bouche. Hier, elle
m’avait fait remarquer avec insistance que j’avais une haleine de
fumeur, moi qui ne fume pas (elle avait d’ailleurs raison, une bizarrerie que je ne m’explique pas). Elle énonce
ces quelques phrases d’un ton détaché, comme elle analyserait une
courbe des ventes. Elle insiste, elle me renifle à nouveau et j’ai
l’impression gênante d’avoir un chien-loup qui me fourre sa truffe
entre les jambes. Je ne bouge pourtant pas d’un pouce, je la laisse
poursuivre son inquisition en la regardant dans les yeux. Je la laisse faire sans sourciller, car même dans sa jalousie elle est à coté de la plaque : la
dernière femme que j’ai embrassée, c’est ma mère...
J’attends qu’elle ait fini, je vais me changer, sans même lui dire
qu’elle se fait un film.
10 septembre 2008
Ensemble,mais c'est tout
Elle entre dans ce wagon de métro entre Nation et Charles de Gaulle.
Elle
a des traits d'une finesse rare, des pommettes saillantes, des yeux
d’onyx amandine dessinés par un pinceau divin mouillé d'encre délicate.
Ses
lèvres sont celles de la reine Hatshepsout, à l'image de ce presque-buste dont
ne subsiste au Louvre qu’une bouche brillante de volupté, désirable pour
l’éternité.
Même fermées, elles semblent entrebaîllées par le pouce d’un homme.
Ce n’est qu’au prix d’un effort certain que je m’aperçois que, justement, il y a un homme à coté d’elle.
Un homme qui lui parle. Et parle.
Et parle encore...
Sa
conversation n’intéresse que lui. Elle se contente de l’entendre, ses
grands yeux tournés vers lui. Elle n'écoute pas, elle n’acquiesce même pas.
Difficile
de dire s’ils sont quelque chose l’un pour l’autre, tant leur proximité
est lointaine. Elle semble habituée. Elle pose quelques questions de
pure forme, polies.
Moi je parcours l’arête de son nez. Je glisse le long de sa joue. Je caresse chaque grain de peau du doux de mes yeux.
Station Châtelet. Ils descendent avec cette synchronisation des gens habitués à être ensemble.
Je regarde un long moment le vide.
L’attachement est si... étrange.
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05 septembre 2008
Le grand Léchant Mou
Le dimanche soir, j’ai toujours quelque réticences à me lover dans les bras de Morphée. Après tout, Morphée est un homme.
Je fais donc appel à la
chimie, sous la forme d’un hypnotique dont le nom commence par un thé,
continue par un met, et finis sur le tas. Ce soir-là, j'avale le cachet ovale et je vais me coucher. Je sais que j’en ai pour un gros
quart d’heure avant de m'endormir, alors juste avant la grande plongée je
remercie la demoiselle allongée à coté de moi sous le drap pour l'agréable journée avec déjeuner au soleil sur
une terrasse et la petite sieste sur l’herbe parmi les
piaillements des enfants bien élevés. Je remercie donc - je suis un garçon poli- et confirme par
un genre d’accolade, disons un blotissage et un bisou. La demoiselle sort
direct les dents qu’elle me plante dans la lèvre
inférieure, que j’ai heureusement dodue, puis dans le muscle de
l’épaule. Elle me tracte ainsi harponné de son coté du lit, telle une
bête qui rapporte en sa tanière une proie pas encore tout à faire
morte. La demoiselle n’est pas très difficile à comprendre dans ces
moments-là, et d’expérience je sais que quand ça démarre de cette façon
rien de sert de finasser. J’ai envie de toi, je te mords l’encolure, ça
t’excite, hein, salope, et crac ! Sauf que là, au lieu de crac suivi
d’autres onomatopées, on a plutôt un bruit de
porte rouillée... Mademoiselle a envie mais ça coince. Histoire de ne pas être venu pour rien je tente alors une
transformation d’essai viril avec la technique dite de la « tête de
chat », genre si la tête passe, le reste aussi… et rhaann. Nan. Passe pas.
Deuxième essai plus gentleman avec doigt mouillé inquisiteur et
tartinant. Rien. Reste donc à interpréter l’ouverture de la mer rouge
selon Memhoïse, et votre serviteur se glisse entre les cuisses de la Demoiselle. Caresse de ses lèvres du bas par les miennes du haut façon
pétale de rose, douceur, frôlements puis retour aux
ornementations, comme on dit dans la grande musique… Cela dure jusqu’à
ce que je sente que mademoiselle laisse échapper de vrais soupirs. Pas
ceux qui font plaisir au bavouilleur à l’oeuvre là en bas, non : ceux
qui partent sans le vouloir, en direct live, les vrais… Entre-temps j’ai décliné
tous les classiques, le sommet du clitoris que je fais tintinnabuler
comme une petite cloche à la volée de la pointe de la langue. La
base du clitoris, que j’enveloppe solennellement d’une langue-écharpe
chaude et douillette. Et puis les lèvres, que j’emprisonne et aspire
avec douceur et insistance, avant que de les relâcher doucement… et de
recommencer. Je fais mes gammes avec virtuosité et imagination, et
finis par me concentrer sur le roulé du clito, qui me vaut des mains
spasmodiques plantées dans les cheveux et des soupirs plus brefs et
plus aigus… Je poursuis, tenant de maintenir un rythme impeccable, dont
je suis bientôt récompensé en ayant la tête broyée entre deux cuisses
et balancée dans tous les sens, alors que ma langue tente vaillamment
de reprendre pied et de ne pas lâcher l’affaire… Elle y parvient, et en
guise de récompense je me reprends l’étau et le swing deux autres fois,
si bien qu’à la troisième fois, j’arrête, en douceur. La Demoiselle ne
bouge plus, moi non plus -j’ai mal à la mâchoire. Elle me dit entre
deux gémissements qu’elle a joui. Sans blague. Je la couvre avec la couette, lui
demande si ça va, elle me dit ohouioui, ohouiohoui… Alors je m'allonge sur le dos et un instant plus tard j’entends qu’elle dort du sommeil de la bûche. Et je me rappelle qu’initialement j’étais partis pour la baiser.
Et il parait que dans un couple, c'est la femme qui est frustrée...
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