10 juin 2008
Petit guide de la vie heureuse - Chapitre 1 : se retrouver
Nous avions roulé pendant trois heures,
bavardant du boulot, des gens que nous connaissions, de l'itinéraire à prendre. Elle m’avait fait sourire en désignant les éoliennes blanches
comme "mes petites protégées". Nous
étions arrivés à destination, nous avions posé nos bagages et pris possession du salon, de la grande salle de bains, des placards et de la
terrasse. Je m’étais assis sur le canapé en cuir, elle s’y était allongée en
posant sa tête sur mes genoux. J’avais caressé doucement ses cheveux, son
visage, son cou. Nous nous étions dit notre plaisir d’être là, si proches de la
mer qu'elle aime tant et si loin de tout le reste. Le désir d’elle est venu vite, peut-être enfanté
par l’endroit, peut-être par cette situation de couple ordinaire qui nous était
si extraordinaire. Il y avait une douce harmonie entre nous, le calme de la grande suite meublée avec goût, la lumière du jour encore vivace par les baies vitrées,
la maison de l’autre coté de la route dans la pinède et les transats sur la
terrasse. Je sentais mon envie dessiner
un renflement de plus en plus affirmé sous le coton noir délavé. De rares
oiseaux gazouillaient encore, les ombres s’allongeaient déjà. Le moment était
parfait, il n’aurait fallu rien changer. Juste continuer à caresser ses longs
cheveux, à laisser courir mes doigts sur ses pommettes. Il n’aurait fallu
rien changer. Et puis j’ai pensé qu’elle était ce qu’elle était, alors j’ai su que je pouvais tirer
sur ma ceinture qui s’est desserrée dans un cliquetis. J’ai glissé mon pouce
dans la braguette à boutons et je les ai fait sauter un à un dans un bruit doux.
J’ai dégagé mon sexe et en quelques caresses je l’ai dressé jusqu’à ce
que le gland touche mon nombril. Et comme elle est ce qu’elle est, elle s’est
retournée sur le canapé et m'a accueilli dans sa bouche, comme si elle
ne faisait rien d'autre que poursuivre notre conversation. J’ai repoussé des mèches de ses cheveux sur son
oreille pour voir sa bouche aller et venir. Dans la grande chambre il n’y avait plus que le bruit de sa bouche
qui salivait et ma respiration alternativement rauque. Elle me suçait en
poussant ses lèvres jusqu’à mes bourses. Elle accélérait déjà le rythme de sa
caresse pour me faire jouir mais je savais que je ne me laisserais pas faire,
que tout à l’heure je l'interromprais pour la prendre sur le canapé et
que cette première pénétration serait comme une révélation, que la chaleur de
son ventre me serait aussi bouleversante qu’un baiser sur sa bouche qui m’émeut
plus qu’aucune autre, qu’elle pousserait un petit cri aspiré quand j’entrerais lentement
dans son corps et qu’ensuite nous serions un comme nous seuls pouvons l’être, une
chair, un sang. Un amour.
Commentaires
un amour de week-end...
Les mots, les gestes semblent si fluides. Légitime de sens.
Oh oui...
A pleurer.
C'est simple et beau comme la lumière qui s'étire le soir pour reparaître chaque jour. Chaque jour...
@ quisas-quisas : oui, encore que d'autres permutations soient possibles et tout aussi justes...
@ elenia : Il y a soudain comme cela un oeil du cyclone où tout est calme, simple, évident...
@ dérobée : et comme le jour qui paraît et disparaît, c'est pour moi un petit miracle à chaque fois, quelque chose dont je ne sais jamais s'il se reproduira... La fragilité des choses, du bonheur en particulier.
boudiou, c'est beau...
Votre plus beau texte. Sérieux.
ça laisse un goût de nostalgie...
Comme j'aimerais.
Qu'il pense un jour que je suis ce que je suis.
Qu'il sente que je suis celle-là.
Qu'il en profite, qu'il en use et en abuse.
Moi, je sais.
@ Presque Touchée : Oui, c'est un texte au lait cru, avec l'AOC.
@ Thom : (sourire) Merci, j'en suis flatté. Sérieusement.
@ La Tagueuse : La nostalgie peut avoir un petit goût amer ou un goût sucré... voire les deux à la fois.
@ La particule : Alors dites-lui ! Les hommes sont parfois durs... à la détente. Il ne faut pas hésiter à mettre votre poing sur leur zi...
Ca fait un moment que je traine chez vous, et je tenais a dire que ce passage m'a particulièrement touché... Ca fais plaisir de voir des choses comme ca à travers les yeux d'un homme, c'est presque rassurant. (j'me comprend) ;)
A bientot
@ LadyZophia : Je vous comprends aussi. Je vous lis, je sais.
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