Nous avions roulé pendant trois heures, bavardant du boulot, des gens que nous connaissions, de l'itinéraire à prendre. Elle m’avait fait sourire en désignant les éoliennes blanches comme "mes petites protégées". Nous étions arrivés à destination, nous avions posé nos bagages et pris possession du salon, de la grande salle de bains, des placards et de la terrasse. Je m’étais assis sur le canapé en cuir, elle s’y était allongée en posant sa tête sur mes genoux. J’avais caressé doucement ses cheveux, son visage, son cou. Nous nous étions dit notre plaisir d’être là, si proches de la mer qu'elle aime tant et si loin de tout le reste. Le désir d’elle est venu vite, peut-être enfanté par l’endroit, peut-être par cette situation de couple ordinaire qui nous était si extraordinaire. Il y avait une douce harmonie entre nous, le calme de la grande suite meublée avec goût, la lumière du jour encore vivace par les baies vitrées, la maison de l’autre coté de la route dans la pinède et les transats sur la terrasse. Je sentais mon envie dessiner un renflement de plus en plus affirmé sous le coton noir délavé. De rares oiseaux gazouillaient encore, les ombres s’allongeaient déjà. Le moment était parfait, il n’aurait fallu rien changer. Juste continuer à caresser ses longs cheveux, à laisser courir mes doigts sur ses pommettes. Il n’aurait fallu rien changer. Et puis j’ai pensé qu’elle était ce qu’elle était, alors j’ai su que je pouvais tirer sur ma ceinture qui s’est desserrée dans un cliquetis. J’ai glissé mon pouce dans la braguette à boutons et je les ai fait sauter un à un dans un bruit doux. J’ai dégagé mon sexe et en quelques caresses je l’ai dressé jusqu’à ce que le gland touche mon nombril. Et comme elle est ce qu’elle est, elle s’est retournée sur le canapé et m'a accueilli dans sa bouche, comme si elle ne faisait rien d'autre que poursuivre notre conversation. J’ai repoussé des mèches de ses cheveux sur son oreille pour voir sa bouche aller et venir. Dans la grande chambre il n’y avait plus que le bruit de sa bouche qui salivait et ma respiration alternativement rauque. Elle me suçait en poussant ses lèvres jusqu’à mes bourses. Elle accélérait déjà le rythme de sa caresse pour me faire jouir mais je savais que je ne me laisserais pas faire, que tout à l’heure je l'interromprais pour la prendre sur le canapé et que cette première pénétration serait comme une révélation, que la chaleur de son ventre me serait aussi bouleversante qu’un baiser sur sa bouche qui m’émeut plus qu’aucune autre, qu’elle pousserait un petit cri aspiré quand j’entrerais lentement dans son corps et qu’ensuite nous serions un comme nous seuls pouvons l’être, une chair, un sang. Un amour.