Mes mots random...

Graphomanie, polygamie et tutti quanti...

18 janvier 2008

Texte sans dénomination fixe

Dans ma tête, il s'appelle le petit bonhomme en mou... en bois. En bois en bois en bois. Pardon. En bois.

Dans ma tête il s'appelle le petit bonhomme en bois.

Il est souvent vêtu d'un genre de Burberry beige. Il a le teint congestionné, rouge. Des lunettes d'écaille, des cheveux courts, une moustache broussailleuse.

Il est souvent le matin en bas de chez moi. Il se tient très droit, très raide, les mains dans les poches de son imperméable.

Quand vous passez devant lui, il dit rapidement "bonjour Monsieur, je suis à la rue pourriez-vous m'aider de quelque argent ?"

Il est souvent là, cela doit faire plusieurs années maintenant.

Je lui dis bonjour quand je sors de l'immeuble, je ne sais pas s'il me reconnaît.

Un jour est passé un Grand Échassier sur le trottoir de mon immeuble. Un Grand Échassier qui parlait fort avec l'accent étranger, un accent des pays de l'est, j'aurais dit Yougoslave, sans garantie.

Il marchait en boitant très fortement, en s'appuyant de tout son poids sur une jambe puis en ramenant l'autre en avant d'un coup en basculant autour de l'axe de sa hanche. En même temps, il tenait dans sa main une tasse en métal émaillé comme celles qu'on trouve dans les prisons et il la tendait à la volée vers les passants, sans s'arrêter ni même ralentir. Un personnage de l'Opéra de Quat' Sous.

Le Grand Échassier remontait la rue de son pas mécanique, cric, crac, sébile. Cric, crac, sébile. A vot' bon coeur, Messieurs-dames. Je ne sais pas s'il récoltait beaucoup. On n'aime pas toujours les pauvres à l'accent étranger.

Et puis, de son pas de compas, le Grand Échassier est arrivé à la hauteur de mon immeuble et là, sans s'arrêter dans son élan, il a tendu sa tasse en métal émaillé vers le petit bonhomme en bois.

Le petit bonhomme en bois n'a pas bronché, il avait ses mains dans les poches, il l'a juste regardé d'un oeil rond stupéfait qui faillit me faire partir d'un sacré fou-rire.

Mais comme je savais qu'on ne rit pas avec la pauvreté, je me suis mordu l'intérieur des joues et je suis entré dans l'immeuble, en souriant quand même sous le porche.

Depuis cette histoire, d'ailleurs, j'ai, coincé quelque part entre la glotte et l'épigastre, un rire qui ne veut pas partir. Un peu comme les pauvres, en bas des immeubles...

-

Posté par memorandhomme à 06:00 - Des gens - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 janvier 2008

Folle audace

La séparation prolongée de nos corps avait fait des dégats.

Elle ne me désirait plus. Sa libido était au plus bas. Elle demandait de la nouveauté.

Nous nous sommes embrassé, étreints.

Elle a eu ce geste étonnant, indécent, presque choquant...

Elle a éteint la lumière.

Posté par memorandhomme à 12:46 - Eros - Commentaires [35] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 janvier 2008

Call-girl

Ce jour-là, Aminah m'avait avoué qu'elle avait rencontré un homme séduisant sur le net. Il s'appelait Carl. Il était cadre, beau, yeux gris, sportif. Un peu idiot, avait-elle ajouté. Elle me l'avait caché comme si elle ne connaissait pas les règles qui nous liaient.

-

Elle lui avait écrit, puis téléphoné, elle avait fini par le rencontrer dans un café. Il avait trente-sept ans, il était marié, bientôt papa, la tête pleine de fantasmes. Normal.

-

Aminah avait joué son rôle favori de Grande Tentatrice et lui avait mis les sens à l'envers. Depuis trois mois elle le tenait en ébullition et aujourd'hui elle se décidait à m'en parler. Elle me dit timidement que Carl lui plaisait, qu'elle aimait jouer avec lui et que maintenant la curiosité la taraudait. Elle me demanda ce que j'en pensais. Je lui dis qu'elle devait aller au bout de sa curiosité... et de celle de Carl.

-

Au moment où elle me racontait cela nous étions nus sur le lit. Je lui dis qu'elle devait appeler Carl maintenant. Elle sourit jusqu'aux oreilles et composa son numéro.

-

Il était à son bureau. Elle se présenta à lui, je sentis presque la tension qui s'empara de son interlocuteur. Tout en lui parlant à mots feutrés, Aminah s'allongea sur le dos en écartant les jambes et j'entrepris de lécher son sexe. Elle restait concentrée à faire monter le désir de l'homme à l'autre bout du fil.

-

Tandis qu’elle lui décrivait son désir envers lui, j'appuyais un peu plus ma langue. Je me mis à aspirer tout doucement son clitoris entre mes lèvres, comme j’aurais tété un sein. Elle s'interrompit au milieu d'une phrase pour laisser échapper un soupir. Je perçus la voix interrogative de Carl. Alors elle lui dit qu'elle était avec moi et que j'avais ma tête entre ses cuisses.

-

J'entendis Carl prendre une posture vocale, du genre ha-ha-j-en-ai-vu-d'autres, et je souris.

-

Aminah avait maintenant une voix plus rauque tandis que j'appuyais mes caresses. J'avais écarté ses lèvres et maintenant j'alternais les succions avec une pénétration superficielle de la langue. Elle mouillait déjà d'abondance, la situation l'excitait. Elle lui disait "tu sais ce qu'il est en train de me faire ?" et elle lui disait. Elle gémissait maintenant de temps en temps et je me demandais comment Carl gérait la situation, assis derrière son bureau... Elle lui demandait de se caresser au téléphone, il bredouillait qu'il ne pouvait pas, qu'il n'était pas seul. Aminah fit mine d'être agacée par son manque de coopération alors que ma langue allait et venait généreusement entre sa vulve et son anus.

-

Je décidai finalement que Carl allait en avoir pour sa journée et retournai Aminah les fesses en l'air. Le portable alla valdinguer à l'autre bout du lit et Aminah dut ramper pour l'atteindre pendant que je me saisissais de ses hanches. Elle dit à Carl qu'elle voulait qu'il jouisse au téléphone et j’appuyai cette exigeance en pénétrant d’un coup en elle et en lui arrachant un cri. Je l’enfilai vigoureusement pendant qu'elle haletait de plus en plus fort à coté du téléphone qui gisait maintenant le ventre en l'air. Le plaisir d'Aminah montait en flèche.

-

Je saisis la ceinture en cuir de mon jean et la passai autour de son cou. Je serrai progressivement la ceinture tandis mes cuisses claquaient sur l’arrière des siennes. Plus je serrais la ceinture et plus Aminah jouissait. Ses cris résonnaient dans la chambre, c'était un rugissement, douleur et plaisir, plaisir et douleur. Puis une unique exclamation, longue, puissante, profonde. Elle s'effondra sur le lit.

-

Je lui relevai les cheveux sur la nuque. Je lui embrassai le lobe de l'oreille, je desserrai la ceinture. Elle avait une marque rouge au cou, on voyait la trace du passant. Elle se vit dans la glace en face de nous, elle rit comme une petite fille, elle était heureuse.

Elle reprit le téléphone. La ligne sonnait dans le vide...

Posté par memorandhomme à 11:00 - Something for the week-end - Commentaires [22] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 janvier 2008

Back in blank

Les libations, les bruits, les rires, les verres qui s'entrechoquent et les éclats de voix. Beaucoup de bruit, beaucoup de monde, un peu trop de tout. Décider contre l'avis général et les regards inquiets de rentrer à pied.

Plusieurs kilomètres à faire à travers la forêt, dans la nuit sans lune.

Le ciel anthracite au-dessus de la voûte des arbres noirs.

Les yeux devenus inutiles, les autres sens qui s’étendent du-delà du corps pour palper la nuit.

Respirer l’obscurité par chaque parcelle de sa peau.

Les pupilles qui s’écarquillent tellement qu’elle semblent s’étirer au-delà de l’œil.

Remarquer chaque fluorescence, chaque déplacement dans l’herbe sèche et les premières feuilles de l’automne. Deux points lumineux.

Ici.

Et là.

Et un peu plus loin.

Avancer plus par instinct de la bonne direction que par l’aide de ses sens, fil invisible avec les étoiles.

Se sentir bien.

Serein dans le noir absolu.

Avoir l’impression d’être pieds nus.

Et puis à un moment, voir une tache de lumière.

Hésiter. Ralentir, même.

Et puis y aller.

Rentrer dans la maison éclairée par ceux qui sont rentrés en voiture, dans les odeurs de bois ciré et d’alcools forts, dans les sourires accueillants de ces gens qui me veulent du bien.

-

Et se dire qu’il y a un instant, tout était tellement plus clair.

Posté par memorandhomme à 12:00 - Something for the week-end - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1