Mes mots random...

Graphomanie, polygamie et tutti quanti...

28 novembre 2007

Les lieux impurs - V

Canicule et moi avions accepté l’invitation.

Notre hôte, un ami libertin à l'esprit imaginatif, avait fixé comme thème de la soirée les Nuits de Saba. Il avait fait décorer son appartement et les murs étaient tendus de draperies richement colorées, les canapés recouverts de coussins épais et cramoisis. Cà et là des lampes à huile brûlaient, entourées d'une myriade de bougies parfumées. L’air sentait l’encens. Les tapis étaient profonds.

Le maître de maison avait même veillé aux tenues de ses invités. Canicule découvrit qu’elle serait la Reine de Saba et qu'à ce titre, elle devait se vêtir d’une robe constituée d’un filet à très larges mailles au travers desquelles on pouvait passer la main. Cela tombait bien, un rien l'habillait…

La salle de bain jouait le rôle de vestiaire. Nous étions arrivés les premiers et j’aidais Canicule à placer sur son corps nu la robe-résille, dont le maniement n'était pas aisé. Elle était très exaltée à l'idée de cette soirée et quand je passai ma main sur son sexe lisse, je découvris non seulement le velouté de sa peau mais aussi une moiteur incitative...

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Il ne lui en fallut pas plus pour se mettre à genoux et soulever le pagne qu’on m’avait donné pour tout costume... J’étais un esclave et la Reine me suçait au mépris de toute étiquette ! Notre hôte passa la tête par la porte à ce moment-là et dit simplement « Ah, vous avez déjà commencé ? »...

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Je l’invitai à regarder, ce qu’il fit avec envie. Je jouis dans la bouche de Canicule, emperlant même sa chevelure rousse d'un peu de liquide blanc... C’était bien que je jouisse maintenant, je voulais être suffisamment endurant pour la soirée qui n’avait en fait pas encore débuté…

Les autres convives arrivèrent, en fait un autre couple. Lui, un grand black baraqué et elle, une blonde sans grâce. Elle n’était pas à mon goût mais je supposai qu’elle plaisait à l’instigateur de cette fête. Le grand black, lui, semblait faire envie à Canicule et c’était parfait ainsi.

Il se passa un temps d’adaptation sociale finalement assez court et les gages piochés dans une vasque nous mirent rapidement dans l’ambiance. Canicule jouait parfaitement son rôle de Reine, donnant des ordres à ses esclaves qui les exécutaient de bonne grâce… notamment lorsque le gage fut pour les trois hommes de s’aligner devant elle pour qu'elle puisse sucer nos sexes à tour de rôle. Le tableau était superbe dans la lumière des bougies et je voyais les joues de Canicule gonfler alternativement sous la pression de nos chairs bandées. La blonde vulgaire, elle, restait en retrait. Cela ne me dérangeait nullement.

Les heures passèrent... J'évitai toujours tout contact avec l'autre femme mais Canicule fit plus amplement -et de toutes les façons possibles- connaissance avec la queue du black, avec un plaisir visible. Moi je baisai simplement avec Canicule. Le hasard avait fait que la façade de l’immeuble était en rénovation et, plus ou moins à l’abri sous la bâche en treillis, je la pris en levrette sur le balcon pendant qu’elle criait à en alerter les policiers du commissariat sur le trottoir juste en face…

A présent la blonde me mettait franchement mal à l'aise. Quelque chose en elle me gênait et ça n'était pas seulement son physique. C'est à ce moment que Canicule m’attira de nouveau sur le balcon et me raconta que tout à l’heure, quand notre hôte pénétrait la blonde, elle avait agrippé la main de mon amante et lui avait murmuré à l’oreille d’un ton suppliant « Ne me lâche pas »…

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Canicule était décontenancée, presque bouleversée. Elle avait tenu sa main crispée jusqu’à la fin de la pénétration et la blonde, une fois relevée, lui avait glissé un pitoyable remerciement à l’oreille.

Je regardai à l’intérieur du salon, où le sujet de notre discussion avait justement tiré un gage prévoyant qu'elle administre des coups de ceinture à notre hôte, qui se plaçait déjà à quatre pattes en souriant largement.

Ce qui se produisit alors sidéra tout le monde.

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La blonde leva haut la large ceinture de cuir qu'on lui avait obligeamment donnée et cingla à toute volée sa victime consentante, dont le visage grimaça. Elle la frappa une nouvelle fois, encore plus fort. Et une nouvelle fois, et encore une fois jusqu’à ce que le malheureux se dérobe sous la douleur et que son mec finisse par lui retenir le bras…

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J’étais rentré dans la pièce devenue silencieuse et je regardais, incrédule, les marques rouge vif que notre hôte avait sur le corps.

La blonde, elle, ne disait plus rien. Ses yeux étaient durs et fixes.

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La soirée était finie. Canicule était bouillonnante d’une rage qu’elle avait peine à contenir, le maître de maison pansait ses plaies et moi, vaguement dégoûté, je ne pensais qu’à rentrer, ce que nous fîmes moins d’une demi-heure plus tard après avoir passé de la pommade à l’arnica sur le dos de notre hôte et l’avoir aidé à ranger.

Le lendemain, je l’appelai.

- « Dis-moi la vérité, ces gens-là, tu les avais payés ? »

- « … Oui… »

- « Et la blonde, elle était consentante, tu penses ? »

- « D’après ce que son mec m’avait dit, oui ».

- « Et d’après ce que tu as vu ?… »

- « Je ne sais pas… je n'en suis plus très sûr.»

Moi non plus, je n'en n’étais pas sûr.

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Naïvement peut-être, je n’avais jamais pensé que l’on puisse prostituer sa propre compagne.

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Ce petit jeu, auquel nous avions quelquefois joué avec Canicule ou avec Aminah, était loin d'être aussi drôle quand il n'était pas vraiment un jeu...

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Même dans le vice, il subsiste des parts d'innocence que l'on perd parfois brutalement.

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18 novembre 2007

Les lieux impurs - IV

Aminah n'était pas une bombe, elle était une grenade dégoupillée.

A vingt-deux ans, elle dégageait une énergie sexuelle d'une intensité comme je n'en n'avais jamais rencontré auparavant.

Nos premiers échanges s'étaient fait par téléphone. Je me souviens d'avoir un jour quitté le bureau pour m'installer dans ma voiture et lui murmurer des mots lubriques. De l'autre coté de la ligne, elle m'avait raconté qu'elle se caressait et rapidement je l'avais entendue jouir avec une force qui me fit penser qu'elle en faisait trop, qu'elle avait simulé. Je pensais que personne ne pouvait jouir aussi facilement sur la voix d'un parfait inconnu.

J'avais tort.

J'étais même très en-dessous de la vérité.

Aminah était le fruit improbable d’une mère Irlandaise -dont elle avait les yeux bleus et le teint clair- et d'un père Maghrébin, dont elle avait le tempérament de feu et la relation compliquée au sexe.

Elle abordait les hommes comme un chat vous saute au visage, avec ses seins et son cul en guise de griffes. Elle vampirisait les hommes, les menait par le bout du nez, les dominait. En même temps, elle se punissait d’un quelconque péché originel par la prostitution non monétisée de son cul, par la violence dégradante qu'elle réclamait parfois pour atteindre le sommet de son orgasme.

Aminah était une incroyable petite salope au corps tendre et souple. Une névrose incarnée. Une putain radieuse et magnifique.

Aminah était ma maîtresse depuis plusieurs mois et elle me demandait avec insistance de la prêter à d'autres hommes. J'avais considéré l'idée plusieurs fois, achoppant toujours sur le choix de l'heureux élu qui mériterait de se voir offrir l'accès à son corps.

Elle m'avait confié la responsabilité de son cheminement dans la perversité et c'était un sentiment à la fois paternaliste, fraternel et lubrique qui me faisait vouloir m'assurer qu'elle serait entre de bonnes mains -si tant est que d'autres mains que les miennes puissent être bonnes, bien entendu...

Un jour, je lui demandai de me rejoindre en bas de mon bureau. Je lui laissai peu de temps pour se préparer, lui demandant juste de venir en jupe. Je ne lui précisai même pas de venir sans soutien-gorge ni string, elle n'en mettait jamais quand elle me rejoignait… et peut-être même quand elle ne me rejoignait pas.

Lorsque je reçus un sms m'indiquant qu'elle m'attendait en bas, je descendis et l'embrassai sous le porche. Je glissai ma main sous sa jupe : elle était humide, chaude et offerte, comme à son habitude.

Quand je sonnai à la porte de cet hôtel du 17ème arrondissement, elle crut certainement que je l'emmenais dans l'un de ces rares établissements où les chambres surannées qu'on loue pour quelques heures ont un miroir au plafond...

Pourtant, l'ascenseur s'ouvrit sur une pièce ronde plongée dans une demie-pénombre. La musique était mauvaise, mais discrète et le lieu presque désert car nous étions en semaine et dans l'après-midi. Cela me convenait parfaitement.

J'invitai Aminah à s'assoir à mes cotés sur une des larges banquettes courbes, loin des quelques hommes assis ici et là. Je me laissai embrasser -non, dévorer car Aminah redonnait à un mot désuet tout son sens : elle n'embrassait pas, elle baisait.

Très vite elle chercha à entortiller son corps autour du mien. Très vite, elle se plaça à califourchon sur moi. Très vite, je soulevai sa jupe pour que les autres hommes présents puisse voir son cul d'Africaine, selon sa propre expression.

Elle hésita et me glissa finalement à l'oreille qu'elle était intimidée. Je la regardai une seconde, interloqué. Je n’avais jamais pensé que cette fille puisse être intimidée par quoi que ce soit... Assez satisfait, je lui souris et rabaissa sa jupe. Nous continuâmes de nous embrasser, nos corps étroitement collés comme pour s'isoler du monde.

Les quelques hommes présents autour étaient resté à distance respectueuse, profitant du spectacle. Je songeai avec amusement qu'Aminah était plus sage dans ce lieu que dans le moindre restaurant où nous étions allés et dont je me demandais encore comment nous n'en n'avions jamais été expulsés pour conduite indécente…

Je finis par lui proposer de me suivre. Je la pris par la main et l'entraînai vers ce que je devinais être une autre salle. Là, des lits inertes attendaient des corps impatients.

Je ne sais plus comment je la déshabillai, mais il ne fallut pas longtemps avant qu’Aminah ne soit vêtue d’autre chose que ses bas, et moi d’autre chose que de mon érection.

Je me glissai entre les cuisses ouvertes d’Aminah et léchai son sexe épilé. Le plaisir manifeste qu’elle y prit, ses gémissements et l’angle d’ouverture de plus en plus grand qu’elle donnait à ses cuisses attira rapidement cinq ou six hommes.

Il se passa peu de minutes avant qu’Aminah ne jouisse, grandement émoustillée par les regards concupiscents autour d’elle.

Un club échangiste est peut-être le dernier endroit dans notre civilisation occidentale où l’on fait preuve de courtoisie... Après avoir essuyé ma bouche luisante du liquide d’Aminah, je fis signe aux hommes présents de s’avancer… l’un après l’autre, ils prirent possession de la bouche ouverte d’Aminah, des paumes d’Aminah, de la chatte d’Aminah…

Aminah avait retrouvé cette attitude bravache qu’elle avait avec les hommes. A l’aise comme un poisson pilote dans l’eau trouble, elle les menait par le bout de la queue, son cul rond, ses seins galbés et sa peau douce comme le plus irrésistible des appeaux. Elle donnait des ordres, elle intimait, elle plaisantait et les taquinait, elle jouait avec eux. Je veillais pour ma part à ce que chacun enfile un préservatif.

Aminah jouait des queues comme un chef d’orchestre dirige ses musiciens. Et comme lui, elle revenait sans cesse vers son soliste, vers moi, pour reprendre ma bite en bouche puis m’embrasser longuement, pour me demander ce que je désirais, quelle bite je voulais qu’elle prenne et dans quel orifice je voulais qu’elle la fourre…

Ce petit jeu dura un moment. Je vis Aminah dans des postures d’actrice de films porno, suçant une queue, en branlant deux autres et en accueillant une quatrième entre ses cuisses. Je la vis à quatre pattes, suçant à tour de rôle trois hommes pendant qu’un autre la prenait en levrette. Je la vis interdire l’accès de son cul à un autre, en disant « Là c’est seulement pour mon homme ».

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, je finis par perdre graduellement intérêt pour ce qui se passait, de la même façon que je finissais toujours par appuyer sur « avance rapide » en visionnant un film X…

Je profitai d’un moment ou Aminah était absorbée pour quatre ou cinq hommes (ou qu’elle les absorbait, pour être exact) pour visiter les autres pièces du club. Je croisai d’autres hommes à poil pour finalement arriver dans une pièce plus grande où là, on partouzait. Je me souviens d’une femme noire sans grâce, aux cheveux teints en blonds et tressés, dont j’eus immédiatement la certitude qu’elle avait été payée pour y accompagner un homme. Elle se faisait baiser avec lourdeur, dans cette passivité absente qu’ont les putes professionnelles. Plus loin, une jeune femme blonde un peu ronde se faisait besogner à tour de rôle.

Je regardai longuement la façon dont elle accueillait les hommes, dans une sorte de frénésie du nombre qui me fit penser qu’elle prendrait peut-être son vrai plaisir plus tard, dans sa chambre, toute seule en se branlant et en pensant à tous les hommes qui avaient empli son con…

J’allais m’approcher d’elle quand j’entendis une voix crier dans le couloir « Où est mon homme ??!! ».

Je vis Aminah débouler nue dans la pièce. Je l’imaginai s’être rendue compte de ma disparition et avoir planté là les types qui la besognaient pour filer à ma recherche, et je ne pus m’empêcher de rire.

Notre petit numéro et sa colère possessive causèrent une certaine surprise dans la chambre partouzante. Puis Aminah me prit la queue dans sa bouche comme une femme jalouse m’aurait giflé et elle entreprit de me sucer. Je regardai la blonde continuer de se faire enfiler, cuisses grotesquement relevées et je giclai brusquement mon sperme dans la bouche d’Aminah qui, voyant que je jouissais en regardant une autre femme, se leva et alla cracher mon foutre avec mépris dans un lavabo.

Elle était furieuse. « Tu ne m’as même pas fait jouir », siffla-t-elle.

Je le pris dans mes bras et, au milieu des corps comme des lapins mécaniques, je la serrai contre moi.

Dans ce lieu impur, nous étions décidément bien singuliers...

Aminah m’avait prévenu qu’elle devait rentrer chez elle à une heure précise pour retrouver son mec. Nous retournâmes vers la première chambre où nous avions abandonné nos vêtements.

En y arrivant, nous vîmes qu’un autre couple avait pris la vedette. Lui avait la cinquantaine, il ressemblait à Herbert Von Karajan. Elle avait vingt ans, pas plus, et était absolument magnifique. Il venait de lui donner l’instruction de se déshabiller et, debout au milieu de la pièce, elle se dénudait avec une grâce insensée sous les regards des hommes rassemblés et, désormais, de ceux d’Aminah et moi.

L’homme nous vit et nous fit signe d’approcher. Il invita sa complice à se mettre à quatre pattes sur le lit et m’invita à lui caresser les fesses. Sa peau et son sexe étaient d’une douceur presque irréelle. Je demandai à Aminah de se mettre dans la même position pour que Karajan puisse lui aussi tâter de sa chair intime, tout en me disait avec une pointe d’anxiété qu’Aminah serait moins douce et apprêtée…

Cet exercice dura quelques minutes puis Aminah ne tint plus et elle se retourna, toujours à quatre pattes, pour prendre ma queue dans sa bouche et me sucer de nouveau - même si je ne pouvais dorénavant faire mieux qu’une demi-molle... La jeune créature brune dut trouver l’idée amusante et elle fit de même, et tandis que nous composions à nous quatre un ballet synchronisé sans doute des plus charmants, j’entendis la naïade brune murmurer à l’oreille d’Aminah « je m’occuperai de toi tout à l’heure »… Je sentis le sang affluer de nouveau dans mes corps caverneux.

Le corps de la brunette était tout simplement splendide, son visage un modèle de beauté et les hommes autour d’elle bavaient de désir pendant que son cinquantenaire, lui, jouissait de voir ce que sa maîtresse inspirait…

Aminah me regarda. « Je dois vraiment partir… ». La brunette lui jeta un regard de dépit qui devait ressembler au mien… Nous prîmes nos vêtements en exprimant nos regrets au couple et  retournâmes à la vie du dehors, dans l'air et la lumière.

J’accompagnai Aminah vers le RER. Elle avait sous ses vêtements les odeurs d’une dizaine de peaux différentes, dans sa bouche le goût d’autant de queues et le con élargi d’encore plus de pénétrations. Je me demandai si son mec allait continuer à ne se douter de rien.

Le soir même je recevais un sms : « QUE DU BONHEUR, J’AI ADORE CETTE SENSATION D’ETRE UNE PROIE PARMI D’AUTRES, QUE TU ME PRETES, QUE CHACUN Y AILLE DE SON COMMENTAIRE. TU ES MON MAITRE. »

Quelle garce.

Quelle merveilleuse, quelle extraordinaire petite garce…

Posté par memorandhomme à 01:00 - Dans ma peau - Commentaires [33] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 novembre 2007

Les lieux impurs - III

C'était mû par une pulsion presque patrimoniale que je me dirigeais vers le dernier cinéma pornographique encore en activité à Paris.

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Depuis plusieurs années déjà, une loi alourdissait méchamment la fiscalité de ces temples déchus des années glorieuses du "X". Le développement de la vidéo les conduisait inexorablement au dépôt de bilan, jusqu’à ce qu’ils cédent la place à des franchises de vêtements bon marché ou à des boutiques de baskets américaines.

Le Dernier des Mohicans du cul était situé en face de la gare Saint-Lazare. Je passais parfois devant sa façade fatiguée et ses affiches qui étalaient en lettres noires sur fond fluo des titres tels que « Salopes à prendre », « Bourgeoise le jour pute la nuit » ou encore « Orgies Impudiques ». A chaque fois me revenaient mes émois de pré-adolescent devant le cinéma de province qui affichait, pour une unique séance le samedi à minuit, le même genre de films aux titres étourdissants et prometteurs.

Ma madeleine de Proust à moi était imbibée de cyprine et sa pointe supérieure était rose comme un téton.

J’entrai dans le hall tapissé de moquette grise avec un sentiment mélangé, un frisson de culpabilité adolescente en même temps qu’une curiosité d’ethnologue.

Je ne sais plus pour quelle film la dame à la retraite qui tenait la caisse me donna un ticket. Peu importait car je me rendis vite compte que l’absence de personnel permettait de passer d’une salle à l’autre sans que personne n’y trouve rien à redire.

Il y avait là quatre ou cinq vastes salles en fonctionnement permanent et je finis par en trouver une où les images m’inspiraient plus que les autres. Elles étaient délavées, légèrement rayées et le son nasillait.

Mes yeux s’habituaient à la pénombre et je commençais à discerner, çà et là, des têtes. Des têtes d’hommes, exclusivement, qu’est-ce que je m’étais imaginé ?… Il faut que je l’avoue, j’avais vaguement rêvé que dans cette salle tirée tout droit des seventies j’allais trouver de ces femmes « libérées » arborant brushing qui venaient ici pour se faire baiser à tour de rôle par les spectateurs…

Mais non.

Bien sur que non.

En revanche, je me rendis rapidement compte que la plupart des hommes assis dans les fauteuils en velours râpé se branlaient. Mieux, je le sentais. Il y avait dans l’air une vague odeur de bite plus ou moins bien lavée et de foutre. Je voyais les hommes entrer, s’asseoir à distance suffisante les uns des autres puis se branler, sans doute décharger dans les Kleenex dont on entendait à intervalle régulier le froissement, et enfin se lever et sortir de la salle.

Je me masturbai moi-même, excité par une scène où une femme pissait sur le ventre d'un homme alors qu’il était encore planté en elle, par une prouesse physiologique assez étonnante.

Je me branlais sans intention de jouir, plutôt en sympathie avec ce qui se passait autour de moi, en symbiose avec cette curieuse con-fraternité des hommes entre eux, queue en main et sexualité en berne.

C’est alors qu’une silhouette se glissa dans le fauteuil juste à coté du mien.

Par un réflexe totalement ridicule, je dissimulai avec précipitation ma bite érigée sous mon t-shirt et me figeai dans une attitude crispée.

Il se passa moins d’une minute avant que la silhouette ne tende la main vers ma queue en sachant pertinemment dans quel état elle se trouvait et qu’elle ne la prenne, doucement, puis fermement en commençant à la caresser de haut en bas.

J’étais tétanisé, surpris, héberlué. Je me laissais branler sans bien savoir si j’étais d’accord avec ce qui se passait…

Voyant que je ne pipais mot - et donc que je consentais-, la silhouette se pencha avec rapidité et prit ma bite entièrement dans sa bouche.

J’ébauchai un geste de protestation, tout en me disant que la bouche sans visage était habile… Je regardai autour de moi. Visiblement personne n'y trouvait à redire, les yeux étaient fixés sur l’écran et ce qui s’y passait dans un déchaînement de râles et de soupirs.

La pipe était oh combien troublante, obscène, sale.

La tête de la silhouette montait et descendait sur ma queue tandis que mon corps était parcouru d’ondes de plaisirs et de frissons.

Je jouis rapidement, d’un long jet de sperme qui emplit la bouche qui m’accueillait.

La silhouette sortit prestement un mouchoir en papier et épongea mon pubis avec la même efficacité qu’elle avait saisit ma queue tout à l’heure. Avant que je ne puisse esquisser un geste, elle m’avait donné une petite tape affectueuse sur la cuisse et était repartie immédiatement en sinuant dans l’ombre des allées, certainement à la recherche d’autres queue anonymes à faire dégorger.

Il n’y avait plus personne à coté de moi.

Je restai là un moment sans oser bouger ni même me rajuster. Mon esprit se demandait frénétiquement à quelle créature contrefaite je devais d’avoir pris ce magnifique panard, dans quelle bouche difforme et monstrueuse je venais de faire gicler tout mon jus.

J’osais à peine regarder si l'on m'avait vu me faire piper par cette silhouette dont j’avais su dès la première seconde qu’elle était celle d’un homme. Un homme animé d’une étrange perversité qui le poussait à donner sans jamais prendre, dans la noirceur de ce lieu glauque et presque mort.

J’attendis quinze jours avant d’aller faire un test HIV, bouffé d’une peur sans nom de m’être fait contaminer d’une saloperie attrapée dans cette bouche-cloaque où s’étaient déversés tant de foutres différents.

Rien.

Je pouvais maintenant me débattre en toute sérénité avec le souvenir de cette fellation clandestine, de cette pipe honteuse, souillée… et terriblement bonne.

Posté par memorandhomme à 00:05 - Dans ma peau - Commentaires [58] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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