Joseph aimait donner de l’argent aux filles pour qu’elles couchent avec lui. Pour des raisons qui m’échappaient, par impatience peut-être, il préférait payer pour obtenir ce que je n'avais jamais voulu avoir que spontanément. Il s’arrêtait au corps des femmes, j’allais jusqu’à leur âme. Il achetait leur consentement pour quelques heures quand je n'aspirais qu'au don inconditionnel de leur désir...

Joseph passait du temps sur le minitel et ensuite sur internet. Il connaissait parfaitement ces sites où des femmes acceptaient de baiser après les heures de bureaux pour arrondir leurs fins de mois ou, pour certaines d’entre elles, pour d'autres raisons. Joseph avait ainsi rencontré une contrôleuse fiscale travaillant au ministère des finances ou la patronne d’une agence immobilière qui, toutes les deux, aimaient endosser de temps en temps les habits sulfureux de la pute.

Joseph m'invitait régulièrement à dîner chez lui, quand sa femme était en vacances avec ses trois enfants. A chaque fois il était prévu que nous rejoigne une de ces « occasionnelles ». J’avais décliné ses propositions plusieurs fois, jusqu'à ce soir où j'avais fini par accepter, par lassitude autant que par curiosité. En habitué, Joseph m’avait recommandé de boire peu de vin (pour l’haleine) et de me raser les testicules (pour la pipe).

Amandine était arrivée vers 22 heures. Elle était petite, blonde aux cheveux courts, mignonne, et ses seins étaient plus gros que sa silhouette ne l’aurait laissé penser. Elle était vêtue d’une légère robe bleue ciel qui habillait un corps svelte et sportif.

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Elle nous avait fait la bise à tour de rôle et s'était assise dans le canapé en croisant haut des jambes galbées et bronzées. Nous avions parlé de tout et de rien en buvant un verre. Elle souriait, parfaitement à l’aise avec ces deux hommes qui allaient la sauter, à tour de rôle et simultanément.

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Joseph avait alors proposé de lui masser les pieds. Nous avions lentement fait remonter nos caresses autour de ses chevilles, de ses mollets et de ses cuisses. Elle avait fini par soulever ses reins et faire glisser son string. Puis elle avait posé sa main sur la mienne, stoppant mon geste. Elle s'était levée, m'avait fait asseoir à sa place dans le canapé et avait ouvert ma braguette. Elle avait pris mon sexe dans sa bouche et m’avait sucé avec application tandis que Joseph enlevait sa chemise et la caressait. Je lui avais ensuite rendu la pareille, sa chatte parfaitement épilée et si douce sous ma langue et mes lèvres...

Pendant les trois heures qui s’ensuivirent, nous avions passé en revue toutes les combinaisons possibles entre une femme et deux hommes, piochant largement dans la réserve de préservatifs. Joseph et moi avions tous les deux le goût du plaisir féminin et Amandine avait semblé passer un bon moment, ne comptant ni son temps, ni son énergie... La lumière des bougies de l’appartement de Joseph dessinait joliment les courbes de son corps, les mains qui couraient sur ses seins et l’intérieur de ses cuisses, le sexe de Joseph entrant sans effort entre ses fesses tandis qu’elle s’asseyait sur le mien.

Nous avions fini par nous arrêter, corps fatigués. Elle avait allumé une fine cigarette et nous avait donné son vrai prénom. Assise nue sur le canapé blanc, elle nous avait raconté qu’elle avait un petit ami mais qu’elle avait un goût immodéré pour le sexe, qu’elle travaillait comme commerciale dans une société qui vendait des photocopieurs et qu’elle pratiquait ce genre « d’extra » une ou deux fois par semaine, selon le feeling qu’elle avait avec les hommes qui la contactaient.

Nous lui avions donné son argent, en n'oubliant pas un appréciable bonus. Elle nous avait laissé son numéro de téléphone personnel sur un morceau de papier quadrillé, puis nous avait embrassé sur la bouche avec douceur et sensualité avant de s'en aller.

Joseph et moi avions rapidement rangé, remis en place les coussins, mis les draps tachés de notre foutre et de la cyprine d'Amandine à la machine.

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Nous nous sommes dit au revoir sur le perron en nous serrant la main.