Ses dents se sont refermées au-dessus de mon téton droit. Elle les a resserrées dans le gras et le muscle jusqu'à ce qu'elles se rejoignent presque de part et d'autre de ma peau.

J'ai saisi ses cheveux dans mon poing et j'ai tiré en arrière jusqu'à ce qu'elle entr'ouvre la bouche.

Elle m'a giflé. Une fois, puis deux, puis trois. J'ai embrassé ses lèvres. Puis je l'ai giflée à mon tour. Fort. Elle a marqué un temps d'arrêt. Puis j'ai léché sa joue. Puis j'ai caressé son visage.

Elle a pyrogravé sa bouche dans mon épaule jusqu'à ce que ma peau enfle.

J'ai giflé à toute volée ce sexe qu'elle avait rendu glabre pour me plaire. J'ai cinglé son clitoris. Une fois, puis deux autres encore.

Elle a déchiré mon dos, éraflé mes grains de beauté, raclé des copeaux de peau sous ses ongles.

Plus tard, après que son visage a dessiné l'étrange désarroi suspendu de son plaisir, sa main posée sur mon sein l'a zébré de traits de métal rougi, de picotements acides de chair meurtrie. J'ai imaginé la coulure du sang dans la pénombre. Je n'ai rien dit.

La douleur est venue ensuite.

Elle est venue dans mes mots malhabiles. Dans l'abandon effrayant du manque. Dans les corps agrippés et perdus l'un à l'autre.

La douleur est venue ensuite dans le chagrin infini des amours illégitimes. Dans les meurtrissures des coeurs. Dans l'infinie solitude des corps enlacés.

La douleur est venue ensuite dans ma peur des lendemains sans elle, dans sa peur des lendemains sans moi. Dans les larmes.

Oui, la douleur est venue ensuite.

La douleur vient toujours.