29 septembre 2007

Inventaire

Des artères, des tissus, des tendons. La main fait un froissement de soie quand elle court sur la peau Des muscles, des os, des veinules. Les bras s'entremêlent, s'aggrippent, ne se lâchent que pour se reprendre encore Des fluides, des creux, des empreintes. La bouche happe, mord, goûte, marque, dévore, assouvit Des flux, des reflux, des cellules. Les mains ancrées jointures soudées dans les plis des draps chaotisés Du sang, des battements, des organes. La chair en ivresse de chair, le désir de fusion, au... [Lire la suite]
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27 septembre 2007

Metaphysique

Si je croise votre chemin, vous ne me remarquerez sans doute pas. Si vous êtes une femme, vous remarquerez peut-être mes mains. Des mains de pianiste à ce qu'il paraît. Si vous êtes sensible à l'élégance masculine, vous apprécierez peut-être la façon dont je m'habille. J'y passe du temps. Si vous êtes sensible à la voix, vous aimerez peut-être mon timbre, ma façon de poser les mots. Bien entendu je déteste ma voix. Généralement, cependant, vous ne me remarquerez pas. Je serai pour vous cet homme anonyme, un visage de... [Lire la suite]
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25 septembre 2007

Le silence et l'or

Je suis partiellement en érection. Raide mais pas tout à fait dur. Je vois la grosse veine qui serpente sous la peau fine. Le gland. L'ombre des bourses. Elle est dans mon dos, plaquée contre moi, je sens son souffle entre mes omoplates. Sa main s'avance. Je la guide, elle se referme sur mon sexe. Il se passe quelques instants avant que quelques gouttes perlent, puis un filet. Je me penche en avant, elle se courbe avec moi. Je pisse à présent d'un jet continu. Ses doigts sont refermés autour de ma chair tandis... [Lire la suite]
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24 septembre 2007

De l'autre coté du mur (fin)

La cinquième fois, j'étais dans la cuisine. Les cris de la jeune femme asiatique ont traversé le mur comme s'il n'existait pas. Des cris stridents, aigüs tandis qu'elle hurlait des mots incompréhensibles. J'ai reposé le verre à vin que j'avais en main. Je suis resté immobile. Je n'avais jamais entendu la voix de mon voisin aux cheveux gras et à la raie sur le coté, qui avait sans doute mauvaise haleine. Ce soir, je l'entendis crier : "Pose ce couteau, bon sang ! Pose ce couteau !" Il a continué d'un ton où se... [Lire la suite]
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24 septembre 2007

De l'autre coté du mur (3)

J'étais assis derrière l'ordinateur quand les bruits de l'autre coté du mur ont recommencé pour la troisième ou la quatrième fois depuis un mois. Encore une fois des éclats de voix, une conversation vive qui s'échauffait rapidement. La jeune asiatique et le voisin. Non, cette fois-ci il y avait la voix d'un deuxième homme. La jeune asiatique parlait vite et fort, les hommes répondaient. Il y eu rapidement des bruits de déplacements, des frôlements contre le mur commun. Puis des pas qui résonnaient lourdement sur le plancher. La... [Lire la suite]
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23 septembre 2007

De l'autre coté du mur (2)

Un immeuble bourgeois est généralement calme. Seuls filtrent parfois au travers des murs épais les cris d'un enfant turbulent, le son de l'aspirateur de la concierge dans l'escalier ou une porte blindée refermée trop fort qui claque lourdement. Pourtant, ce soir-là, les clameurs qui traversèrent le mur mitoyen étaient d'une autre nature. Des exclamations, une voix de femme haut perchée, une voix d'homme étouffée, des bruits de course sur le plancher, des claquements de porte. Et finalement des cris, les cris d'une femme,... [Lire la suite]
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21 septembre 2007

De l'autre coté du mur

Je n'ai jamais entendu la voix de mon voisin de palier. Mon voisin de palier ne répond pas à mon bonjour quand il sort de son appartement en même temps que moi du mien. Il se dépêche de fermer la porte de l'ascenseur grillagé avant que je ne le rejoigne. Cela tombe bien, je n'ai pas envie de prendre l'ascenseur avec mon voisin de palier et je prends tout mon temps pour ne pas arriver au rez-de-chaussée en même temps que lui. J'imagine qu'il a mauvaise haleine. Mon voisin de palier vit seul. Il a les cheveux coiffés avec... [Lire la suite]
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19 septembre 2007

Menteur(s)

Je ne sais pas à quel moment j'ai compris la valeur du désir avant le désir. Peut-être le jour où j'ai entendu cette phrase qui dit que le silence qui suit du Mozart est encore du Mozart. C'est peut-être à ce moment-là que j'ai compris, a contrario, que l'avant le désir était aussi, et ô combien, du désir. Cette idée m'effleure alors que la conversation entre nous est légère, presque désinvolte. Un plumetis de mots. Oh, peut-être quelque chose dans l'air, une jambe en contact avec une autre, non rien, vraiment, trois fois... [Lire la suite]
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13 septembre 2007

Teigne

Elle a vraiment de très beau cils. De longs cils noirs et fournis qui habillent d'ombre ses yeux sombres. Je suis en train de me dire ça tandis qu'une larme glisse au bord de ses yeux et coule, dans la rumeur de ce restaurant bruyant et bigarré. Je prends son visage dans ma main et je lèche sa joue, doucement. Je sens le sel sur ma langue, le mouillé sur ma peau. Je loupe un battement de coeur. Mais je ne lâche rien. Je vais poser des questions, encore et encore. Je vais insister. Revenir. Je vais dire non. ... [Lire la suite]
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11 septembre 2007

Morale à la petite ceinture

J'ai d'abord remarqué le costume clair, rare en cette saison maussade et encore plus dans ce bus de la ligne PC3. J'ai remarqué les chaussures de ville de couleur marron, parfaitement coordonnées au pull à col en "V" en laine légère sur une chemise bleu ciel. Après quelque minute, j'ai remarqué enfin les yeux bridés, le visage poupin et la mollesse de la bouche. Ce n'est qu'alors que j'ai vu que le jeune homme devant moi était mongolien. Après quelques minutes, jai repensé à cette réflexion que je m'étais faite... [Lire la suite]
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