C'est encore un de ces jours.

Un de ces foutus jours où l'on se retrouve face au miroir dans la salle de bain et où l'on se trouve laid.

Un de ces jours où la moindre tentative de vêtissage se révèle vaine, et chacune pire que la précédente.

La chemise blanche à col italien, seyante avant l'été, couvre le torse comme un sac.

Le costume italien noir à la dernière mode flotte autour du ventre et, on en jurerait, baîlle subrepticement dans le dos.

La veste du costume tombe bizarrement et l'on agite désespérément les épaules dans l'espoir de lui retrouver un équilibre, une symétrie, une fluidité.

Peine perdue.

La catastrophe ne serait pas complète sans la cravate, pourtant achetée en même temps que le costume.

La cravate ne va pas. Trop large pour un costume slim.

On essaie de l'ignorer.

Après dix minutes de contorsions, de torse bombé, de ventre rentré, d'épaules replacées, de vue de face, de profil et de trois-quart, on se dirige vers l'entrée, résigné.

Deux minutes plus tard, on se rue devant le miroir, on arrache cette foutue cravate et on court vers le dressing pour en prendre une autre.

Celle qu'on avait acheté il y a 2 ans et qu'on n'avait jamais mise.

Elle va.

La situation est meilleure. Pas satisfaisante. Juste moins pire.

L'élégance d'avant l'été n'existe plus, bousculée pour les remaniements du corps.

Par le ventre plus plat. Par les épaules plus larges. Par une légère minceur acquise dans la nage régulière.

Rien ne va plus.

On est plus beau nu, mais on se hait habillé.

On ne devrait jamais rentrer de vacances.