C’est étrange cette sensation qui coule de la gorge vers l’estomac quand elle t’écrit qu’elle te quitte.

Cette sensation que ton corps manque d’air alors que c’est autrement que tu étouffes.

Tes poumons qui s’enflent comme des sacs de papier froissé.

Ton cœur qui bat comme un animal essoufflé sur un tapis roulant.

Il y a cette sensation de froid qui descend toujours, tu as remarqué ?

Il y a ce phénomène qui n’est pas sans rappeler la fin accidentelle de la vie.

Sauf que là, bien sûr, c’est une histoire amoureuse qui défile et qu’on n’en meurt pas [plus]

C’est incroyable la vitesse à laquelle ça va.

Et puis il y a les moments de votre histoire qui tournent en boucle.

La dernière fois que tu l’as vue, par exemple. Où il y avait cette petite chose qui clochait, malgré les regards, malgré la peau contre la peau, malgré... ouais, l’évidence.

[Un jour tu vas foutre sur la gueule à celle qui te dira ça.]

Tu y as repensé le soir dans ton lit, d’ailleurs. Au truc qui clochait. Comme quoi l’intuition…

Tu n’es pas surpris, puisque c’était dit depuis le départ. Elle partait toujours.

Et tu savais que c’était vrai.

C’est con quand même, parce que…

Parce que tu traversais Paris pour la rejoindre et pas seulement pour lui faire l’amour.

Juste pour être avec elle et contre elle. Et pour l’entendre penser.

Et puis il y a ce qu’elle t’écrit, qu’elle ne pourra pas faire avec toi ce qu’elle a fait à travers toi.

Bien sur ça te fait mal d’être ainsi fonctionnalisé.

Et puis tu te dis que tu ne l’as pas réconciliée avec elle-même mais que tu l’as peut-être aidée à se réconcilier avec d’autres, importants pour elle. Sans même savoir comment, d’ailleurs.

Tu te dis que tu as été un véhicule, oui.

Mais ça aussi tu le savais depuis le départ.

Alors tu acceptes mieux. Pas beaucoup, mais un peu.

Parce que tu as été utile, oui.

Et tu te dis que c’est dommage que votre dernier baiser ait senti l’ail persillé…