Presque toutes les nuits, je suis relevé.

La crème au chocolat brillante et les framboises fraîches au goût d’étable.

Les galettes de maïs soufflé et le chocolat noir.

Presque toutes les nuits, j’ai interrogé les étagères et les clayettes.

Le fromage bleu et le pain aux noix.

La coppa poivrée sur un pain Poilâne grillé et frotté d’ail.

Presque toutes les nuit j'ai cherché, curieux et avide.

Le citron beldi croqué dans sa saumure.

Les câpres au sel marinées dans le vinaigre.

Presque toutes les nuits j'ai recherché le vif, le fort, le puissant qui faisait exploser les papilles.

Le gingembre confit posé sur la langue.

Le doigt trempé dans la poudre de piment d’Espelette.

Et puis cette nuit-là, elle m’a ouvert ses cuisses et son corps.

Et cette nuit-là, j’ai goûté chaque once de sa peau et bu chaque goutte de sa bouche.

Cette nuit-là, j'ai tout oublié du piment, du poivre, du chocolat et des framboises.

Cette nuit-là, mon corps a geint de manque et de plénitude dans la même voix.

Cette nuit-là, mon corps a retrouvé le chemin du vertige...

En faim.